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TRIBUNE LIBRE

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samedi, septembre 16 2017

La santé des patients passe-t-elle par leur protection contre les médecins ?

Telle est bien la question qui doit se poser aujourd’hui à tout « patient ».

L’évolution latine du sens même du mot illustre parfaitement notre propos et montre que la problématique est loin d’être nouvelle. « Patient » vient du verbe déponent latin patior, pati, passus sum dont le sens a évolué dès l’époque romaine:

  • A l’époque républicaine, sous la plume de Cicéron, ce verbe signifie : endurer, souffrir, supporter

  • A l’époque impériale, sous la plume de Suétone, le sens va dériver en : être victime, subir.

Et c’est à l’équivoque qu’illustre cette dérive sémantique que l’on doit s’attacher, affection, ou médecin ?

  • Quoi ou qui subit le « patient » ?

  • De quoi ou de qui le « patient » est-il victime ?

Le simple fait que la question se pose, et que les scandales atteignent une ampleur telle qu’elle ne peut plus être masquée, démontre l’effarante dérive dont tant la médecine que le « monde médical » sont les acteurs : de discipline sanitaire de base objet du préventif et du curatif, elle a muté aujourd’hui en un médico-fascisme intolérable dont tout un chacun devient la victime, obligée sinon consentante, à travers les oukases aujourd’hui émis même par les états, sous l’égide de l’Organisation mondiale de Maltraitance Sanitaire.

Le patient aujourd’hui est aussi, sinon d’abord, la victime de la caste des praticiens.

Depuis Molière fustigeant les Diafoirus, les sciences biologiques ont énormément progressé, la physiologie n’est pas en reste, surtout depuis la fin des années soixante-dix où les laboratoires se sont enfin affranchis de la dictature des médecins dont la formation n’est pas nécessairement la plus adaptée à la recherche…

Comme me l’a personnellement dit, et répété, le professeur Christian De Duwe (prix Nobel pour ses travaux sur les lysosomes) :

« C’est lorsque j’ai compris que je devais m’attacher à une vision scientifique des problèmes, et que je devais m’affranchir des conceptions médicales, que j’ai pu commencer sérieusement mes travaux de recherche. »

Dommage que nombre de ses collègues « chercheurs » en médecine et pharmacologie - mais nettement moins talentueux il est vrai ! - n’y aient réfléchi : cela éviterait tellement de bêtises, de diagnostics sans fond, d’études « médicales » statistiquement idiotes ou faussées par simple méconnaissance méthodologique, et par voie de conséquence, de mise sur le marché du médicament de produits au mieux inopérants et donc inutiles, au pire carrément nocifs pour la santé, voire mortels à terme, comme l'on en découvre certains aujourd’hui…

C’est devant l’ampleur du scandale que représentait le désastre croissant imputable au monde médical, sous la pression de l’opinion publique relayée par le monde politique, que fut élaborée et promulguée la loi no 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite « loi Kouchner », qui reconnaissait enfin des droits au patient - entre autre celui d’accéder à ses propres données médicales jusque-là classées comme confidentielles et accessibles aux seuls médecins (ce qui en dit long sur le mépris viscéral des praticiens pour les patients considérés comme systématiquement incapables de comprendre…mais qui risquaient aussi de se renseigner ailleurs ce qui aurait pu être dangereux pour eux !) - et obligeait les médecins, pour ceux qui y sont liés, à dévoiler leurs liens, techniques et/ou financiers, avec les laboratoires pharmaceutiques…

Jusque-là, systématiquement protégés par L’Ordre des Médecins, structure corporative, à la fois juge et partie ce qui est commode, les praticiens pouvaient faire quasiment ce qu’ils voulaient en toute impunité…

Au titre IV la loi reconnaît enfin de facto la faillibilité médicale en instituant l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux ! (ONIAM)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_national_d%27indemnisation_des_accidents_m%C3%A9dicaux

Pour la première fois la responsabilité des médecins, dans les « bévues » médicales et sanitaires, est enfin désignée et légalement reconnue.

Mais rassurons-nous : le processus législatif, instauré par le docteur Kouchner, assure une quasi impunité au praticien qui aura ainsi grâce à ses assurances, la certitude d’éviter toute sanction convertie en indemnités sonnantes et trébuchantes qui ne sortiront donc pas même de sa poche !

La loi prévoit en effet une indemnisation de l'aléa thérapeutique : c'est-à-dire d'un accident médical sans faute du professionnel ! (sic!)

Là, on a eu peur : pour un peu un médecin aurait pu être considéré comme pénalement responsable de ses actes, mais nous n’en sommes pas encore là !

Chaque fois qu’un praticien sera clairement en cause il faudra encore toujours passer par la voie judiciaire pour espérer le voir mis hors d’état de nuire. Il est vrai, qu’on aura la chance d’avoir désormais une oreille un peu plus complaisante, car jusqu’ici un procès contre un médecin tournait toujours en exercice de style montrant – à grand renfort d’expertises et de témoignages unanimes émanant tous de collègues - le bien-fondé de l’attitude du praticien en cause.

Les mentalités commencent enfin à changer… dans le monde judiciaire aussi !

L’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONI AM) prévoit donc une indemnisation amiable des victimesdans les cas avérés, limités à l’origine aux cas suivants:

  • infections nosocomiales graves (contamination en milieu hospitalier)

  • accidents médicaux résultant de mesures sanitaires d'urgence, de vaccinations obligatoires

  • dommages transfusionnels résultant de contamination par le virus VIH

  • empoisonnement au benfluorex, principe actif du Médiator

Les victimes sont indemnisées soit par le laboratoire en cause ou son assureur, soit par l’ONIAM, lorsque ce laboratoire ou cet assureur refuse de présenter une offre d’indemnisation ou propose à la victime une offre « manifestement insuffisante ». L’ONIAM peut se retourner ensuite contre le laboratoire ou l’assureur concernés.

C’est aujourd’hui ce qui se passe avec l’affaire du Mediator où le laboratoire Servier a dépensé des fortunes en honoraires d’avocat pour monter des manœuvres dilatoires afin de retarder l’échéance de son inéluctable condamnation.

Seule contre tous, la pneumologue Irène Frachon vient enfin d’obtenir, après plus de six ans de procédure, le renvoi en correctionnelle du laboratoire Servier et de l’Agence du Médicament !

On notera au passage dans cette affaire la façon scandaleuse dont le corps médical – Ordre en tête évidemment – s’est défaussé de sa responsabilité patente sur le dos du laboratoire : c’est qu’un petit malin avait découvert que le Médiator avait un effet « coupe faim » très efficace et il fut surtout prescrit pour cela !

De fait, 80% des prescriptions, une écrasante majorité, ne concernaient pas des patients diabétiques alors que le médicament avait été conçu spécifiquement à leur intention !

Où est la déontologie médicale quand la prescription a d’abord un but pécuniaire : engranger des honoraires en satisfaisant une clientèle dont la pathologie se résume au désir plus ou moins hystérique d’amaigrissement ?

Devant ce scandale, l’état a évidemment dû durcir son contrôle et sa politique de délivrance d’autorisation de mise sur le marché des médicaments en créant l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) aux pouvoirs plus étendus que ceux de la précédente agence nationale chargée du médicament…

http://ansm.sante.fr

Reste à savoir si elle sera capable d’étouffer le nouveau scandale qui se profile et qu’elle tente de limiter, voire de nier : celui du Levothyrox !

Un régulateur thyroïdien dont la molécule active ne serait pas en cause, mais dont la formulation a changé, ce qui a conduit à voir aujourd’hui plus d’un pour cent des utilisateurs présenter des effets secondaires indésirables.

Une pétition réunissant plus de 170 000 signatures circule pour exiger le retrait de cette nouvelle formulation.

Pas sûr que cela suffise à impressionner le laboratoire responsable ni surtout l’agence qui a donné son aval à cette nouvelle formulation. Tant qu’il n’y a pas mort d’homme…

La presse rapporte cependant les réactions multiples des utilisateurs-cobayes forcés et souligne:

« Si le Levothyrox n’est pas le cas le plus emblématique d'un point de vue sanitaire, il met en lumière les lacunes de la pharmacovigilance à la française. Pour le professeur Jean-David Zeitoun, auteur de plusieurs travaux sur le sujet, "le lien n’a pas pu être établi à 100%" entre les cas d’effets secondaires et le nouveau médicament. "On ne comprend pas pourquoi il y a des effets négatifs alors qu’il ne devrait pas y en avoir." »

http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/levothyrox-pourquoi-le-systeme-dalerte-pose-probleme_2360169.html

Vous avez bien lu, ce monument doctement énoncé du professeur Zeitoun :

"On ne comprend pas pourquoi il y a des effets négatifs alors qu’il ne devrait pas y en avoir."

Ahurissant !

Il faut au moins signer des travaux et être professeur de médecine pour l’avoir sortie celle-là: c’est vrai qu’on aurait pu mettre directement sur le marché un produit aux effets secondaires déjà constatés et connus…

(Cela aurait évité des surprises et ces questions incongrues aujourd’hui posées aux chercheurs et aux praticiens…)

Plus difficile est le combat mené aujourd’hui contre la population pour rendre la vaccination obligatoire.

L’affaire, initiée par Marisol Touraine en application d’un oukase de l’OMS, éclate aujourd’hui au grand jour avec Agnès Buzyn qui s’empresse de se plier à ces exigences.

Imposer 11 vaccins – rien que cela – aux enfants de moins de deux ans !

Et l’argument de fond invoqué est aussi grotesque que ce caprice bureaucratique : « Ne pas se faire vacciner, c’est faire courir un risque à la collectivité »!

Superbe slogan ! Culpabiliser le récalcitrant au nom de sa responsabilité vis-à-vis de la collectivité ! Que voilà quelque chose de profondément « citoyen » !

Sauf qu’il faudrait arrêter de prendre systématiquement le citoyen pour un imbécile, car de deux choses l’une :

  • ou bien la vaccination est efficace, opérante et donc justifiée, et alors tous ceux qui sont traités sont à l’abri d’une contamination potentielle, même liée au « récalcitrant » atteint qui servirait de réservoir potentiellement propagateur.

  • ou bien un risque de propagation épidémique existe effectivement et l’effet protecteur escompté ne sera pas observé, ce qui implique que la vaccination n’est pas efficace et n’a donc pas lieu d’être !

Mais la logique, même la plus élémentaire, n’a jamais présidé aux décisions officielles.

La question qui se pose d’abord est celle de l’inoculation de l’aluminium utilisé comme adjuvant dans de (très) nombreux vaccins…

D’une manière générale, le problème est celui de l’ingestion de l’aluminium et de ses effets sur l’organisme ; ce qui met déjà en jeu des intérêts économiques énormes dans le domaine des contenants agro-alimentaires, du matériel culinaire, etc…

https://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ10111091S.html

Les réponses officielles, quelque peu dilatoires, montrent que la question est loin d’être réglée !

Pour les vaccins aussi où l’adjuvant aluminium s’avère assez incontournable…

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/04/25/24892-vaccins-linterminable-debat-sur-adjuvants-base-daluminium

Et il s’avère que le risque pathologique est loin d’être négligeable : la myofasciite à macrophages l’illustre.

http://www.asso-e3m.fr/myofasciite-a-macrophages/quest-m-f-m/

Même si cela mobilise l’attention des chercheurs dans de nombreux pays, et si en France l’hôpital Henri Mondor est particulièrement actif sur la question, les autorités sanitaires, confortées dans cette voie par l’OMS, se cantonnent dans le négationnisme le plus entêté…

On n’hésite pas alors à appeler l’Ordre des Médecins à la rescousse qui n’hésitera pas, solidarité oblige, à radier de l’ordre le professeur Joyeux coupable de non allégeance à l’orthodoxie vaccinale !

Selon la chambre disciplinaire, le professeur Joyeux « a commis des manquements d’une extrême gravité au code de déontologie », et a enfreint la loi, notamment « en indiquant des dangers pour la santé de suivre les recommandations du Haut Conseil de la santé publique ». (Sic)

Il n’a pas non plus respecté l’article stipulant que « le médecin doit apporter son concours à l’action entreprise par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé et de l’éducation sanitaire » et qu’« il participe aux actions de vigilance sanitaire ».

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/07/09/vaccination-henri-joyeux-radie-par-l-ordre-des-medecins_4966962_3224.htmldic!)

Aujourd’hui des pétitions et des manifestations fleurissent un peu partout contre ce fascisme médical…

Mais il y a tellement d’intérêts financiers en jeu dans l’industrie pharmaceutique…

Dans l’intervalle, comme au temps de Molière, on trouve toujours plus de déclarations médicales étonnantes où l’ignorance le dispute à la bêtise, avec bien sûr toute la suffisance qui sied aux détenteurs de ce titre de « docteur » qui impose le respect obligé des acteurs sociaux et la soumission aveugle des patients dont le rôle se limite à acquiescer sans limites à leurs prescriptions…

Récemment, l’une des plus belles âneries sortie concerne, en Italie, un cas de paludisme, mortel des suites de ses complications neurologiques, dont une fillette a été victime.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/09/05/italie-une-fillette-de-quatre-ans-meurt-de-paludisme-autochtone_849964

« Quelques heures après son hospitalisation, la fillette est tombée dans le coma malgré le traitement antipaludique prescrit par les spécialistes qui ont effectué le diagnostic sur la base des examens sanguins. Transférée en réanimation pédiatrique dimanche matin à Brescia, la petite fille est morte dans la nuit de dimanche à lundi ». « Il s'agit d'un cas extrêmement rare et étonnant car cette maladie est transmise par un type de moustique qui ne vit pas en Italie et nous ne savons rien sur le type de transmission du virus dans ce cas précis », estime Giovanni Rezza, épidémiologiste et médecin chef du département de maladies infectieuses de l'Institut supérieur de la santé.

L'hypothèse des changements climatiques et d'une sorte de mutation des moustiques est déjà envisagée. «L'été a été extrêmement chaud et tous les scénarios sont ouverts. Nous allons prélever des échantillons de moustiques et les examiner. Il s'agit de toutes les façons d'un cas extrêmement rare notamment dans la région de Trente qui n'a jamais été touchée par le paludisme en raison de sa latitude », a expliqué un expert.

Autre explication possible : un moustique aurait été « importé » dans une valise par un passager en provenance d'une zone à risque et aurait pu se reproduire avec un moustique autochtone en créant une espèce hybride. »

On en reste sans voix !

Le pire ce n’est pas la densité des imbécillités énoncées ici, le pire est qu’elles émanent apparemment d’un spécialiste et haut responsable médical italien, et qu’elles soient reproduites – sans la moindre réserve - dans « Le Quotidien du Médecin ».

Et encore, plus angoissant, alors qu’on pouvait légitimement attendre une pluie de commentaires indignés de la part de professionnels… Il n’y a pratiquement eu aucune réaction !

Deux commentaires ineptes montrant clairement la totale méconnaissance des mécanismes les plus simples de la génétique et de la parasitologie, avant, enfin, une remarque laconique signalant qu’un sporozoaire (sans indiquer lequel ne soyons pas trop exigeants) n’est pas … un virus !

L’article date d’il y a trois jours et plus personne n’a ajouté de commentaire depuis sa publication…

Il faut le voir pour le croire !

Rappelons pour nos lecteurs qui ne se revendiquent pas forcément, eux, être des spécialistes :

  • que les Sporozoaires sont des Protozoaires parasites intracellulaires à cycle généralement dixène (deux hôtes) dont l’hôte accessoire est ici un moustique Anophèle, comme pour tous les Plasmodium responsables des fièvres récurrentes dont le paludisme.

  • que le paludisme - aujourd’hui déclaré éradiqué en Italie, notamment depuis l’assèchement des marais débuté lors de la politique de grands travaux instaurée par Mussolini (ce n’est pas politiquement correct de l’indiquer, mais la réalité historique oblige à le dire) - a toujours été endémique dans le pays.

  • que les Anophèles vecteurs sont des moustiques indigènes en Italie, notamment du sud, et qu’il n’y a nul besoin d’aller inventer une quelconque « mutation » ou l’effet du réchauffement climatique pour en trouver !

N’importe quel élève de première année de cycle biologique apprend cela !

Apparemment les « professeurs de médecine » en sont dispensés…

Et c’est à des gens comme cela qu’on nous impose de confier notre vie sans la moindre arrière-pensée !

Claude Timmerman

Sur la journaleuse :

https://www.lequotidiendumedecin.fr/auteur/ariel-f-dumont_156746?sort_by=comment_count&sort_order=DESC

Correspondante à Rome de multiples parutions, sévissant de Marianne au Matin de Lausanne, traitant souvent du monde de la santé, Ariel Dumont affiche ses positions très médicalement correctes, soutenant l’action tant de Marisol Touraine que d’Agnès Buzyn et ne manquant pas par exemple de dénoncer les médecines alternatives, de fustiger des médecins homéopathes déjà persécutés, des praticiens anti vaccination et tous ceux qui s’opposent à quelque degré que cela soit à l’instauration de ce « dogmatisme sanitaire en marche » qui règne sans partage à Rome comme à Paris…

jeudi, juillet 2 2015

Ségolène Royale, le meilleur agent de Monsanto ?

Depuis quelques semaines, le petit monde politique s’agite curieusement beaucoup autour du caractère « cancérogène probable » enfin reconnu de certains herbicides, notamment du glyphosate, un désherbant total systémique commercialisé sous brevet par Monsanto avec l’appellation commerciale de « Round Up » depuis 1974.


Cet herbicide a connu durant plus de trente ans une diffusion planétaire car son emploi – premier cas connu en la matière – a été rapidement jumelé avec la mise sur le marché des premières semences OGM...

Monsanto dès le début de ses recherches OGM s’est focalisé sur 2 aspects très particuliers, aux arrières pensées politiques et commerciales beaucoup plus affirmées que les grandes envolées lyriques et humanistes sur la création de plantes et d’animaux « fabricants de médicaments » ne le laisseraient supposer...

N’a a-t-on pas vu - lorsque José Bové a commencé ses campagnes de destruction de champs expérimentaux d’OGM susceptibles de diffuser, sciemment, des gènes modifiés aux populations végétales alentours - le Monde titrer : « José Bové contre la recherche médicale » (sic !).

Or, jamais il n’y eut la moindre recherche d’envergure effectuée dans ce domaine : c’est de la poudre aux yeux !

La recherche Monsanto s’est cantonnée dans deux domaines financièrement très porteurs :

- La suspension de fertilité des fructifications chez les céréales (autrement dit la stérilité génétique des grains produits, résultat du fameux pool transgénique dit « Terminator ») conduisant les cultivateurs à devoir systématiquement racheter des semences d’une campagne de culture sur l’autre, car assurés de ne pouvoir ressemer une partie du grain récolté pour la récolte suivante.

Une arme du grand dessin de contrôle politique ethnique mondial déjà esquissé par Henry Kissinger :

« Qui contrôle la nourriture contrôle les populations, qui contrôle l’énergie contrôle les nations et celui qui contrôle la monnaie contrôle le monde ».


L’OGM devient ainsi le premier moyen mondial de chantage politique à la famine !

- L’incorporation aux plantes cultivées de gènes résistants aux molécules actives d’herbicides totaux.

Ainsi l’OGM sera semé sur un terrain totalement « nettoyé » où lui seul pourra pousser et se développer.

C’est ainsi que fut créée la gamme des semences dites RR « Round Up Résistantes » commercialement intitulées « Round Up Ready » (prêtes pour les traitements au Round Up).

Pour semer dans de bonnes conditions, on est donc contraint d’avoir recours à l’herbicide concerné.

L’art et la manière de se créer un monopole commercial biologique par la biochimie et la génétique...

Une histoire qui a évidemment pris dès le début pour support les plantes les plus stratégiques, les plus cultivées : les céréales, bases de l’alimentation ! En particulier le blé, le riz, le maïs et le soja, fondement de l’alimentation animale intensive.

Le glyphosate a ainsi recouvert la planète durant des décennies avec la bénédiction de tous les productivistes, sans que les voix discordantes de quelques chercheurs avisés ne parviennent à se faire entendre.

On a constaté les effets nocifs de la rémanence du glyphosate, la non dégradation de nombre de ses sous-produits dans les zones traitées, etc.

On a même mis en évidence des plantes devenues résistantes dès les années 2000, sans parler de transfert du gène de résistance, ce qui a conduit à l’abandon de milliers d’hectares de terres céréalières cultivées aux USA, totalement envahies par des Chénopodes, ou des Ambroisies, au Delaware, au Texas et en Géorgie...

Dans la vallée du Rhône, ce sont les cultures de tournesol qui sont envahies par l’Ambroisie.

Pire, l’action reprotoxique du Round Up sur des cotonniers transgéniques a abouti à l’effondrement des rendements !

Mais finalement personne n’a bougé : Monsanto usait de sa position de monopole mondial !

Pourtant cette position était condamnée à terme, les brevets tombant finalement dans le domaine public...

Le glyphosate est devenu d’usage public en 2000, mais les semences RR de Monsanto restant sous brevet, cela a permis, malgré la mise sur le marché de préparations de glyphosate concurrentes au Round Up, à Monsanto de bénéficier depuis quinze ans encore d’une véritable prolongation de sa situation de monopole.

Mais Monsanto - dès avant la date fatidique - avait su anticiper... en isolant un gène résistant (aussitôt breveté rassurez-vous !) à une autre molécule herbicide : le dicamba !

Mise au point par Union Carbide, cette molécule a fait l’objet d’un accord d’exploitation avec Monsanto finalisé le 20 janvier 2009. Date historiquement autrement plus importante à cause de cet accord que par la prestation de serment de Barack Obama !

Car le dicamba est au glyphosate ce que la bombe H est à la bombe A...

Un agent chimique reconnu tératogène chez l’homme (excusez du peu !) dérivé de l’acide benzoïque !

Considéré comme « modérément toxique » par la littérature de propagande, sa dose létale 50 orale (DL 50) chez le rat est de...2,74 mg/kg ! Un record de toxicité inégalé pour ce genre de produit...

Si le benzène est reconnu comme agent cancérogène, personne curieusement ne semble encore s’être sérieusement penché sur le rôle de l’acide benzoïque qui entre d’ailleurs dans la composition de nombre d’additifs alimentaires... C’est rassurant !

Tel est donc le substitut du glyphosate stratégiquement prévu depuis bientôt dix ans et aujourd’hui en cours de mise en place chez Monsanto !

Curieusement c’est donc seulement au moment où ce monopole commercial du glyphosate est sérieusement ébranlé, alors que Monsanto en prépare le relais, que la machine médico-médiatique se met en marche...

Coïncidence sans doute, le brevet sur le soja Roundup Ready de première génération de Monsanto (RR1) a pris fin en mars 2015... D’autres évidemment vont tomber prochainement dans le domaine publique.

C’est alors que « Sus au glyphosate », devient le nouveau mot d’ordre à la mode, évidemment lancé par Monsanto, quoi qu’il en dise, pour éviter de se faire déborder par la concurrence...

Et c’est là que l’on voit Ségolène Royale, bien connue pour sa politique de défense de l’environnement et des espèces sauvages, monter au créneau !

Rappelons que notre ministresse de l’environnement s’est illustrée en autorisant le massacre puis l’éradication des bouquetins du Bargy pour contenter les fabricants de reblochon, plus récemment en acceptant le massacre des loups « responsables » soit disant de « massacres de milliers brebis » un nombres tels que la population totale des loups d’Europe n’y suffirait pas – et en acceptant l’éradication des blaireaux dans l’Yonne, avant d’autoriser récemment les saccageurs agricoles de la bordure du marais poitevin à labourer des zones de prairies naturelles permanentes pourtant classées en zone sensible...

Une perte irrémédiable pour la biodiversité et un risque considérable pour la conservation de cet écosystème particulièrement fragile !

Jamais un ministre, en France, n’aura autant œuvré pour légaliser le massacre de la biodiversité...

S’attaquant brusquement à la question des pollutions du milieu aux herbicides, mais uniquement au glyphosate, Ségolène s’est empressée de souligner que les mesures d’interdiction qui seraient prises ne concerneraient que les particuliers et absolument pas les agriculteurs !

Ouf ! Les productivistes pourront donc continuer à empoisonner sciemment le milieu avec l’aval du gouvernement...

Les coupables se sont bien évidemment, comme toujours pour les agriculteurs, les particuliers !

Ce sont eux qui, avec leur petits jardins et les pesticides qu’ils y déversent sûrement à seau, qui polluent le pays depuis des décennies.

Qu’on se le dise !

D’ailleurs, cynisme ou provocation, une association de défense des productivistes, victimes des pesticides vient de se créer : http://www.phyto-victimes.fr/qui-sommes-nous/

Baptisée « phyto-victimes » elle regroupe « des personnes (ou leurs proches) qui ont utilisés des pesticides, du fait de leur activités professionnelles, ayant entraîné des problèmes de santé » (sic !)

Soyons clairs : les problèmes de santé liés aux pesticides sont réservés aux empoisonneurs !

Si vous habitez à la campagne avec votre famille en bordure d’un champ régulièrement traité et que vous bénéficiez ainsi de toutes les pulvérisations dont il est l’objet, vous n’avez rien à dire ! Par contre si vous êtes l’auteur de ces pulvérisations, vous avez le droit à l’assistance de l’association dont le conseil d’administration est quasi exclusivement composé d’agriculteurs du productivisme, catégorisés ici pour les besoins de la cause sous l’étiquette « grandes cultures »...

La page d’accueil du site http://www.phyto-victimes.fr/ annonce d’ailleurs fièrement :

«  La guerre au Roundup est déclarée. Ségolène Royal a porté une nouvelle estocade contre le produit vedette de Monsanto, lundi 16 juin. Un « amendement à la loi de transition énergétique interdira le glyphosate en vente libre au 1er janvier 2016 ».

Soyons clairs : les jardiniers lampistes, à la consommation infinitésimale, vont être privés de glyphosate, et en priorité bien sûr aujourd’hui des produits herbicides autres que le Round Up, contenant du glyphosate, mis récemment sur le marché par les concurrents de Monsanto dans les jardineries. Car c’est bien là le cœur du problème !

On a d’ailleurs largement vu dame Ségolène se précipiter devant des caméras complaisantes pour les retirer des rayons !

Mais pour les productivistes empoisonneurs, rien de changé : la « vente libre » ne les concerne pas !

Sur le fond, le marché des herbicides sera donc désormais totalement ouvert pour que Monsanto y déverse ses nouveaux poisons tout fraîchement brevetés, et dont les molécules actives n’ont encore fait l’objet d’aucune étude sérieuse d’impact !

Une stérilisation des sols encore plus efficace, qui permettra sans doute de lutter contre l’envahissement de l’ambroisie mais qui amènera évidemment à terme à l’apparition de nouvelles formes de résistances particulièrement inquiétantes....

Mais de quoi, pour Monsanto, être tranquille pour quelques nouvelles dizaines années, et lui permettre de consolider sa position de monopole...

Madame Royale, par cette prise de position, ne fait que nettoyer le terrain en vue de cette nouvelle offensive commerciale.

Monsanto peut donc dire merci à Ségolène...

Claude Timmerman 21 / 06 / 15

jeudi, août 23 2012

Productivisme agricole : quand rentabilité financière rime avec délaissement de la production !

Le productivisme agricole suit aujourd'hui la politique de gabegie qui sévit depuis des années dans d'autres secteurs de l'économie en surproduction chronique, faute de marchés financés à l'exportation... et de cours mondiaux qui leur conviennent !
Les productivistes agricoles ne sont pas des philanthropes et la crise alimentaire n'est pas leur problème, sauf quand cela leur sert d'alibi pour justifier leurs subventions et leurs nuisances !
 
En l'occurrence nous évoquons ici le problème du « nouveau mode de stockage céréalier », en Beauce, en Brie voire en Champagne berrichonne.
Dreyfus, lorsqu'il fonda autour de 1900 le comptoir céréalier qui porte encore son nom, l'énonça cyniquement :« Celui qui gagne de l'argent avec le blé, ce n'est pas celui qui le produit, c'est celui qui le stocke et qui le transporte! »
Dont acte !
Soucieux donc de limiter ces coûts, les céréaliers commencent à éviter transports et ensilages... et ils stockent désormais en vrac, en plein air, en bout de champs !
 
D'abord les grains !
 
On commence ainsi à voir des montagnes de céréales laissées à l'air libre, sans aucune protection, dans l'attente de jours « meilleurs » où elles seront vendues... Et face aux légitimes objections que soulèvent cette pratique originale, les céréaliers ont toutes les réponses : « Certes, le grain s'abîme en surface et pourrit, mais il se forme ainsi une couche de 20 à 30 cm qui durcit à l'air, devient rapidement imperméable, et protège ainsi le grain qui est dessous ! «  (sic!)
On en reste pantois!
Et quand on connaît les risques de contamination des céréales par des moisissures toxiques qui les rendent impropres à la consommation -  phénomène bien connu des autorités sanitaires portuaires qui analysent systématiquement les cargaisons de céréales en vrac - on peut légitimement s'alarmer...
On ne parlera pas des problèmes de fermentation : dès que le taux d'humidité des grains dépasse 12% le grain est le siège d'activités métaboliques qui font rapidement monter sa température et peuvent même causer des explosions, phénomène  bien connu et fort redouté dans les silos où les grains sont brassés et refroidis à l'air frais régulièrement ! On peut donc s'attendre à voir des tas de blé se transformer en petits volcans de plein champs... Mais il doit y avoir des assurances pour en pallier les pertes financières... Donc on est rassuré pour les agriculteurs !*

L'important tonnage de couverture ainsi perdu - qui permettrait de nourrir au moins les camps de réfugiés somaliens - ne scandalise pas non plus nos belles âmes productivistes...
Pas plus que la question de la pollution créée par ces masses pourrissantes de la « décape » qui vont rester année après année se décomposant à l'air libre... Mais on pourra sans doute les traiter à coup de pesticides pour éviter les contaminations : là ce n'est pas un problème !

On sait depuis longtemps que céréaliers et les arboriculteurs sont les premiers utilisateurs de pesticides qui provoquent chaque année plus de cancers que le tabac ou les particules fines de diesel... mais c'est une situation acceptée, puisque, selon eux, c'est indispensable pour obtenir la production agricole nécessaire pour « nourrir l'humanité »...

Ensuite les pailles...
 
Là encore le stockage à l'air libre se généralise... Les pertes sont tout aussi considérables, ce qui devrait faire plaisir aux éleveurs confrontés au manque de foin de plus au plus fréquent, et pour lesquels la paille est un appoint vital pour assurer la subsistance du bétail en période de canicule ou les années de récolte de foin désastreuse...
La « technique » est simple : l'empilement en grosses balles parallélépipédiques de 600 kg, voire même plus... L'avantage de ces balles par rapport aux round ballers, c'est le gain de place et la facilité de gerbage !
L'inconvénient, de taille, c'est qu'à la différence du round baller où la paille est enroulée - ce qui conserve son intégrité et rend la balle pratiquement imperméable aux intempéries (comme pour les toits de chaume) - dans le stockage par balles parallélépipédiques, la paille est compactée, donc cassée...
Première conséquence la balle contient beaucoup plus de poussière due aux tiges cassées, et la paille ainsi malmenée, lorsqu'elle est consommée en stabulation et surtout en étable fermée, provoque des maladies pulmonaires qui font la fortune des vétérinaires....
Seconde conséquence, le compactage ne respectant pas le sens des tiges, ces balles ne sont pas imperméables !L'eau y pénètre... et la paille pourrit !
Qu'à cela ne tienne : « on » admet que la couche périphérique de balles, et en particulier celle de la couche-toit, soient sacrifiées pour protéger les autres... A 600 kg la balle, on voit tout de suite l'importance du tonnage ainsi perdu. Les éleveurs en période de disette apprécieront.
 
Faut-il en conclure que la rentabilité du modèle productiviste agricole, premier pollueur de France et acteur privilégié du saccage du milieu naturel, conduise maintenant à l'abandon programmé, au sacrifice  d'une partie de la production, déjà  subventionnée par nos soins ?
Voilà qui devrait tout de même en interpeller certains !

*A titre indicatif, pour éviter tout risque, la plupart du temps, le taux d'humidité des céréales transportées, à l'export, doit être inférieur ou égal à 7% ! C'est le seuil de tolérance maximale préconisé à Houston, le premier port céréalier américain - et sans doute du monde...
                                   
Claude Timmerman

lundi, janvier 30 2012

L’époque n’est plus au livre.

   

Nous nageons dans la haute-technologie avec l’impression que le monde a été révolutionné par elle…
Mais qu’en est-il en réalité ?
Et cette technologie moderne est devenue l’excuse à la bêtise crasse, l’inculture et la méconnaissance des fondamentaux.

Une petite histoire arrivée à un ami nous éclairera sur le sujet :

« J’ai beaucoup de livres et j’en ai, aussi, accumulé beaucoup au bureau, et pas des romans, mais des ouvrages thématiques, en sciences, en astronomie, en mathématiques, histoire et quelques sujets parallèles.
J’en ai gardé une partie à mon bureau en attendant de les rapatrier avant mon départ en retraite.

Ceci m’attire constamment des réflexions du genre (je respecte leur formulation) :
« - T’as qu’à les jeter… si tu les as lus, pourquoi les garder ?
- Débarrasse-t’en… à quoi ça sert !?
-Tu ne vas pas nous faire croire que tu les relis et que ça te sert ? (ben, SI) …
- Une fois que tu les as lu… tu sais de quoi ça parle…. A quoi ça sert de les garder (même un dictionnaire ?
-T’as qu’à te contenter de les louer à la bibliothèque… »
Etc…

Je leur demande toujours :
« - Vous avez des DVD, des CD… que vous avez vus… entendus… à quoi ça sert de les garder…. Vous savez comment ça fini le Titanic ou John Wayne pour les films et vous avez déjà entendu une fois les chansons du CD, vous les réécoutez ? vVus savez pourtant ce que dit la chanson ! »

Réponse :

« - C’est pas pareil
- Ah oui ? et en QUOI ?
- Un livre prend de la place.
- Un DVD aussi ! »

Et le dialogue s’arrête aussitôt par incompréhension de l’autre partie pour qui un livre : ça se jette, ça ne se garde pas !

Et j’ajoute de mon côté :
« - Je les relis avec plaisir, j’ai sous la main tout ce que je désire comme documentation, même à 3 heures du matin et le dimanche et la bibliothèque n’a pas le centième des titres que je désire et que j’ai… » »

Et je lis dans le regard torve de mes interlocuteurs une sorte de bestiale bêtise et de stupidité ignorante qui montre le fond de la question.

J’ai l’exemple d’une collègue qui achète un guide touristique haut-de-gamme et sophistiqué pour ses voyages, au Guatemala et au Cambodge par exemple. Ledit guide donne la moitié de ses pages à la culture, l’histoire, voire même la langue et la philosophie du pays concerné ; pour un guide sur le Tibet c’était même un manuel complet de bouddhisme tibétain pour une bonne partie.
Elle ne lit que la partie donnant le BON restaurant où il FAUT avoir mangé ( il FAUT ? pourquoi ? ) et son adresse ou le monument qu’il FAUT avoir vu et photographié ( pourquoi ? – pour avoir un sou-ve-nir ! – et pourquoi ? )»

Cette historiette (et histoire vraie) nous indique bien l’évolution des choses en occident…
Le livre est dévalorisé, déconsidéré, peut-être à cause de l’inflation de parutions et d’écrits inutiles et sans intérêt (mais n’est-ce pas le cas aussi pour les CD et DVD ?)
Il est vrai qu’on a fait paraitre parait-il (j’ai lu ça quelque part) 7 fois autant de livres depuis l’an 2000 inclus que ce qui avait été écrit depuis la naissance du livre.
Combien de livres valent au fond vraiment la peine de nos jours ?

A l’époque du pape Sylvestre II, le moine Gerbert, une bibliothèque comprenait (si elle était riche) 50 livres qu’on relisait constamment, qu’on désossait, qu’on apprenait par coeur même à force de les lire, relire et méditer…
Mais ce n’était certes pas la collection Harlequin à l’eau de rose ou les états d’âme érotico-animaliers de tel ou tel auteur à la mode…

De nos jours, on peut avoir une bibliothèque de 1000 livres ou plus… dont on n’a lu aucun, si ce n’est le titre !

D’où vient cette pensée négative envers les livres, TOUS les livres et le désir plus ou moins inconscient de s’opposer à lui et d’empêcher ou limiter son usage ?

Un livre, c’est du savoir, de la connaissance, de la liberté… La faculté de voyager dans le temps et dans l’espace, mieux encore de voyager au centre de la Terre des hommes, dans leurs rêves et la fièvre de leur imagination.

Avec un DVD, un CD, on est passif (sauf CD ou DVD très thématique).
Avec le livre, on est actif et le livre fait PENSER, travailler le cerveau et développer l’imagination.

Notre époque est une époque d’involution, de désordre intellectuel, de refus des ordres et équilibres naturels, en ce sens, le Livre comme instrument de savoir renvoie à chacun un reflet du réel que tous ne veulent pas voir !

Lire demande un effort intellectuel, une complicité avec le livre et, au fond, un enthousiasme que beaucoup n’ont plus.

Tout ceci explique donc bien le pourquoi de la haine du livre que je sens plus ou moins consciente mais réelle chez pas mal de nos contemporains.

Michel Séguy

lundi, septembre 12 2011

Chronique de la France laborieuse... Ce matin la DDE est venue travailler !

J'habite au fond de l'Allier une petite propriété qui a la particularité d'être la première maison du village. (D'ailleurs le panneau d'entrée est pratiquement à l'aplomb de mon portail.)

Le village est situé en haut d'une forte côte et se présente après un gros virage...

Petit souci, nous sommes là sur une "grosse départementale" et même si le trafic y est très supportable, il arrive au moins deux ou trois fois par jour que des semi-remorques l'empruntent, déboulant largement à plus de 80 Km/h en haut de la côte... et continuant "tranquillement" sur leur lancée à travers l'unique rue, toute droite, du village...

Suffisamment gênant tout de même pour que je ne risque pas la vie de mes chevaux en traversant inopinément la route en sortant de chez moi : je descends donc sur le bas côté en herbe hors de portée des monstres automobiles jusqu'à la sortie du village...

Le maire, qui tient à conserver vivants ses administrés, a donc demandé à la préfecture de prendre des mesures pour que la prise d'assurance-vie ne soit plus une condition préalable à l'installation durable de nouveaux habitants...

La préfecture a bien entendu saisi la Direction Départementale de l'Equipement.

"On" est donc venu sur place, "on" a fait des comptages, "on" a rédigé un rapport, "on" a fait débloquer des fonds par le Conseil Général, le tout a bien pris un an, et ce matin la DDE est venue réaliser les travaux qui permettront désormais d'offrir un avenir radieux aux piétons de la commune inopinément attardés sur la route..

La solution choisie (et effectivement mise en place !) aura un impact certain sur la vitesse des camions comme chacun pourra l'apprécier..

Tout au long de la rue ( j'ai mesuré environ 280 m.), "on" a installé au centre un ruban de sable collé.

Autrefois, "on" peignait une ligne sur le bitume (jaune d'abord, puis vers les années 70 blanche...) Donc, vers 8 heures "on" a débarqué pour le chantier, et évidemment, je me trouvais aux premières loges :

- un petit camion benne contenant du sable gravillonné, une brouette retournée dessus... avec un chauffeur et un ouvrier
- un fourgon contenant quelques bidons de résine et de dissolvant, un vis-mélangeur, un petit rouleau à gazon et deux feux rouges portatifs permettant d'emmerder les automobilistes en installant un système de circulation alternée .... avec un chauffeur et un ouvrier
- une camionnette ... véhiculant le chef de chantier...

Installer les feux aux deux bouts et coller sur le sol un double ruban d'adhésif délimitant une bande d'environ 20 cm, sur les 280 m de la rue, a pris exactement 2 heures...

À 10 heures le chantier étant prêt, les grandes manœuvres ont pu commencer :

- Préparer la résine au mélangeur,
- l'étaler sur bitume entre les adhésifs avec une raclette peigne (comme pour la colle à carrelage par exemple) (le chef de chantier se met alors à l’œuvre sous le regard admiratif de ses quatre arpètes statufiés...)
- laisser partiellement prendre le mélange épandu,
- saupoudrer à la main la résine de sable gravillonné,
- rouler pour coller et tasser le ruban de sable,
- retirer les adhésifs latéraux,
- balayer les gravillons pris d'évasion qui ne voulaient pas rester collés à la résine...


À 13 heures tout était terminé et le convoi repartait...

Nous avons donc aujourd'hui au milieu de la rue une bande de sable, collée comme de la peinture, du plus beau brun clair sur le bitume noir, ce qui est du plus bel effet...Une bande longitudinale qui ne freinerait pas une goutte d'eau ruisselant sur la pente un jour d'orage, mais qui est sensée, selon les experts de la DDE, réfréner les instincts de pilote de formule 1 des chauffeurs de poids lourds...

Pour ce chantier pharaonique (cela n'a échappé à personne!) on aura mobilisé pendant une demi-journée trois véhicules et cinq personnes !
Le tout financé par nos impôts !

Outre que, dans le même temps, avec un seul arpète sachant doser la résine, j'aurais très bien pu faire le boulot qui n'impliquait vraiment aucune compétence particulière...

Cinq ouvriers et 3 véhicules c'est tout de même beaucoup, là où deux arpètes et le fourgon auraient largement suffi...

On peut vraiment s'interroger sur l'utilité de la chose !
Un coût exorbitant pour un résultat : nul !

Et pendant ce temps là, faute de crédits et de personnels (disponibles !) des tas de routes secondaires sont laissées aller à vau-l’eau !

Saint - Plaix

Note de Terre Future : Si nous pouvons regretter ce que coûte à l’État des administrations pléthoriques, dans le cas de la DDE cela devient un mal presque acceptable : imaginons un instant le pouvoir de nuisance de cette administration si elle était pleinement efficace ? Et bien il ne resterait à ce jour plus aucun arbre le long de nos routes parce que ces incapables sont possédés par la rage de l’alignement et du bétonnage le tout sous couvert de l’idéologie puérile du “principe de précaution” !

vendredi, mars 4 2011

« Lettre ouverte à M. Lemétayer, président de la FNSEA » de juin 2001 à décembre 2010

Un texte toujours d’actualité

Lettre ouverte de Claude Timmerman à M. Jean-Michel Lemétayer diffusée en juin 2001 immédiatement après son élection à la tête  de la FNSEA et alors que son intention déclarée était de « rendre leur fierté » aux paysans.

Les ajouts entre [] sont de la rédaction de Terre Future

Lire la suite »

jeudi, novembre 4 2010

L’âge de la retraite en débat

Retraite1.jpg « Les générations actuelles vivent plus longtemps ! » Ce leitmotiv qui est aussi un poncif a déjà servi à justifier l’allongement de la durée des cotisations de retraites. Il est maintenant utilisé pour faire passer un recul significatif de l’âge de cessation de la « vie active », autrement dit de la vie professionnelle.



La plupart de nos hommes publics s’accordent en effet sur l’argument d’un supposé allongement de l’espérance de vie pour en conclure que, corrélativement, il serait « normal » que la durée de travail des salariés augmente en conséquence. Cependant, ce faisant ils oublient de dire qu’à 35 ans un cadre peut encore espérer vivre 46 ans mais qu’un ouvrier dispose, lui, d’environ 39 ans. En Suède, championne toutes catégories de la social-démocratie, le départ à la retraite est à 67 ans…

C’est aussi oublier que l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité majeure, n’est au total que de 64,2 ans pour les femmes et de 63,1 ans pour les hommes, selon une note récente de l’INSEE. Nous sommes donc loin des prodiges de longévité que louange la presse généraliste au regard, il est vrai de l’accroissement du nombre des grands vieillards, voulant nous faire accroire que l’exception serait la règle. Car il faut les statistiques sans complaisance ni arrières pensées manipulatoires…

Les salariés en général, les ouvriers en particulier, disposent par conséquent en réalité de fort peu de temps pour jouir pleinement de leur retraite. Vu sous cet angle, le projet d’allongement de la période d’activité revient à nous convier à travailler jusqu’à ce que nous soyons passablement « usés » ou pire, proches de la tombe, si l’on se réfère à ce que certains « lanceurs d’alerte » commencent à dénoncer : « Les générations actuelles vivrons moins longtemps que leurs parents, de même que leurs enfants vivront moins longtemps qu’eux ».

Ce qui s’avérera certainement exact si l’on en croit la multiplication exponentielle des cas de cancers ou des maladies neurodégénératives qu’il ne sera plus possible bientôt, vu le rajeunissement constant des sujets atteints, de mettre sur le compte du seul vieillissement de la population et de l’allongement de la durée de vie. Enfin, l’accroissement de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui, mais historiquement cet allongement de l’existence a accompagné la baisse continue de la durée du travail. C’est ce qu’on a pu, à une certaine époque, appeler le « progrès » ! Nos dirigeants ne savent-ils en fin de compte que nous imposer de régresser pour satisfaire aux contraintes et aux impérieux appétits de l’ultralibéralisme ?



Notes :

L’espérance de vie « en bonne santé » c’est à dire sans limitation d’activité (ou sans incapacité majeure liée à des maladies chroniques, aux séquelles d’affections aiguës ou de traumatismes) répond à un enjeu de bien être. En France, en 2007, l’espérance de vie « en bonne santé » à la naissance est estimée à 64,2 ans pour les femmes. Elle est plus faible pour les hommes (63,1 ans). Entre 1995 et 2003, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance avait augmenté d’un an et demi pour les femmes et d’une demi-année pour les hommes, mais ces derniers bénéficient d’une nette amélioration récente qui a effacé cette différence d’évolution. Ces durées sont comparables à celles de pays voisins mais un peu inférieurs à celles observées dans les pays nordiques. Pour les femmes et les hommes âgés de 65 ans, l’espérance de vie en bonne santé est respectivement de 9,9 et 9,4 années. http://www.insee.fr/fr/themes/table…

L’espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d’années en bonne santé qu’une personne peut s’attendre à vivre (à la naissance). Une bonne santé est définie par l’absence de limitations d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l’absence d’incapacités. L’AVBS est un indicateur d’espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité. Les informations utilisées pour son calcul sont des mesures de prévalence (proportions) de la population d’un âge spécifique étant dans des conditions de bonne ou mauvaise santé et des informations de mortalité par âge. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI) http://www.insee.fr/fr/methodes/def…

mercredi, février 10 2010

L’imposture technophile à l’école : danger imminent

 « Dès que l’homme, selon un mot fameux, peut plus qu’il ne sait, il choisit le pouvoir et laisse le savoir. Depuis que l’avion s’est envolé sans la permission des théoriciens, les techniciens se moquent des théoriciens ; ce genre de sottise orgueilleuse se développe étonnamment. » Alain, Propos sur l’éducation, LXIV

Quelles potentialités ne nous sont-elles pas offertes par les nouvelles technologies (NTIC) ? Quels développements extraordinaires de l’humain ne nous promettent-elles pas? Quelles formes providentielles de culture ne semblent-elles pas ouvrir devant nous ? À quelles facilités décuplées d’accès au savoir, pour tous et partout, ne prétendent-elles pas ? Quelle célérité ne procurent-elles pas à la communication, autant dire à l’union, que dis-je, la communion ! entre les hommes, les groupes, les peuples, les nations ?

Par la légère flexion d’un seul doigt, vous accédez à des bibliothèques pléthoriques, à des bases de données pharaoniques, à des réseaux démesurés… Les logiciels vous font manipuler toute la réalité, depuis le logiciel d’architecture jusqu’au tableur comptable en passant par « Photoshop » grand accommodeur d’images, tout cela comme s’il s’agissait d’un jeu d’enfant…

Cependant ces nouvelles techniques, le numérique, le multimédia, l’informatique et Internet sont-ils les outils ultimes pour que l’esprit humain maîtrise la matière, la nature, le monde, et parvienne à conjurer les dernières barrières, celles qui l’empêchent d’accomplir ses projets les plus légitimes, ses aspirations les plus justifiées ? Par exemple, l’éducation, dont on sait quel rôle déterminant elle joue dans la vie de tout homme ?

Eh bien n’en doutez pas, telle est l’exacte opinion d’une majorité dominante au sein des « acteurs » du monde éducatif et pédagogique en France. Qu’on se le dise : actuellement, se met en place, en coulisse, une véritable révolution informaticienne de l’Éducation nationale. Et mieux encore : cela signifie que l’on veut faire – et que l’on va faire – de vos enfants des quasi-robots (mentaux) soudés (on dit connectés) à des machines (matérielles) qui littéralement sont appelées à penser à leur place.

Ce projet implique in fine de mécaniser totalement la pensée des écoliers et lycéens, qu’on va peu à peu asservir à des outils informatiques ou autres, toutes les tâches habituelles (déjà nul ne sait plus compter puisque les calculettes servent de prothèses mentales), autrement dit, les facultés mentales de nos jeunes gens – leur esprit en un mot – deviendront dépendantes de machines… Certes de « mignonnes » machines, à l’allure (en Novlangue : look, design) futuriste, iPod, iPad, iPhone, consoles qui sont maintenant loin d’être de simples gadgets numériques car ce sont des machines destinées finalement à dé-penser… à ne plus penser puisque les cervelles s’atrophient au même rythme que ces machines envahissent nos vies et celles de nos enfants.

Ce ne sont pas d’ailleurs les « machines » contre lesquelles nous nous insurgeons ici, mais contre l’usage dévoyé qui en est fait : l’Éducation nationale (autrefois Instruction publique) n’a pas pour vocation de soumettre l’individu à la machine, de l’en rendre dépendant dès sa prime jeunesse, mais de lui apprendre la maîtrise de ses facultés intellectuelles, d’en favoriser l’épanouissement afin de faire in fine un bon usage des outils que la Technique met aujourd’hui à notre disposition.

Outils et instruments qui, comme la langue d’Ésope, peuvent nous apporter le meilleur ou le pire selon l’usage que nous en faisons… Apprenons donc d’abord à penser au lieu d’attendre des machines qu’elles le fassent à notre place !

Alors ? Quels enfants allons-nous former pour le futur ? Des individus qui auront appris à trouver leur place dans la réalité, dans le monde réel, celui des hommes et de la nature, cela grâce à un apprentissage de la pensée – par soi-même – progressif et responsabilisant ? Ou bien allons-nous nous contenter de leur ouvrir les portes d’un monde virtuel (et pas si merveilleux que ça quand on voit quels fleuves d’immondices circulent sur la Toile) dont ils n’auront pas la clef… un monde d’informatique dont ils seront dépendants à vie ?

Ce qui est en question, ici et maintenant, c’est l’autonomie de l’individu, désormais noyé et bientôt dissout dans l’océan universel des réseaux virtuels dont l’abus est indéniablement nuisible à la santé mentale de l’humain… Il ne s’agit pas de refus de la technique mais de tirer le signal d’alarme des mésusages qui en sont faits au nom des plus nobles causes, à commencer par l’enseignement. Sommes-nous des « technophobes » ? S’agit-il de notre part d’une réaction rétrograde ? D’une néophobie viscérale ? Du misonéisme primaire ?  Non pas, un appel au bon sens et à un retour aux vérités élémentaires : non, la machine n’est pas destinée à penser en lieu et place des hommes; oui, l’apprentissage moderne doit être celui de l’usage des machines dans ce qu’il a de meilleur et cette nouvelle « éducation » sera celle d’une discipline de la pensée et du caractère face à l’outil, ou bien elle sera la ruine intellectuelle et morale des générations montantes.

Hussard Noir