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Observatoire des épidémies

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lundi, mars 25 2013

Des milliers de cas de narcolepsie après le vaccin H1N1 - étude du BMJ

Le British Medical Journal (BMJ), une des plus prestigieuses revues médicales au monde, a publié une étude prouvant une spectaculaire hausse de la narcolepsie provoquée par le vaccin Pandemrix, très largement utilisé contre la grippe H1N1 en 2009. (1)

Le problème avait été signalé par les autorités finlandaises et suédoises dès le mois d'août 2010, qui avaient constaté une multiplication par 13 du risque de narcolepsie chez les enfants et les jeunes vaccinés. (2) Le Pandemrix est un produit de la société pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK).

La narcolepsie est un trouble neurologique dévastateur. Les personnes atteintes peuvent s’effondrer endormies après la moindre émotion, comme par exemple un simple éclat de rire. Peut-on imaginer pareille vie où le fait de rire devient dangereux ? Ce n’est malheureusement pas là le seul symptôme de la narcolepsie. Elle peut également provoquer des hallucinations, des paralysies, des difficultés de concentration, de l’agitation, des difficultés à s’endormir normalement, de terribles cauchemars, de la catalepsie : la personne s'écroule alors qu'elle est en train de vaquer à ses occupations quotidiennes. Les personnes atteintes ne peuvent donc plus faire aucune activité potentiellement dangereuse, y compris conduire une voiture.

Il n’existe aucun remède connu. On administre généralement aux victimes de puissants médicaments pour contrôler les symptômes. Il s’agit notamment d’amphétamines ou de médicaments apparentés comme l’Adderall. Tous ces médicaments peuvent provoquer de graves effets secondaires comme la tachycardie, de la diarrhée, de la nervosité, de la fatigue, des vomissements, de l’anxiété, des palpitations, des tremblements et des épisodes maniaques.

Le déni... puis l'aveu

Devant cette catastrophe sanitaire, il a d'abord été expliqué que la hausse de la narcolepsie observée en Finlande et en Suède était probablement liée à des particularités locales.

D'importantes études furent néanmoins entreprises dans d'autres pays. Et de fait, une étude française coordonnée par le Dr Antoine Pariente, faisant partie d'une série d'études européennes rendues publiques le 20 septembre 2012, évoqua à son tour un risque multiplié par quatre chez les personnes vaccinées de développer une narcolepsie, et ce sur des patients français.

La nouvelle fit quelques entrefilets dans les journaux en septembre dernier, (2) mais, aujourd'hui, c'est le British Medical Journal lui-même qui tire la sonnette d'alarme. Et l'étude sur laquelle il s'appuie, réalisée sur des patients en Grande-Bretagne, fait état d'une hausse plus forte encore qu'en Finlande et en Suède, le risque étant multiplié par 14,4 !

Selon les chercheurs, les cas de narcolepsie provoqués par le Pandemrix devraient se compter par milliers.

Une étude rigoureuse

Les chercheurs ont examiné les dossiers des enfants dont le diagnostic de narcolepsie avait été établi au cours de la période où le vaccin fut administré. Ils se sont procuré les listes des 23 centres spécialisés en narcolepsie auprès de la British Sleep Society et de la British Paediatric Neurology Association. Ils ont fixé des normes strictes pour exclure de l’étude tout enfant dont le diagnostic de narcolepsie n’avait pas été clairement établi.

Des questionnaires furent envoyés aux différents médecins traitants pour s’assurer que ces enfants avaient bien reçu le vaccin Pandemrix et à quelle date. Ces informations furent comparées aux dates d’apparition des narcolepsies. Ce que ces chercheurs ont trouvé est net :
 
« Cette étude montre une augmentation significative du risque de narcolepsie chez les enfants ayant, en Angleterre, reçu la souche du vaccin pandémique Pandemrix avec l'adjuvant AS03 (squalène). Notre étude a donné un quotient de probabilité de 14.4 (4.3 à 48.5) pour l’analyse primaire. Ces chiffres sont compatibles avec le risque relatif de 13 trouvé en Finlande dans une étude rétrospective (de cohorte). »
 
Leurs résultats indiquent que le Pandemrix a provoqué 14,4 fois plus de cas de narcolepsie que ce à quoi on aurait normalement dû s’attendre !

Une des raisons qui pourrait expliquer que l’augmentation de la narcolepsie n’a pas été notée en Angleterre est le fait que la vaccination Pandemrix chez les enfants n’avait pas été généralisée, alors qu’en Finlande où la tragédie a été rapidement signalée, la couverture vaccinale était généralisée. En Angleterre, la couverture vaccinale générale était de 27,3% ; de 43,9% dans les groupes à risques (les personnes infectées par le H1N1 étaient considérées à haut risque) et de 26,2% pour les enfants qui n’étaient pas à risque.

Des milliers de cas de narcolepsie

Ce qui est maintenant tout à fait clair, c’est que partout dans le monde, le Pandemrix a provoqué des milliers de cas de narcolepsie chez les enfants en l’espace de quelques années.
 
Il n’y a aujourd’hui plus moyen de nier la réalité de ces drames provoqués par un vaccin qui a été imposé aux populations dans la précipitation, après une campagne alarmiste pour une maladie qui était en fait bénigne.

Les chercheurs ont déclaré encore plus explicitement :

« Le risque accru de narcolepsie après une vaccination avec l’adjuvant ASO3 du vaccin pandémique A/H1N1 indique une association causale, conformément aux conclusions de la Finlande. »
 
Il n’y a donc plus moyen d’échapper à la réalité : l’adjuvant ASO3 du Pandemrix provoque la narcolepsie. La question est maintenant de savoir quelles autres maladies auto-immunes risquent d’apparaître au cours des prochaines années à la suite de ce vaccin ?
 
Squalène : l’adjuvant qui détruit des vies

Les chercheurs ont également clarifié le fait que c’était l’adjuvant ASO4 utilisé dans le Pandemrix qui a provoqué la narcolepsie. Nombreuses sont les voix qui ont voulu mettre en garde contre les risques du fait que l’ingrédient actif du ASO4 est le squalène.

Même si le squalène était interdit, le problème des adjuvants dangereux resterait entier. Les chercheurs ont démontré que l’aluminium, un autre adjuvant pour les vaccins, est à l’origine d’une vaste palette d’effets indésirables comme le lupus érythémateux, la myofasciite à macrophages, l’arthrose rhumatoïde, le syndrome des antiphospholipides, ainsi que d’autres troubles gravement débilitants.

Enfin, il y a la nouvelle génération d’adjuvants transgéniques réalisée avec des bactéries qui fabriquent des particules de type antigène. Ces dernières jouant le rôle d’antigènes et d’adjuvants, comportent des risques similaires à ceux du squalène. Ce sont tous des lipides. Depuis des décennies, on sait que l’injection d’un lipide est susceptible de provoquer des maladies auto-immunes. Au cours des premières années d’expérimentation de ces types d’adjuvants, on avait pu déterminer qu’ils étaient trop dangereux pour être utilisés dans les vaccins. En fait, ces adjuvants sont utilisés dans des expérimentations animales pour provoquer des troubles auto-immuns afin de permettre la mise au point de traitements pour les maladies humaines qu’ils répliquent.

Comment est-il possible de prétendre que pareils adjuvants sont sans danger ?
 
Le fait est que la tragédie évoquée ici était tout à fait évitable. Les dangers de l’injection de squalène sont connus depuis des dizaines d’années. Aucune excuse n’existe pour leur utilisation dans les vaccins.

Le prix payé

Ces enfants atteints de narcolepsie sont condamnés à une vie de handicap, en conséquence de la narcolepsie mais aussi des médicaments qui leur seront prescrits contre la narcolepsie. Quand, en outre, on réalise que la maladie contre laquelle ils étaient censés être protégés s’est avérée bénigne, on réalise que la tragédie est totalement inexcusable.

Il devient également très clair que ces enfants auront à souffrir pour le restant de leur vie, sans avoir jamais la chance de jouir pleinement de la vie et cela pour une seule et unique raison : la cupidité. Car les personnes souffrant de narcolepsie suite à l’utilisation du Pandemrix payent en fait le prix fort pour la cupidité de GSK, celle des agences gouvernementales et des médecins.

Jean-Marc Dupuis, d'après un texte de Heidi Stevenson, publié sur http://gaia-health.com/gaia-blog/2013-03-06/swine-flu-vaccine-caused-narcolepsy-in-thousands-bmj-claim/

jeudi, décembre 1 2011

Un supervirus mortel créé à partir de celui de la grippe aviaire

Un groupe de scientifiques menés par le virologue Ron Fouchier vient d'annoncer qu'ils étaient parvenus à créer un supervirus à partir de la souche H5N1 responsable de la grippe aviaire. Fortement contagieux et mortel, ce microorganisme serait capable d'éliminer des millions de personnes.

La nouvelle a créé l'inquiétude et un vif débat dans la communauté scientifique. Depuis peu, un groupe de scientifiques mené par Ron Fouchier un virologue du Centre Medical Erasmus aux Pays-Bas tente de faire publier les travaux qu'ils viennent d'achever. Mais la communauté scientifique est loin de les laisser faire. Le problème : le résultat de leurs travaux. Alors qu'ils menaient des recherches afin de mieux comprendre le virus H5N1 responsable de la grippe aviaire, ceux-ci en sont arrivés à créer un supervirus mortel et encore plus contagieux que le microorganisme originel.

En effet, la souche actuelle de H5N1 a jusqu'à aujourd'hui entrainé la mort d'environ 500 personnes mais elle n'est pas assez contagieuse pour provoquer une pandémie mondiale. Au cours de leur étude, Ron Fouchier et ses collègues ont découvert que cinq mutations génétiques ajoutées au virus étaient suffisantes pour qu'il se propage bien plus facilement. Le virologue a ainsi avoué que l'organisme qu'ils avaient conçu était "l'un des virus les plus dangereux que l'on pouvait créer", cite le Daily Mail. Selon les experts, il serait même tout à fait capable de se répandre et de causer des millions de morts, s'il venait à sortir du laboratoire.

Mais pourquoi créer une telle menace ? Le virologue néerlandais a expliqué que le but de leurs recherches était de préparer l'humanité à l'éventualité qu'un tel supervirus apparaisse dans la nature, afin que les scientifiques entrevoient ainsi un moyen de le combattre et sache comment élaborer un vaccin. Toutefois, les capacités du virus effraient bien plus comparé à cet objectif aussi louable soit-il. Les spécialistes craignent notamment, qu'en publiant leur recette, les chercheurs ne permettent à certains de transformer le virus en arme biologique de destruction massive.

"Comparé à lui, l'anthrax ne fait pas du tout peur"

Avec toutes les informations, il serait alors possible de recréer le virus, théoriquement du moins : "ce n'est vraiment pas difficile, si l'on possède assez d'argent, un certain savoir-faire et un laboratoire moderne", confirme l'immunologue bernois Beda Stadler cité par 20 minutes.ch. "Je ne connais aucun organisme pathogène qui fasse aussi peur que celui-là. Comparé à lui, l'anthrax ne fait pas du tout peur", a confié pour sa part Paul Keim, le président de National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB), organisme qui est justement chargé de relire l'étude que souhaite publier les chercheurs. Toutefois, le NSABB n'est pas en mesure d'interdire la publication, il peut seulement demander aux revues de la refuser.

Expert de la grippe et des défenses biologiques, Michael Osterholm qui est aussi directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy à l'université du Minnesota, reconnait quant à lui que les travaux ont une réelle importance médicale. S'il ne semble donc pas s'opposer à leur publication, il suggère néanmoins que certaines informations soient dissimulées et ne soient dévoilées qu'à ceux qui en ont réellement besoin. "Nous ne voulons pas donner à des personnes malintentionnées une carte routière de comment transformer un microbe mauvais en microbe très mauvais", a t-il ajouté toujours cité par le Daily Mail.

http://www.maxisciences.com/virus-h5n1/un-supervirus-mortel-cree-a-partir-de-celui-de-la-grippe-aviaire_art19097.html



Addendum 8 décembre

"Le virus H5N1 qui vient d’être produit en laboratoire se transmet-il d’homme à homme ? La réponse est catégoriquement non, comme on va le constater en examinant de plus près ces recherches. En fait, le H5N1 se transmet entre animaux par des fluides, principalement des fientes chez les volatiles ou par exemple des rejets pharyngés lors des quelques cas de transmission impliquant d’autres espèces comme le lion. Pour que le virus soit très contagieux chez l’homme, il faut qu’il se propage par voie aérienne et que de plus, il infecte l’homme. Les scientifiques n’ont pas utilisé comme on s’en doute des humains mais le furet, animal de référence dans les études grippales car il réagit comme l’homme face au virus. Fouchier explique qu’il a inoculé le H5N1 a des furets puis a laissé ces animaux se reproduire. Au bout de 10 générations, il a constaté que le virus se transmet entre furets séparés par des cages et donc que le virus a muté pour devenir « airborne », autrement dit transmissible par voie aérienne. 5 gènes ont subi des mutations déjà observées séparément dans les virus naturels. En conclusion, le virus muté est aussi létal pour le furet que le virus d’origine mais il se transmet par voie aérienne et donc, il peut s’infiltrer dès lors qu’un individu respire de l’air contenant les particules virales.

Ce virus bricolé sur le furet pourrait-il se transmettre entre humain ? La réponse donnée par Fouchier ne livre aucune certitude. Juste des suppositions basées sur le constat que les virus grippaux infectant l’homme se transmettent également entre furets et réciproquement. Tout en précisant que dans ce nouveau cas, il n’est pas du tout certain que cela se produirait mais il n’est pas prêt à miser le moindre sou sur cette hypothèse. Ce qui signifie qu’une fois de plus, les journalistes sacrifient au sensationnel en présentant des supputations comme des faits avérés. Parmi les virologues, certains doutent de la possibilité de créer des virus pandémiques en laboratoire, en travaillant sur des modèles animaux, mais ils redoutent plutôt une mutation qui se produirait spontanément dans la nature. En fait, les virologues peuvent analyser les mutations mais ils ne savent pas pourquoi un virus peut devenir contagieux et/ou létal. C’est un peu la loterie naturelle. Pour qu’il soit contagieux, il faut qu’il puisse entrer dans la cellule puis parasiter le système de transcription ou de réplication (si c’est un virus à ARN comme la grippe ou à ADN). Une étroite coopération est requise entre l’envahisseur et son hôte."

Extrait de l'article : http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/un-h5n1-de-laboratoire-qui-105758


mercredi, septembre 15 2010

Grippe A, épilogue : le H1N1 n’aura été dangereux que pour les finances de la Sécurité sociale.

Le H1N1 plus bénin que d’autres grippes

L’infection par la souche H1N1 de la pandémie grippale de 2009 a présenté un risque plus faible de complications graves que d’autres récents virus de la grippe, selon une recherche conduite aux Etats-Unis et publiée aujourd’hui.

Une analyse statistique de cas de grippe dans le Wisconsin (nord) montrent que les personnes ayant été infectées par le virus H1N1 étaient plus jeunes que celles qui ont été contaminées en 2007-2008 par la souche H3N2.

Le risque de complications graves n’a pas été plus grand chez les adultes et les enfants atteint par le virus H1N1 de 2009 comparativement aux souches virales des récentes saisons de grippe, constate le Dr Edward Belongia, de la “Marshfield Clinic Research Foundation”, principal auteur des travaux parus dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Ces chercheurs ont répertorié 545 cas de contamination par le virus pandémique H1N1 de 2009, 221 cas de grippe avec le virus H1N1 de la grippe saisonnière et 632 patients infectés avec le virus H3N2 de la saison grippale 2007/2008. L’âge médian des sujets de l’étude était respectivement de 10, 11 et 25 ans.

Chez les enfants, la grippe pandémique de 2009 avec une souche H1N1 n’a pas provoqué un plus grand nombre d’hospitalisations ou de pneumonies que les souches H1N1 ou H2N2 de la grippe saisonnière. Les hospitalisations dans les trente jours après le début de la grippe ont concerné 1,5% des enfants infectés par la souche pandémique H1N1 de 2009, 3,7% des enfants souffrant de la grippe saisonnière causée par une autre souche H1N1 et 3,1% des enfants atteints de la grippe saisonnière provoquée en 2007/2008 par une souche H3N2.

Parmi les adultes, 4% des personnes infectées par la souche pandémique H1N1 de 2009 ont été hospitalisées, contre 2,3% des personnes infectées par la souche de grippe saisonnière H1N1 et 4,5% des personnes atteintes d’une grippe provoquée par le H3N2.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/07/97001-20100907FILWWW00677-le-h1n1-plus-benin-que-d-autres-grippes.php

 

jeudi, juillet 15 2010

Grippe A: un vaccin élaboré à partir de cellules “cancéreuses” !

Le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un “bioréacteur “à partir de cellules “cancéreuses”, ["cancérisées" serait le terme plus juste] une technique jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.  

 
Grippe A. L’implacable réquisitoire du député Wodarg

Président de la commission santé du Conseil de l’Europe, l’allemand Wolfgang Wodarg a obtenu le lancement d’une enquête de cette instance sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus.
Ex-membre du SPD, Wolfgang Wodarg est médecin et épidémiologiste. Il a obtenu à l’unanimité des membres de la commisionn santé du Conseil de l’Europe une commision d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les états..

Qu’est-ce qui a attiré vos soupçons quant à l’influence des laboratoires sur les décisions prises par les autorités ?

Wolfgang Wodarg. Nous sommes confrontés à un échec des grandes institutions nationales, chargées d’alerter sur les risques et d’y répondre au cas où une pandémie survient. En avril quand la première alarme est venue de Mexico j’ai été très surpris des chiffres qu’avançait l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour justifier de la proclamation d’une pandémie. J’ai eu tout de suite des soupçons : les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé. On en était à même pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez de nouveaux hôtes, l’animal, l’homme etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type « grippal ».
En réalité rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de la pandémie. Avant cette date il fallait non seulement que la maladie éclate dans plusieurs pays à la fois mais aussi qu’elle ait des conséquences très graves avec un nombre de cas mortels au dessus des moyennes habituelles. On a rayé cet aspect dans la nouvelle définition pour ne retenir que le critère du rythme de diffusion de la maladie. Et on a prétendu que le virus était dangereux car les populations n’avaient pas pu développer de défense immunitaires contre lui. Ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que des gens âgés de plus de 60 ans avaient déjà des anticorps. C’est-à-dire qu’ils avaient déjà été en contact avec des virus analogues. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il n’y a pratiquement pas eu de personnes âgées de plus de 60 ans qui aient développé la maladie. C’est pourtant à celles là qu’on a recommandé de se faire vacciner rapidement.
Parmi les faits qui ont suscité mes soupçons il y a donc eu d’un côté cette volonté de sonner l’alerte, et de l’autre des décisions très curieuses. Comme par exemple la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour les vaccins. Ça n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. Il y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers. Il n’existait pourtant aucune raison à ce que l’on n’ajoute pas, comme on le fait chaque années, des particules antivirales spécifiques de ce nouveau virus H1N1, « complétant » les vaccins servant à la grippe saisonnière.
On ne l’a pas fait car on a préféré utiliser des matériaux vaccinales brevetés que les grands laboratoires avaient élaborées et fabriqué pour se tenir prêts en cas de développement d’une pandémie. Et en procédant de cette façon on n’a pas hésité à mettre en danger les personnes vaccinées

Quel danger ?

Wolfgang Wodarg. Pour aller vite dans la mise à disposition des produits on a utilisé des adjuvants dans certains vaccins, dont les effets n’ont pas été suffisamment testés. Autrement dit : on a voulu absolument utiliser ces produits brevetés nouveaux au lieu de mettre au point des vaccins selon des méthodes de fabrication traditionnelles bien plus simples, fiables et moins coûteuses. Il n’y avait aucune raison médicale à cela.Uniquement des raisons de marketing.

Comment a-t-on pu justifier de cela ?

Wolfgang Wodarg. Pour comprendre il faut en revenir à l’épisode de la grippe aviaire de 2005 – 2006. C’est à cette occasion-là qu’ont été définis les nouveaux plans internationaux destinés à faire face à une alarme pandémique. Ces plans ont été élaborés officiellement pour garantir une fabrication rapide de vaccins en cas d’alerte. Cela a donné lieu à une négociation entre les firmes pharmaceutiques et les Etats. D’un côté les labos s’engageaient à se ternir prêts à élaborer les préparations, de l’autre les Etats leur assuraient qu’ils leur achèteraient bien tout cela. Au terme de ce drôle de marché l’industrie pharmaceutique ne prenait aucun risque économique en s’engageant dans les nouvelles fabrications. Et elle était assurée de toucher le jack pot en cas de déclenchement d’une pandémie.

Vous contestez les diagnostics établis et la gravité, même potentielle, de la grippe A ?

Wolfgang Wodarg. Oui, c’est une grippe tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décés occasionnés par la grippe saisonnière classique. Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie.

Ce sont de très graves accusations que vous portez là. Comment un tel processus a-t-il été rendu possible au sein de l’OMS ?

Wolfgang Wodarg. Un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique.

• L’enquête du conseil de l’Europe va travailler aussi dans cette direction ?

Wolfgang Wodarg. Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre cette formidable opération d’intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s’est exercé précisément l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la prise de décision. Et nous devons enfin présenter des revendications aux gouvernements. L’objectif de la commission d’enquête est qu’il n’y ait plus à l’avenir de fausses alertes de ce genre. Que la population puisse se reposer sur l’analyse, l’expertise des instituions publiques nationales et internationales. Celles ci sont aujourd’hui discréditées car des millions de personnes ont été vaccinés avec des produits présentant d’éventuelles risques pour leur santé. Cela n’était pas nécessaire. Tout cela a débouché aussi sur une gabegie d’argent public considérable.

Avez-vous des chiffres concrets sur l’ampleur de cette gabegie ?

Wolfgang Wodarg. En Allemagne ce sont 700 millions d’euros. Mais il est très difficile de connaître les chiffres précis car on parle maintenant d’un côté de reventes de vaccins à des pays étrangers et surtout les firmes ne communiquent pas, au nom du principe du respect du « secret des affaires » les chiffres des contrats passés avec les Etats et les éventuelles clauses de dédommagements qui y figurent.

Le travail de « lobying » des labos sur les instituts de santé nationaux sera-t-il aussi traité par l’enquête du conseil de l’Europe ?

Wolfgang Wodarg. Oui nous nous pencherons sur l’attitude des instituts comme le Robert Koch en Allemagne ou Pasteur en France qui aurait dû en réalité conseiller leurs gouvernements de façon critique. Dans certains pays des institutions l’ont fait. En Finlande ou en Pologne, par exemple, des voix critiques se sont élevées pour dire : « nous n’avons pas besoin de cela ».

La formidable opération d’intox planétaire n’a-t-elle pas été possible aussi parce que l’industrie pharmaceutique avait « ses représentants » jusque dans les gouvernements des pays les plus puissants ? [Comme Madame Bachelot en France]

Wolgang Wodarg. Dans les ministères cela me paraît évident. Je ne peux pas m’expliquer comment des spécialistes , des gens très intelligents qui connaissent par coeur la problématique des maladies grippales, n’aient pas remarqué ce qui était en train de se produire.

Que s’est-il passé alors ?

Wolfgang Wodarg. Sans aller jusqu’à la corruption directe qui j’en suis certain existe, il y a eu mille manières pour les labos d’exercer leur influence sur les décisions. J’ai pu constater très concrètement par exemple comment Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis. Et des liens semblables existent entre Glaxo ou Baxter (etc) et des membres influents de l’OMS. Ces grandes firmes ont « leurs gens » dans les appareils et se débrouillent ensuite pour que les bonnes décisions politiques soient prises. C’est à dire celles qui leur permettent de pomper le maximum d’argent des contribuables.

Mais si votre enquête aboutit, ne sera-t-elle pas un appui pour les citoyens d’exiger de leurs gouvernements qu’ils demandent des comptes à ces grands groupes ?

Wolfgang Wodarg. Oui, vous avez raison, c’est l’un des grands enjeux lié à cette enquête. Les états pourraient en effet se saisir de cela pour contester des contrats passés dans des conditions, disons, pas très propres. S’il peut être prouvé que c’est la prise d’influence des firmes qui a conduit au déclenchement du processus alors ils faudra les pousser à ce qu’ils demandent à être remboursés. Mais ça c’est uniquement le côté financier, il y a aussi le côté humain, celui des personnes qui ont été vaccinés avec des produits qui ont été insuffisamment testés.

Quels risques ont donc pris, sans le savoir, toutes ces personnes en bonne santé qui se sont faites vacciner ?

Wolfgang Wodarg. Je le répète les vaccins ont été élaborés trop rapidement, certains adjuvants insuffisamment testés. Mais il y a plus grave : le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un bioréacteur à partir de cellules cancéreuses. Une technique qui n’avait jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.

• Comment peut-on prétendre fabriquer un vaccin à partir de cellules malades ?

Wolfgang Wodarg. Normalement on utilise des œufs de poules sur lesquels les virus sont cultivés. On a besoin en effet de travailler sur des cellules vivantes. Car les virus ne peuvent se multiplier que de cette manière et donc, par définition, les préparations antivirus qui vont avec. Mais ce procédé présente un gros défaut, il est lent, il nécessite un grand nombre d’œufs, et il est long et complexe sur le plan technique.
Une autre technique au potentiel remarquable consiste à cultiver les virus sur des cellules vivantes dans des bio-réacteurs. Pour cela il faut des cellules qui croissent et se divisent très vite. C’est un peu le procédé que l’on utilise pour la culture du yaourt que l’on réalise d’ailleurs aussi dans un bio-réacteur. mais dans ce contexte la cellule a été à ce tel point malmenée dans son environnement et sa croissance qu’elle croit et se comporte comme une cellule cancéreuse.
Et c’est sur ces cellules au rendement très élevé que l’on cultive les virus. Seulement pour fabriquer le vaccin il faut extraire à nouveau les virus de ces cellules sur lesquelles ils ont été implantés. Et il peut donc se produire que durant le processus de fabrication du vaccin des restes de cellule cancéreuse demeurent dans la préparation. Comme cela se produit dans la fabrication classique avec les oeufs. On sait ainsi que dans le cas d’une vaccination de la grippe classique des effets secondaires peuvent apparaître chez les personnes qui sont allergiques à l’ovalbumine que l’on trouve dans le blanc d’oeuf.
Il ne peut donc pas être exclu que des protéïnes, restes d’une cellule cancéreuse présentes dans un vaccin fabriqué par bio-réacteur, n’engendre une tumeur sur la personne vaccinée. Selon un vrai principe de précaution il faudrait donc, avant qu’un tel produit ne soit autorisé sur le marché, avoir la certitude à 100% que de tels effets sont réellement exclus.

Et cela n’a pas été fait ?

Wolfgang Wodarg. Non. L’AME ( Agence Européenne du Médicament), une institution sous la responsabilité du commissaire européen à l’économie, basée à Londres, qui donne les autorisations de mise sur le marché des vaccins en Europe, a donné son feu vert à la commercialisation de ce produit en arguant, en l’occurrence, que ce mode de fabrication ne constituait pas un risque « significatif ».
Cela a été très différemment apprécié par de nombreux spécialistes ici en Allemagne et une institution indépendante sur le médicament, qui ont au contraire alerté et fait part de leurs objections. J’ai pris ces avertissements au sérieux. J’ai étudié le dossier et suis intervenu dans le cadre de la commission santé du Bundestag dont j’étais alors membre pour que le vaccin ne soit pas utilisé en Allemagne. J’ai fait savoir que je n’étais certainement pas opposé à l’élaboration de vaccins avec cette technique. Mais qu’il fallait d’abord avoir une garantie totale d’innocuité. Le produit n’a donc pas été utilisé en Allemagne où le gouvernement a résilié le contrat avec novartis.

Quel est le nom de ce vaccin ?

Wolfgang Wogart. Obta flu.

Mais cela veut dire que dans d’autres pays européens comme la France le produit peut être commercialisé sans problème ?

Wolfgang Wogart. Oui , il a obtenu l’autorisation de l’AME et peut donc être utilisé partout dans l’Union Européenne.

Quelle alternative entendez-vous promouvoir pour que l’on échappe à d’autres scandales de ce genre ?

Wolfgang Wogart. Il faudrait que l’OMS soit plus transparente, que l’on sache clairement qui décide et quelle type de relation existe entre les participants dans l’organisation. Il conviendrait aussi qu’elle soit au moins flanquée d’une chambre d’élue, capable de réagir de façon très critique où chacun puisse s’exprimer. Ce renforcement du contrôle par le public est indispensable.

N’est-ce pas la question de trouver d’autres moyens de production des vaccins qui se pose ici avec acuité ?   

Wolfgang Wodarg. Pouvons nous encore laisser la production de vaccins et la conduite de ces productions à des organisations dont l’objectif est de gagner le plus possible d’argent ? Ou bien la production de vaccins n’est-elle pas quelque chose du domaine par excellence , que les Etats doivent contrôler et mettre en œuvre eux même ? C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut abandonner le système des brevets sur les vaccins. C’est à dire la possibilité d’une monopolisation de la production de vaccin par un rand groupe. Car cette possibilité suppose que l’on sacrifie des milliers de vies humaines, simplement au nom du respect de ces droits monopolistiques. Vous avez raison , cette revendication là a pris en tout cas pour moi l’aspect de l’évidence.

Entretien réalisé par Bruno Odent

Source : http://www.humanite.fr/2010-01-07_Societe_Grippe-A-L-implacable-requisitoire-du-depute-Wodarg

mercredi, mars 31 2010

Le laboratoire P4 de Lyon tente de croiser les virus H1N1 et H5N1

Au sein du P4, un laboratoire de sécurité maximale, une expérience en cours s’efforce de déterminer les conditions d’hybridation des deux virus. Le premier se propage vite mais tue peu, le second est peu contagieux mais souvent mortel.

Depuis trois semaines, le P4 de Lyon a interrompu toutes ses autres manipulations. Ce laboratoire de sécurité maximale – il n’en existe qu’un en France et une vingtaine dans le monde – se concentre actuellement sur une expérience à haut risque : des tentatives de croisement entre le nouveau virus H1N1 et celui de la grippe aviaire, le H5N1. Le premier se propage beaucoup et tue peu, le second se propage peu et tue beaucoup. Une hybridation des deux serait calamiteuse.

« On essaie de comprendre, en infectant une cellule avec ces deux virus, quels sont les déterminants génétiques qui leur permettraient d’échanger leurs gènes (notamment chez le cochon NDLR) » résume le virologue Bruno Lina, qui dirige les travaux sur la grippe A pour ce laboratoire Inserm. Trois biologistes de son équipe ont été détachés pour effectuer ces tests décidés et avalisés au niveau ministériel. Pourvus de passeports spécifiques, ils sont assistés par une demi-douzaine de techniciens attachés au site. « Toutes les manipulations se font en scaphandre et obéissent à des règlements très contraignants » assure Bruno Lina.

Si l’expérience est bien liée au Centre national de référence des virus de la grippe, que ce dernier dirige, sa finalité ne serait, selon lui, pas d’aboutir à un vaccin, mais juste « cognitive ».   En effet,  pourquoi fabriquer un vaccin contre un virus qui n’existe pas ? 

Ou pas encore…

Les premiers résultats ne tomberont pas avant deux mois et décideront de la suite à donner à cette opération au budget (provisoire) de 200 000 euros. Pour l’heure, « on a fait quelques essais, mais on n’a obtenu que des résultats très préliminaires » poursuit le virologue. S’il est trop tôt pour en déduire quoi que ce soit quant à la probabilité de l’apparition d’un tel monstre viral, « aujourd’hui, le risque semble faible » confie-t-il. Et de conclure : « C’est une bonne nouvelle ».

Olivier Saison

Source Le Progrès

 

vendredi, janvier 8 2010

Recyclage : la France radioactive ?

Les ministères de l´Ecologie, de la Santé et de l´Economie viennent-ils d’ouvrir la porte au « recyclage » des déchets radioactifs issus de l´industrie nucléaire dans les équipements collectifs ? Du ciment radioactif pourrait ainsi dans l’absolu servir demain à bâtir des logements ou des écoles… Incroyable et bientôt vrai ?!

Faudra-t-il bientôt se munir d´un compteur Geiger pour vérifier le taux de radioactivité que dégageront les murs de votre logement, vos équipements contenant du métal ou les matériaux présents sur votre lieu de travail ? Scénario de science-fiction ? Malheureusement non. Depuis 2002, le Code de la santé publique interdisait l´ajout ou l´utilisation de substances radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction. Toute acquisition et cession de sources radioactives étaient sévèrement encadrées. Ce n´est désormais plus le cas. Le 5 mai 2009, quatre ministères – celui de l´Ecologie, de la Santé, de l´Economie et du Logement – ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à cette interdiction. Le texte est entré en vigueur malgré l´avis défavorable de l´Autorité de sûreté nucléaire.

Cela signifie que demain, si EDF veut se débarrasser de ses gravats faiblement radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne (la première centrale nucléaire française à être démantelée), elle aura la possibilité de les céder ou les vendre à une cimenterie. Celle-ci transformera les gravats en matériaux de construction, qui serviront ensuite à bâtir des bureaux, des logements, des écoles ou des hôpitaux… Idem pour Areva.

Si la multinationale ne sait que faire de fûts en métaux contaminés suite à un transport d´uranium, elle pourra les livrer à une fonderie qui le recyclera dans des produits de grande consommation : outils, véhicules, machines agricoles ou tuyaux (ce qu´avait déjà tenté de faire Areva en 2004 [1]). Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les parures (bijoux), les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux (les emballages par exemple).

Radioactivité lâchée dans la nature

Seuls les déchets radioactifs dits de « très faible activité » (TFA) sont concernés. Il n’empêche. Jusqu´à présent, l´Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entrepose ces déchets dans un centre de stockage situé dans l´Aube (Champagne-Ardenne). Les déchets sont enterrés « à quelques mètres de profondeur dans une roche argileuse », puis le lieu de stockage est ensuite recouvert « d´une couche d´argile compactée pour lui redonner son imperméabilité d´origine ». En cas de recyclage, seuls les acteurs de la filière nucléaire sont habilités à réutiliser du béton ou les gravats contaminés pour leurs installations. Ces précautions disparaissent avec le système de dérogation. Une fois lâchés dans la nature, ces matériaux ne seront plus tracés ni contrôlés.

« Même si ces déchets TFA sont dilués dans d´autres matériaux, cela va augmenter le bruit de fond de la radioactivité. Faible niveau de risque ne signifie pas absence de risque », explique Corinne Castanier, directrice de la Commission de recherche et d´information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Contrôler les rayonnements radioactifs coûte cher et même très cher. Les entreprises qui recycleront ces matériaux auront donc tendance à ne procéder qu´à des vérifications partielles sur des échantillons de ciment ou de ferraille « dilués ». Ce qui augmentera la possibilité de laisser passer un parpaing ou une tôle beaucoup plus radioactive.

Multiplications des risques de cancer ?!

Corinne Castanier ne comprend pas pourquoi le gouvernement a pris une décision potentiellement lourde de conséquences pour la santé des populations, à l´heure où les pouvoirs publics cherchent, dans le cadre du « plan cancer », à diminuer l´exposition des populations à la radioactivité naturelle ? (Notamment le radon qui favorise les cancers pulmonaires selon l´Organisation mondiale de la santé) En rendant possible l´ajout de substances radioactives dans des biens et des matériaux destinés au grand public, le système de dérogation risque bien d´augmenter la radioactivité artificielle, et les risques de cancer. « Seuls les industriels y trouvent un intérêt. Au lieu de stocker ces déchets, ce qui coûte cher, ils pourront s´en débarrasser tout en récupérant de l´argent. » Avec le démantèlement progressif des centrales nucléaires vieillissantes, le volume des déchets radioactifs sera multiplié par trois d´ici 2020, selon les prévisions de l´Andra.

Ce retour en arrière est d´autant plus incompréhensible que l´on cherche à réparer les erreurs commises depuis un demi-siècle. Jusqu´en 1986, 50 000 paratonnerres radioactifs ont été disséminés dans toute la France [2], plus sept millions de détecteurs de fumée contenant de l´américium 241 [3], radioactif pendant 433 ans ! « Nous sommes en train de courir pour retrouver les objets radioactifs disséminés sur tout le territoire et le gouvernement rouvre la porte à des dérogations. Il faut tirer les leçons de ces années-là ! », assène la directrice de la Criirad. L´interdiction, en 2002, d´ajouter ou d´utiliser des substances radioactives dans des matériaux ou des biens de grande consommation avait été obtenue après un long travail de la Criirad et des associations de consommateurs, comme l´UFC Que choisir.

Avant cette réglementation, presque tout était permis. Ainsi Saint-Gobain avait introduit des déchets radioactifs dans la fabrication de sa laine de verre (Isover) multipliant par vingt les rayonnements. Ou la Cogema (devenue Areva) qui avait ajouté de l´uranium appauvri dans la poudre d´émail jaune destinée à la fabrication de bijoux. « Si demain la législation autorise l´addition de substances radioactives, il s´agira de modes de fabrication standard. Ce ne sont plus seulement la laine de verre et les émaux qui seront radioactifs, mais le ciment, le béton, l´acier, les pièces métalliques, le carrelage, les appareils ménagers, les ustensiles quotidiens… On peut légitimement s´inquiéter car le risque est bien réel. Le démantèlement des installations nucléaires va générer 15 millions de tonnes de déchets », s´inquiétait alors l´UFC Que choisir. Tout est désormais à refaire.

Recours juridique et responsabilité politique

La Criirad a d´abord adressé un recours au Conseil d´Etat pour faire annuler l’arrêté sur la base de ses « anomalies juridiques ». En cause : les modalités d´information des consommateurs. Celles-ci restent à la discrétion des industriels qui se garderont bien de mettre le logo spécifique aux matériaux radioactifs sur les emballages ! On ne peut faire plus laxiste. Or, c´est aux ministères concernés de définir ces modalités d´information. Ensuite, une telle décision concernant le Code de la santé publique ne peut être prise que par décret, signé directement par les ministres. Mais seuls les chefs de service des administrations concernées ont apposé leur signature au bas de l´arrêté.

L´association a adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 novembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d´un texte, pris en leur nom » et pour qu´ils l´annulent. Plus de 7 000 cartes pétitions ont également été envoyées par des citoyens. Après deux mois de silence gouvernemental, Corinne Castanier sera reçue le 11 janvier au ministère de l´Ecologie. « Ils ne pourront pas dire qu´ils ne sont pas au courant ». Si rien ne bouge, la campagne pour l´annulation de l´arrêté se durcira, avec l´entrée en lice des associations de consommateurs.

Ivan du Roy

Notes

Le Tribunal administratif de Lyon avait à l’époque annulé l’autorisation délivrée par le Préfet de la Loire pour un tel projet. L’entreprise Socatri (Areva) et une fonderie (Feursmetal) envisageaient de procéder à la fusion de 550 tonnes de ferraille contaminée provenant du site du Tricastin pour fabriquer des pièces en acier moulé destinées au domaine public.

Ces paratonnerres sont équipés de sources de radium 226 (période radioactive de 1 600 ans) ou, plus rarement, d’américium 241 (période radioactive de 433 ans). Dans les deux cas, il s’agit de radionucléides émetteurs alpha de très forte radiotoxicité et l’activité des sources est élevée (de plusieurs millions à près d’un milliard de becquerels). L’Andra n’en a récupéré qu’un quart.

Les professionnels estiment que 35% seulement de ces appareils sont sous contrats de maintenance. Pour les autres – environ 4,5 millions – la récupération sera beaucoup plus difficile, d’autant plus qu’aucune garantie financière n’a été mise en place. Sur la base d’une période de 433 ans et partant d’une activité de 30 000 Bq, il faudra attendre environ 2 000 ans pour que l’activité soit réduite à 1 000 Bq ; environ 5 000 ans pour atteindre 10 Bq et plus de 6 000 ans pour une activité résiduelle d’1 Bq. L’Union européenne recommande une norme de 200 bq/m3 dans les maisons neuves.

Source : http://www.bastamag.net/spip.php?auteur2 

mercredi, décembre 16 2009

La Pologne face à la vaccination contre la grippe AH1N1

Le gouvernement polonais refuse pour l’instant d’acheter les vaccins arguant que les sociétés qui les produisent refusent d’engager leur responsabilité juridique en cas d’effets secondaires.*

Discours prononcé le 5 novembre 2009 par la ministre polonaise de la santé, le docteur Ewa Kopacz, devant le parlement.

 "Je voudrais dire que ma priorité pendant mes 20 ans de pratique de médecine générale a été d’abord ne pas nuire. J’ai toujours à l’esprit ce principe en tant que Ministre de la Santé. Dans ma pratique, quand je recommandais un médicament à qui que ce soit, je crois comme chaque praticien le ferait, je me posais simplement la question : Est-ce que je préconiserais cela pour ma vieille maman, pour mon enfant ? Ce type de pensée est révélateur de toute la prudence que je dois avoir, des vérifications et des garanties dont je dois m’assurer en tant que Ministre de la Santé avant de préconiser un médicament à chaque citoyen polonais, à des millions de polonais qui n’ont pas de formation médicale qu’un ministre ou un expert peut avoir comme le professeur Brydack par exemple qui a, en tant qu’expert, travaillé pendant plus de 40 ans sur la grippe.

Il travaille dans un des 189 centres de recherche sur la grippe dans le monde, un de ces centres se trouvant en Pologne. Pouvons-nous aujourd’hui être accusés d’un manque de connaissances sur la grippe ? Pouvons-nous remettre en question l’opinion d’un professeur qui travaille sur la grippe depuis plus de 40 ans et pas seulement sur un seul type de grippe ? Quelqu’un qui a publié des centaines d’articles sur le sujet ? Je me pose seulement une question fondamentale : voulons-nous combattre la grippe pandémique ? Aujourd’hui, nous savons la teneur des différentes clauses des contrats que d’autres, beaucoup de gouvernements de pays riches, ont signé avec les fabricants de vaccins. Nous savons aussi ce qui a été proposé à l’état polonais. Suite aux négociations en cours, je ne peux pas tout dire aujourd’hui mais je peux dire une chose : notre département juridique a trouvé au moins 20 points douteux dans le contrat. Or, quel est le devoir du Ministre de la Santé ? Signer des contrats qui sont dans le meilleur intérêt des polonais ou bien signer des contrats qui sont dans le meilleur intérêt des compagnies pharmaceutiques ? Je sais qu’il y a 3 vaccins disponibles sur le marché aujourd’hui, de 3 producteurs différents. Chacun a une quantité de substance active différente et, étrangement, ils sont tous jugés équivalents ? N’est-ce pas suffisamment étrange pour que le Ministre de la Santé et les experts aient au minimum de légers doutes à ce sujet ?

Peut-être, si ça se trouve, le produit avec très peu de substances actives n’est juste qu’une « eau miraculeuse » que nous supposons pouvoir agir sur la grippe ? Sommes-nous supposés payer pour cela ? Nous avons l’exemple de l’Allemagne qui a acheté 50 millions de doses, seulement 10% ont été utilisées jusqu’ici. 13% des Allemands sont disposés à accepter ce « remède miracle » aujourd’hui. Mais c’est vraiment peu parce qu’en Allemagne, il y a un grand pourcentage de gens favorables à la vaccination. Ainsi, en Pologne, sur 1000 personnes, 52 personnes feront le vaccin antigrippal (classique) alors qu’en Allemagne, ils sont 238 pour 1000 (23%) Donc, qu’est-ce qui fait que seulement 10% des Allemands veulent se faire vacciner contre la grippe porcine et pas 23% de la population comme pour la grippe saisonnière ? Leur gouvernement achète ces vaccins et les leur propose gratuitement et les gens ne les veulent pas ? Comment cela se fait-il ? Est-ce que ces faits peuvent nous donner des arrière pensées concernant le fait d’acheter ou non ces vaccins ? Des arrières pensées concernant le fait d’introduire un médicament qui serait une sorte de médicament secret ? Il y a des sites Internet sur lesquels les fabricants de vaccins ont l’obligation de publier les effets secondaires inattendus des vaccins. La vaccination en Europe a commencé le 1er octobre 2009. Je voudrais que vous visitiez n’importe lequel de ces sites et que vous me trouviez un seul de ces effets secondaires inattendus, ne serait-ce qu’une réaction dermatologique généralisée, ce qui peut arriver même avec des médicaments sûrs. Il n’y en a aucun sur ces sites internet. Un médicament « parfait ».

Et puisque c’est si miraculeux, pourquoi la firme productrice ne veut pas introduire son produit sur le marché en acceptant d’assumer la responsabilité de celui-ci ? Pourquoi ne disent-ils pas : c’est un produit merveilleusement sûr c’est pourquoi nous prenons la responsabilité de celui-ci, nous allons le mettre sur le marché et tout est clair et transparent plutôt que de mettre la pression sur nous, les acheteurs ? Nous n’avons pas les résultats de tests cliniques, pas de détails sur les composants et pas d’informations sur les effets secondaires. Les vaccins en sont maintenant à une phase 4 de tests, des tests vraiment très courts et nous ne disposons toujours pas de ces informations. De plus, l’échantillon (de testeurs) était vraiment petit : un type de vaccins a été testé sur seulement 160 volontaires âgés de 20 à 60 ans, tous sains, pas infectés.

Un autre type de vaccin a été testé sur 600 volontaires âgés de 18 à 60 ans, tous bien portants. Est-ce que c’est suffisamment consistant pour nous les médecins présents dans cette salle ? Ce n’est pas suffisant à mes yeux. Je veux être suffisamment sûre avant de recommander cette vaccination. Nous ne sommes pas définitivement hors jeu pour l’achat de vaccins. Pendant le temps des négociations (en cours), nous voulons prendre le temps et l’utiliser à bon escient pour obtenir autant d’informations que possible sur le vaccin. Ensuite, si le comité de lutte anti-pandémique finit par approuver le vaccin, alors nous l’achèterons. En outre, il y a 1 milliard de gens qui font la grippe saisonnière chaque année, 1 million en meurent chaque année. Et c’est le cas non pas depuis 1 an ou 2 mais depuis des années. Est-ce que quelqu’un a déjà annoncé une pandémie de grippe saisonnière quelque part dans le monde ? Et pourtant la grippe saisonnière est bien plus dangereuse que la grippe porcine. Il y a même des décès et de graves complications. Y a-t-il eu la moindre pandémie (de grippe saisonnière) qui ait été annoncée?

Dès lors, à celui qui me pousse à acheter des vaccins (contre la grippe pandémique), je vous demande : Pourquoi n’avez-vous pas crié ou pleuré pour qu’on en achète l’année dernière, il y a 2 ans et en 2003. En 2003, il y a eu 1, 2 millions de Polonais qui ont fait la grippe saisonnière ! Est-ce que quiconque dans cette salle a alors crié « achetons des vaccins pour tout le monde ! » ? Je ne me rappelle pas de cela. Et, en conclusion, je voudrais dire seulement une chose : la nation polonaise a beaucoup de sagesse. Les Polonais savent distinguer la vérité du mensonge très précisément. Ils peuvent aussi déterminer ce qui constitue une situation objective et ce qui n’est qu’un jeu."

Traduction :http://initiative.citoyenne.over-blog.com/article-la-pologne-refuse-les-vaccins-h1n1-39381434.html

* http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/11/06/01011-20091106FILWWW00529-la-pologne-refuse-les-vaccins-h1n1.php

 

dimanche, décembre 13 2009

Grippe H1N1, le feuilleton !

Tous sous Tamiflu…

Indépendamment des effets indésirables, bien connus et fréquents du Tamiflu ?

Un communiqué du ministère de la santé en date du 10/12/2009 préconise aux médecins de prescrire systématiquement un traitement antiviral (Tamiflu notamment) à tous les patients porteurs d’un syndrome grippal ! Une recommandation plus que surprenante voire dangereuse… Alors que la mortalité annuelle de la grippe saisonnière est classiquement estimée à 1 décès pour mille cas, celle du H1N1 est évaluée, tous pays confondus, à 26 décès pour 100 000 sujets contaminés et 4 décès pour 1 million de cas pour les patients sans facteur de risque…

Un communiqué du ministère de la santé en date du 10/12/2009 [1] préconise aux médecins de prescrire systématiquement un traitement antiviral (Tamiflu notamment) à tous les patients porteur d’un syndrome grippal ! Le même communiqué indique également que les réserves nationales en anti-viraux vont être mis à disposition des officines à compter du 21 Décembre. Cette information a été relayée, avec effet d’application immédiat, par le système d’alerte par mail “DGS-urgent” de la direction générale de la santé, information que tous les professionnels de santé inscrits ont donc reçu. Ceci donne indéniablement un caractère d’importance et d’urgence sans équivoque à cette recommandation…

En tant que médecin généraliste, concerné en première ligne par cette “recommandation”, je suis tout d’abord surpris que cette incitation à la prescription massive d’antiviral (Tamiflu notamment) ne soit accompagnée d’aucune argumentation objectivant une gravité particulière de la grippe H1N1 actuellement en circulation en France qui pourrait remettre en cause l’indication usuelle du traitement par antiviral d’un syndrome grippal, traitement réservé habituellement aux contre-indications vaccinales et aux patients à risques.

On pourra à ce sujet se reporter à l’avis de la revue spécialisée Prescrire, revue indépendante de tout financement de l’industrie pharmaceutique, et qui précise au vu des données actuellement disponibles : “Prendre en compte les effets indésirables, les incertitudes diagnostiques et les incertitudes sur l’efficacité incite à réserver les antiviraux aux patients à risque élévé de complication grave, ayant été en contact étroit avec une personne apparemment contagieuse d’une grippe H1N1 confirmée, ou très probable car dans la période du pic épidémique”(Revue Prescrire, Novembre 2009, n°313, p. 849). Et de rappeler les effets indésirables bien connus et fréquents du Tamiflu, notamment les nausées-vômissements dans 30% des cas ainsi que certains effets parfois graves. Remettre en cause cette attitude de prescription rationnelle et argumentée ne pourrait se concevoir qu’en présence d’éléments nouveaux objectifs qui ne nous sont pas précisés par le communiqué du ministère de la santé : tout au plus un vague “avis d’expert” est évoqué pour justifier la décision…

Cette recommandation est d’autant plus surprenante qu’une étude britannique disponible le 11/12/2009 vient montrer que la gravité, en terme de mortalité, de la grippe H1N1 n’est pas au rendez-vous, et heureusement ! La mortalité globale est estimée par cette étude à 26 décès pour 100 000 patients [2]

La situation en France serait-elle tellement plus grave qu’une prescription massive d’antiviraux se justifierait ? Les chiffres disponibles à ce jour semblent au contraire confirmer une gravité somme toute modérée de la grippe H1N1 actuellement en circulation. En se basant sur les informations fournies par le site de l’Institut de Veille Sanitaire [3] en date du 8 /12/ 2009 (sachant que 126 décès sont rapportés à la grippe H1N1 et qu’il y a approximativement près de 4,5 millions de cas, on peut grossièrement estimer la mortalité de la grippe H1N1 à 1 décès pour près de 36 000 cas (pour mémoire, la mortalité annuelle de la grippe saisonnière est classiquement estimée à 1 décès pour mille cas).

Si l’on se réfère aux cas de patients sans facteurs de risques, le nombre de décès est évalué à 20, soit 1 cas pour 250 000 cas de grippe environ, autrement dit 4 décès pour 1 million de cas, ce qui est encore trop, certes… mais qui d’un point de vue purement médical ne justifie certainement pas de mettre tous les patients grippés sous Tamiflu… au vu des risques pris en terme d’effets indésirables ! Des vomissements par exemple, effets indésirable très fréquent (20%) du Tamiflu, çà peut donner une hypokaliémie et donc des troubles du rythme cardiaque, ou encore une déshydratation, etc… ! On remplace un mal incertain par beaucoup d’autres maux plus immédiatement potentiels…

Cette recommandation surprend également en raison de la tendance à l’accalmie de la grippe H1N1 observée en France et évoquée par plusieurs indicateurs, notamment le bulletin de l’INVS déjà cité du 8 décembre 2009 qui indique que ” à l’hôpital, la diminution du nombre de passages aux urgences pour grippe se poursuit”. C’est un très bon marqueur de la gravité de la grippe sur le terrain et un signal fort d’une décrue débutante. L’hypothèse d’une “seconde vague” invoquée ici ou là, est également peu probable au vu de l’observation du déroulement des épidémies grippales H1N1 dans les pays où elle est déjà terminée. La durée observée de l’épisode a oscillé entre 6 à 10 semaines selon les pays. Ces informations sont là encore disponibles sur le site de l’INVS dans une note en date du 25 septembre 2009 sur la “sévérité de la grippe H1N1 2009 dans le Monde”.[5]
Mais le plus inquiétant, c’est que cette recommandation de prescription massive d’antiviraux, qui ne semble pas objectivement justifiée à ce stade comme nous venons de le voir, pourrait avoir deux effets dramatiques à moyen voire court terme.

Tout d’abord, traiter massivement par antiviraux à grande échelle crée les conditions pour qu’une souche virale H1N1 résistante aux antiviraux disponibles émerge et se mette à circuler. Ce n’est pas de la science-fiction puisque des cas de résistance au antiviraux sont rapportés d’ores et déjà par l’INVS en France. Et ce n’est pas être catastrophiste que d’annoncer cela : c’est du simple bon sens “biologique”. Si l’on soumet massivement une population bactérienne aux antibiotiques par exemple, la “sélection artificielle” qui en découle fait émerger les souches résistantes. Il n’y a aucune raison de penser qu’un tel phénomène ne se produirait pas avec le virus H1N1, bien au contraire. En tout cas, prendre un tel risque semble démesuré par rapport à la situation actuelle qui semble tout de même assez bien maîtrisée en termes de gravité et de mortalité.

Enfin, il serait dramatique de se tromper de pandémie… et de mobiliser les stocks nationaux d’antiviraux sur une grippe dont la gravité reste somme toute modeste, ce qui conduirait à ne plus avoir de réserves suffisantes pour faire face à une éventuelle nouvelle pandémie nettement plus agressive. Je pense que n’importe quel stratège serait d’accord pour dire qu’il ne faut pas engager toutes ses forces dans la bataille au risque de découvrir ses arrières…

Que le ministère de la santé n’ait pas voulu s’appuyer sur l’expertise de “simples médecins généralistes” (mis à l’écart tout simplement…) pour faire face à cette crise sanitaire est en soi surprenant… Que ce même ministère de la santé incite les médecins à avoir un comportement de prescripteur inadapté à la situation actuelle est un nouveau désavoeu de leur capacité d’analyse… Tout ceci serait risible s’il ne conduisait à une situation potentiellement dramatique…

1-  http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/nouvelles-recommandations-sur-la-prise-en-charge-des-patients-grippes-10-decembre-2009.html

2- http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/10/01011-20091210FILWWW00760-h1n1-mortalite-moindre-que-prevu.php

3- http://www.invs.sante.fr/

 4-http://www.invs.sante.fr/display/?doc=surveillance/grippe_dossier/points_h1n1/grippe_A_h1n1_081209/index.html

 5- http://www.invs.sante.fr/international/notes/ah1n1_monde_250909.pdf

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/grippe-h1n1-tous-sous-tamiflu-66580

 

mardi, décembre 1 2009

La vaccination massive contre la grippe AH1N1, inutile voire néfaste ?!

 La vaccination massive des populations à l’aide de vaccins contenant des antigènes viraux, combinée à la circulation des virus grippaux saisonniers ainsi qu’aux traitements antiviraux mutagènes, serait, dans l’absolu, susceptible de contribuer au déclenchement d’une pandémie réellement gravissime ; celle-là même qu’elle est censée combattre et dont elle serait, au final, l’une des causes principales !

La campagne de vaccination massive de la population française a mal commencé. La première semaine bien peu ne se pressaient dans les centres mis en place par les services publics de santé. Un échec mis aussitôt sur le compte d’une « mauvaise communication » du Ministère de la Santé et des Sports.

Mauvaise communication que la Ministre Roselyne Bachelot [1] s’est employée à corriger bien vite (les enjeux, à commencer financiers, étant à la mesure du zèle déployé par les autorités sanitaires) en appelant à la rescousse une supposée peste pulmonaire qui ravagerait actuellement l’Ukraine, cela à grand renfort d’images de poumons liquéfiés, noirs de suie, d’alvéoles sanguinolentes…

Sans nier de quelque façon que ce soit l’apparition possible de nouvelles formes mutantes de la grippe, reste que les informations, souvent contradictoires voire parcellaires livrées à l’opinion par les médias, peuvent être à priori l’objet d’une suspicion légitime, surtout dans l’actuel contexte d’un véritable « commerce de la peur ». Ces « ravages » sont arrivés en effet à point nommé pour justifier une campagne déjà essoufflée avant même d’avoir démarré et l’argument de « la vaccination ou la mort » s’est montré indéniablement productif en balayant les réticences qui ont un temps fait hésiter le plus grand nombre.

D’ailleurs, la ficelle ukrainienne risquant d’être un peu grosse, ce sont deux virus mutants en Suède et en Norvège, puis in fine deux autres cas apparus en France, qui ont été mis au service d’une communication résolument alarmiste. Une mutation qui donnerait lieu à un agent viral peu contagieux mais ciblant les poumons… Le poumon, le poumon vous dis-je… [2]Toujours le poumon renvoyant en écho le spectre de la tuberculose (lequel hante toujours l’Europe avec de nouvelles souches antibiorésistantes) qui au début du XXe siècle faisait encore quelque cent mille morts annuelles en France. Une authentique « peste » pulmonaire, celle-là !

Reste que les dernières mutations, ukrainiennes et scandinaves, n’en ont pas moins été largement manipulées et instrumentées pour susciter l’effet de « panique » requis afin de relancer une campagne « volontaire » de vaccination qu’il convenait de légitimer à posteriori et coûte que coûte. Campagne, répétons-le, d’une ampleur non justifiée par les risques réels liés à la diffusion pandémique de la grippe A moins virulente que l’affection ordinaire car un milliard d’euros valent bien quelques grosses bouffées d’angoisse collective…

Certes, les vaccins réputés efficaces contre le H1N1 sont, à entendre nos gouvernements, toujours efficaces. On s’émerveillera là également du génie des scientifiques capables de créer des parades polyvalentes censées répondre à « toutes » les mutations… On vient également de « découvrir » avec beaucoup de consternation que l’antiviral de synthèse à vocation universelle, le Tamiflu, pour ne pas le nommer, est non seulement inefficace et toxique dans certains cas mais que sa pleine efficacité n’est démontrée que s’il est administré peu avant l’apparition des premiers symptômes… [3] Une gageure difficile à tenir ! Ajoutons qu’au Japon où il a été largement utilisé pendant la crise de la grippe aviaire, le Tamiflu a entraîné des mutations significatives du H5N1 accroissant sa résistance aux anticorps humains. Comme l’ont expliqué des scientifiques s’exprimant dans la revue The Lancet [4], le problème des antiviraux est qu’ils activent la sélection des souches virales les plus résistantes et par conséquent les plus agressives, leur utilisation sujette à caution revenant à tenter d’éteindre un incendie avec un combustible à retardement !

À ce stade, on peut s’interroger une fois de plus sur la pertinence des politiques de prévention adoptées et sur les risques indéniables qui leur sont liées. Risques liés notamment à l’injection de vaccins non testés et à très grande échelle, produits à la hâte et comportant en outre des adjuvants connus comme allergènes. Si la grippe A avait la dangerosité de la grippe aviaire, les risques vaccinaux deviendraient de facto supportables (ou raisonnables) parce qu’inférieur au risque vital induit par l’affection. Cependant, dans le cas présent de la grippe A, les risques d’accidents vaccinaux (dont l’importance et la fréquence ont été délibérément minorés) ne se justifient pas à quelque degré que ce soit.

Une évaluation du risque qui en outre ne tient pas compte des effets ou des réactions à long terme des adjuvants et autres stabilisateurs entrant dans la composition de la mixture vaccinale. Le lien existant entre les métaux lourds, le mercure par exemple, et certaines maladies neurodégénératives – dont le syndrome de Guillain-Barré est un épisode spectaculaire – semble en partie établi. Le recours à des composés métalliques dans les vaccins constitue à ce titre, en soi, un sujet d’interrogation et d’inquiétude.

Des effets secondaires, plus ou moins graves (voire irréversibles), insuffisamment pris en compte pour les vaccins anti-grippe A comme tendrait à le montrer une autorisation administrative de mise sur le marché [AMM] accordée dans la hâte au mépris des procédures en vigueur. [5] Une procédure expéditive donc qui pourrait laisser supposer que les responsables sanitaires institutionnels aient pu craindre qu’à l’occasion de l’épidémie de H1N1 n’intervienne une recombinaison génétique entre le virus aviaire H5N1 particulièrement létal et un virus déjà « adapté » à l’homme et à haute contagiosité.

Mais alors, en régime démocratique, le droit fondamental à la libre circulation de l’information n’imposait-il pas, dans la transparence, une association librement consentie des populations aux nécessaires politiques de prévention internationales, aussi contraignantes eussent-elles dû être ? Ce qui aurait eu pour avantage certain de couper court aux rumeurs les plus folles (celle, exemplaire, d’un « génocide » planétaire programmé sous couvert de vaccination obligatoire et universelle) ou encore de ne pas creuser davantage le fossé de défiance existant entre pays réels et pays légaux, autrement dit entre les fractions conscientes des peuples et leurs élites dirigeantes.

La recombinaison H1N1/H5N1 aurait en effet constitué une situation d’exception justifiant des mesures à la hauteur du péril… Reste qu’aujourd’hui rien n’est venu alimenter cette hypothèse du pire, que nous sommes toujours dans une situation proche de la normale, c’est-à-dire dans les « normes » de la pandémie annuelle de grippe banale. Notons qu’il n’a jamais été question jusqu’à présent de fermer quelque aéroport que ce soit, ni de mettre une quelconque zone géographique en isolement de quarantaine ! Disposition qui aurait pu être justifiée pour la mégapole de Mexico City réputée avoir été le foyer de diffusion mondial de la pandémie…

Au demeurant le virus aviaire est toujours présent dans son réservoir naturel de prédilection que sont les oiseaux sauvages, mais également dans les élevages asiatiques où se trouvent concentrés des animaux par millions dans des conditions favorisant toutes les mutations imaginables. Des virus à « visages » multiples, endigués mais non éradiqués, cela à coup de vaccinations extensives et d’antibiothérapies massives, toutes deux, elles aussi, éminemment mutagènes. Ajoutons que le H5N1 (très pathogène avons-nous dit puisqu’il détermine un taux de mortalité de 1 sur 3 chez l’homme) est un sous-type de la grippe A qui elle-même associe, dans sa forme H1N1, quatre gènes : 1 aviaire, 1 porcin et 2 humains. Une association improbable que quelques scientifiques soupçonnent d’avoir été produites – accidentellement ou pas – en laboratoire ! [6] Là encore la transparence est loin d’être au rendez-vous.

Or les virus aviaires ont une tendance marquée à connaître en permanence des modifications antigéniques lors de leur réplication chez l’homme ou chez l’animal en raison de leur haut degré d’adaptation à leurs porteurs. Adaptation spécifique qui leur permet d’échapper aux défenses immunitaires de l’hôte, cela d’autant plus dans le cas où l’organisme se trouve momentanément affaibli par une stimulation artificielle de son système immunitaire (vaccination). C’est ce constant phénomène de commutation[7], qui détermine généralement la création de nouvelles souches virales différentes du virus dont elles sont issues et contre lesquelles l’humain n’a pas encore acquis de défenses. Selon toute vraisemblance, les vaccinations sont susceptibles d’amplifier ce phénomène contribuant ainsi à la sélection de souches potentiellement plus dangereuses tout comme un usage inconsidéré des anti-viraux.

Une telle pandémie serait véritablement gravissime, contre laquelle les vaccins actuels n’auraient qu’un pouvoir présomptif, si tant est qu’au final les vaccins inoculés aient une efficacité tangible dans des proportions raisonnables (le vaccin n’est pas systématiquement « opérant », induisant même assez souvent la maladie chez les patients). Un fait confirmé qui rend compte des limites hélas vite atteintes par l’ambitieuse politique anti-grippe de couverture vaccinale de populations entières. Un engouement auquel tous les gouvernements ne souscrivent pas, telle la Pologne qui malgré les pressions déplacées de Bruxelles se refuse à procéder à une vaccination massive jugée « dangereuse » [8]… mais encore de la Russie qui apporte – une fois n’est pas coutume – tout son poids à la Pologne quitte envisager de suspendre son adhésion à l’Organisation mondiale de la santé en raison de collusions trop évidentes entre les intérêts des grands producteurs pharmaceutiques et la panique (très prématurée et par conséquent injustifiée dans les circonstances présentes) déclenchée par l’OMS. [9]

Last but not least, d’autres virus grippaux circulent en ce moment tels les virus de la grippe saisonnière qu’il est quasi impossible de distinguer de celui de la grippe H1N1 sans une coûteuse analyse biologique. Nous avons donc en circulation plusieurs variantes de l’affection de type A, les H5N1, H3N2, H1N1 et autres H2N2 et leurs multiples sous types. Si l’on ajoute à ce cocktail viral les traitements antiviraux usités contre la grippe fortement soupçonnés de favoriser de multiples commutations  en raison de la résistance qu’ils provoquent chez les virus, nous avons finalement une situation qui pourrait s’avérer à terme singulièrement explosive. Car la formation de nouvelles combinaisons génétiques assure un brassage génétique et augmente la possibilité pour une souche de s’adapter à de fréquentes modifications de son environnement. La recombinaison est de sorte l’un des processus essentiels dans la survie des virus, directement proportionnels à leur capacité de mutation c’est-à-dire d’adaptation.

De la même façon, les virus vivants (ceux d’une personne contaminée par une grippe banale) peuvent récupérer le bagage génétique d’un virus mort ou atténué contenu dans un vaccin. Processus qui ouvre théoriquement la voie à une mutation génétique in vivo du virus. Le tout serait, dans ce cas, possiblement favorisé par une relative « désactivation » des défenses immunitaires inhibées par le vaccin lui-même ! Certes, dans la majorité des cas, cette éventuelle commutation ne donne pas forcément une souche plus virulente que la sienne propre… Cependant, plus les différents variants d’un même virus sont proches et infectent un grand nombre d’individus (autrement dit plus il y a de personnes vaccinées), plus la probabilité d’une recombinaison devient grande. Dans certains cas, le résultat de la recombinaison virale peut aboutir à permettre à l’agent pathogène de franchir la barrière des espèces, en l’occurrence de passer de l’animal à l’homme. C’est ici la question pendante, qui se pose de façon lancinante aujourd’hui avec les campagnes de vaccinations de populations entières avec à l’arrière plan la grippe aviaire toujours en embuscade…

La vaccination massive des populations à l’aide de vaccins contenant des antigènes viraux, combinée à la circulation des virus grippaux saisonniers ainsi qu’aux traitements antiviraux mutagènes, serait, dans l’absolu, susceptible de contribuer au déclenchement d’une pandémie réellement gravissime ; celle-là même qu’elle est censée combattre et dont elle serait, au final, l’une des causes principales !

Un risque qui de toute évidence n’a pas été pris en compte, et encore moins calculé, bien qu’il soit connu [10], par des autorités sanitaires internationales et gouvernementales plus enclines à l’application mécanique de procédures techno-bureaucratiques que de décisions authentiquement prospectives et démocratiques !

Le 1 décembre 2009

JM Vernochet


Notes :


1- http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/24/roselyne-bachelot-a-passe-20-ans-au-service-de-l-industrie-p.html

2- Molière – Le malade imaginaire… « Le poumon, le poumon, vous dis-je ».

3-  http://www.amessi.org/DES-ANTIVIRAUX-INEFFICACES-ET

4-  http://www.thelancet.com/H1N1-flu/virology

5-  http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/tag/marc+girard

6-  http://www.mecanopolis.org/?s=grippe

7- Le phénomène de commutation virale, ou recombinaison des virus, est un processus naturel aléatoire, ou artificiellement recréé en laboratoire, qui permet la genèse de nouvelles variétés de virus par l’échange de matériel génétique appartenant à deux virus proches.

8- http://fr.novopress.info/40897/pour-la-pologne-le-vaccin-contre-le-virus-h1n1-est-dangereux/

9-  http://www.theflucase.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2100%3Arussia-could-withdraw-from-who-over-swine-flu-corruption&catid=41%3Ahighlighted-news&Itemid=105&lang=fr

10- Voir à ce sujet, la question écrite au gouvernement de M. François Autain, médecin et sénateur, publiée au Journal officiel du 25 juin de cette année :  http://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090609290.html

mardi, novembre 17 2009

Le jour où il y aura une vraie pandémie !

Claude Timmerman se flatte d’avoir été le premier en France à alerter les médias sur les risques pandémiques extrêmes d’une hybridation des virus grippaux porcins, humains, et aviaires liés à de fortes concentrations d’élevages industriels bourrés d’antibiotiques mutagènes capables de constituer de véritables bombes biologiques.

C’était en 1999, il avait eu connaissance du rapport à l’OMS de 1995 sur la question, et alors il ne s’était trouvé que le journal Libération et ceux de la droite nationale pour avoir la clairvoyance de l’écouter et de passer ses papiers.
 
Inutile de dire qu’il ne partage nullement l’hystérie médiatico - financière qui entoure, voire préside, à l’actuelle campagne de vaccination. Il l’a déjà dit et répété, et un certain nombre de sommités médicales conscientes du problème aussi : ce n’est pas encore la « bonne » souche pandémique pathogène.
 
Il explique que nous avons aujourd’hui à travers les hybridations visibles de type H1N1 une nouvelle souche hybride, depuis six mois considérée comme stable, apparemment aussi contagieuse que totalement bénigne.
 
Elle a la particularité d’être transmissible non seulement d’homme à homme et d’animal à homme, mais surtout de l’homme à l’animal, ce qui est le plus préoccupant, n’est pas souligné et qui constitue le risque majeur !
 
Nous en avons les preuves indiscutables : deux élevages de dindes ont été contaminés au Chili et un élevage porcin a été constaté infecté au Mexique il y a un mois, par les éleveurs !
Donc contamination observée bien après l’émergence de cette souche fin avril dont on a dit avec raison, sans doute après observation, qu’elle n’était pas apparue à la faveur de l’élevage porcin.
 
 Qu’on le veuille ou non, ces élevages multipliés à densité variable sur toute la planète, au moins dans les pays occidentaux et asiatiques, ont la particularité d’être mutagènes de par les antibiotiques (qui ne seraient pas utilisés!) mais qui sont toujours livrés par camionnettes entières selon le témoignage des riverains.

Ils servent non seulement à juguler les infections diverses présentent fatalement dans des élevages aussi denses, mais surtout comme facteurs de croissance et d’appétence : ces élevages ne peuvent s’en passer quoiqu’en disent leurs propagandistes. Il est en effet très difficile de faire prendre du poids à des animaux élevés dans les conditions qui leur sont faites. Il est connu que, comme pour les humains, chez l’animal la capacité de développement et de travail est aussi liée au moral, donc à sa façon de vivre.
 
Il est donc clair que nous avons progressé à pas de géants vers une réelle pandémie, nous avons une souche stable, contagieuse, susceptible d’utiliser tous les élevages comme réservoirs viraux mutagènes grâces aux agents antibiotiques d’où sortira un jour ou l’autre une nouvelle mutation, elle très pathogène. C’est mathématique ! C’est la loi des grands nombres et il y a assez d’élevages potentiels milieux de culture pour l’illustrer.
Le risque majeur aujourd’hui est donc la contamination de ces élevages par l’homme!
 
Dans ces conditions, il se demande pourquoi, au lieu de l’inutile et ridicule tapage que nous voyons autour d’une vaccination de masse qui ne servira à rien, (même si le vaccin est réellement efficace, ce qui est encore à démontrer) les mesures prophylactiques simples ont été soigneusement évitées à commencer par la plus évidente : la vaccination systématique et obligatoire des intervenants, des riverains et de leur famille, de tous ces élevages !
 
Car c’est bien un vecteur humain qui a toutes les chances de transmettre un jour le virus H1N1 à l’élevage d’où sortiront, mutées les souches pandémiques pathogènes graves !
 
Des éleveurs aux vétérinaires, aux chauffeurs des camions d’aliments, des abattoirs ou des stations d’équarrissage, des équipes d’entretien, de leurs familles, etc., tout intervenant en contact répété avec ces élevages et surtout circulant de l’un à l’autre par la nature même de son activité…Curieux que personne ne songe à cet aspect de transmission épidémiologique élémentaire.
 
A croire que dans les instances supérieures de la sphère sanitaire, on le fait exprès !

Claude Timmerman est spécialiste du monde agricole, diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de l’Université et docteur ès-sciences.
 

mardi, novembre 10 2009

Grippe A, plan de vaccination et autres balivernes

Initialement prévue pour commencer le 28 septembre, la campagne gouvernementale française de vaccination contre le virus grippal A(H1N1) débutera le 12 novembre. A quelques jours de cette échéance, il est temps de s’interroger sur le bien fondé d’une réponse sanitaire d’une telle ampleur face à un virus qui n’a pas, jusqu’à présent, fait la preuve d’une dangerosité exceptionnelle.

Apparu au Mexique fin mars, le virus s’est propagé à travers la planète pour parvenir sur notre territoire en août. Nous avons donc le recul de l’expérience dans la partie du monde dans laquelle l’épidémie est en passe de se terminer et nous constatons que cette grippe dans l’hémisphère Sud (où c’était l’hiver, favorable à sa propagation) n’a pas fait plus de victimes que les années précédentes. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’elle fera plus de morts dans les pays plus riches – et donc mieux outillés pour contenir l’épidémie - de l’hémisphère Nord. Il est seulement probable qu’elle fera plus de malades que la grippe banale dans la mesure où, un virus de ce type n’a pas sévit depuis de nombreuses années, et que pour cette raison, l’immunité des populations n’est pas encore acquise.

La grippe saisonnière est une maladie qui n’est d’ailleurs grave que pour les individus déjà fragilisés par d’autres pathologies et pour lesquels elle est susceptible d’entraîner des complications mortelles. Pour la grande majorité des contaminés, elle se guérit le plus souvent toute seule en quelques jours, avec l’aide d’antipérytiques destinés à soulager les épisodes de fièvre les plus élevés, une bonne hydratation et du repos. Elle affecte de façon très variable les individus en fonction de leur « terrain » c’est-à-dire prédispositions génétiques, leur état présent et de leurs antécédents. La grippe A peut en revanche déterminer des victimes parmi les sujets jeunes en fait de la vigueur de leur réponse immunitaire, laquelle est à l’origine des pneumonies mortelles dont il est fait mention ici et là.Ainsi certains malades, qui ont des symptômes grippaux très légers, peuvent être affectés par l’influenza pensant souffrir d’un banal rhume. Comment alors répertorier véritablement tous les réels cas de A(H1N1) dans la mesure où la plupart échapperont à la connaissance des médecins ? Depuis août, ce virus très contagieux a eu le temps de se propager et il est d’ores et déjà plus que probable qu’une partie de la population a ainsi acquis naturellement une immunité et n’a donc plus aucun besoin d’une vaccination si tant est que celle-ci puisse se justifier. Tous les ans à la même saison, la grippe évolue sous forme épidémique et tous les ans elle fait un certain nombre de victimes, tragiques au plan individuel mais anecdotiques au plan collectif comparativement à d’autres maux dont on ne parle pas. A contrario cette année, les médias nous rapportent immanquablement le moindre décès suspecté d’être dû à cette « nouvelle peste », parfois la cause du décès est révisée quelques temps après avec toutefois beaucoup moins de publicité et d’empressement…

Habituellement, les autorités sanitaires n’envisagent de vaccination massive que lorsqu’une maladie induit une forte morbidité sur l‘ensemble de la population ou qu’elle laisse des séquelles invalidantes, ou encore qu’il n’existe pas de traitements ou que ceux-ci sont très lourds. Ce n’est pas le cas de ce virus, et s’il mute devenant ainsi plus dangereux - prévision hypothétique - le vaccin actuel ne sera alors plus adapté pour la nouvelle forme virale et donc parfaitement inutile. Les vaccins des différents laboratoires ont été préparés encore plus hâtivement en cette année d’hystérie grippale que les années précédentes et beaucoup d’experts craignent que ces produits ne rendent plus malade que la grippe elle-même… ou pire, dans certains cas, que les vaccins ne laissent des séquelles neurologiques, notamment, chez les plus jeunes. Le ratio bénéfice/risque de cette vaccination est par conséquent particulièrement discutable. S’il n’est pas possible de prédire l’évolution d’une maladie, il est également impossible de prédire les effets secondaires d’un nouveau vaccin élaboré dans l’urgence et testé, sans autre recul, directement sur l’ensemble de la population. Le discours culpabilisateur largement diffusé : « en vous faisant vacciner, vous protégez les autres », sous-entendant que les non vaccinés mettent en danger les autres, n’est évidemment sans valeur pour une maladie qui, n’a, de toute évidence, aucune gravité repérable à l’heure actuelle.

Vacciner seulement les personnes volontaires à risque certain (ce qui exclue les femmes enceintes) comme tous les ans reste la seule mesure rationnelle à appliquer en l’état actuel de la pandémie si tant est que la vaccination soit véritablement efficace, ce qui reste encore à prouver.

Au total, selon le bilan officiel, la maladie a fait à ce jour 22 morts en France métropolitaine et 27 outremer, et environ 6000 dans le monde. Pour comparer, le nombre de décès de la grippe saisonnière en France est évalué, a posteriori d’après les courbes démographiques lors des épisodes épidémiques, à environ 5000 victimes annuelles, 600 seulement étant reconnus comme directement liés à la grippe sur les certificats de décès.

Ceci étant rappelé, comment comprendre le maintien du plan de vaccination massif du gouvernement sachant qu’en outre, cette vaccination n’étant pas obligatoire, seul 17% des personnes interrogées ont déclaré envisager de se faire vacciner ?D’un côté, on nous explique qu’il faut réduire les soins de santé à cause du trop fameux trou de la Sécurité sociale et de l’autre on dépense des sommes faramineuses dans l’achat de vaccins et dans la mise en place d’une logistique lourde : réquisition de trois sites au moins par départements (gymnases, salles polyvalentes...), réquisition d’équipes vaccinantes composées de personnels médicaux et administratifs (pour une période de trois mois) et mobilisation d’équipes mobiles pour les collectivités. Non seulement, la France a acheté un nombre de vaccins sans équivalent parmi les autres pays d’Europe (94 millions de doses) - admettons qu’à l’époque des pré-commandes il était loisible de craindre que ce virus n’ait un potentiel de nuisance plus grand – mais en outre l’État a consenti contractuellement avec les laboratoires d’assumer seul les poursuites judiciaires en cas d’effets secondaires indésirables voire mortels, lesquels ne manqueront pas d’advenir au moins pour un petit nombre d’accidentés de la vaccination.

Pourquoi au regard de l’évolution de cette maladie qui reste bénigne à l’encontre de tous les pronostics alarmants de l’OMS depuis le printemps, le plan de vaccination n’est-il pas au moins allégé afin de s’adapter aux dernières prospectives ? Pourquoi les autorités qui ne peuvent manquer d’apprécier à leur juste valeur tous les faits qui attestent d’une « grippette » s’entêtent-elles à vouloir vacciner le plus grand nombre de français possible ?Toute personne sensée ne doit-elle pas s’interroger sur les dessous de cette opération apparemment démesurée au regard des risques réels ? « Que prévoient-ils que nous ne savons pas ? » est la question sans réponse la plus dérangeante qui se dégage de notre réflexion.

mercredi, juin 24 2009

Peuples sous « influenza »

Depuis le 11 juin nous y sommes ! L’OMS a relevé son niveau d’alerte sur la grippe A/H1N1 au niveau maximal. L’organisation mondiale de la santé annonce la première pandémie du siècle, c’est-à-dire la diffusion à l’échelle de la planète d’un nouveau virus contre lequel l’immunité de la population est faible ou nulle, et prédit que le virus va circuler dans le monde pendant deux ans contaminant toutes les populations du globe. Cette décision était prévisible car elle couvait depuis fin mars et l’apparition de ce nouveau virus au Mexique. L’OMS attendait que celui-ci poursuive son extension géographique et quitte donc son continent de naissance.

Le numéro deux de l’OMS a déclaré que si l’organisation enregistrait une alcamie, elle ne manquerait pas d’en avertir les gouvernements. On peut se demander si ce n’est pas plutôt certaines puissances qui dictent ses communiqués à l’OMS. D’autre part, si la pandémie est potentielle, pourquoi ne pas prendre les mesures de restrictions des voyages qui s’imposent plutôt que de laisser le virus se propager à travers la planète par les vols internationaux ? Au lieu de cela, c’est la production industrielle de traitements qui est annoncée, accompagnée de plans de vaccination de masse dans l’urgence, sans prendre le recul nécessaire à l’évaluation des effets secondaires inhérents à tout nouveau produit pharmaceutique.

L’OMS laisse à chaque état l’appréciation des mesures à prendre. A quoi sert donc une organisation mondiale si chacun fait comme il l’entend, selon ses moyens ou ses intérêts, et qu’il n’y a pas de plan d’ensemble concerté pour stopper cette diffusion du virus à travers toute la planète ?

Selon le dernier bilan mondial, le virus a fait plus de 160 morts pour près de 30 000 cas depuis son apparition officielle en avril, le ratio personnes infectées/personnes décédées démontre donc son peu de dangerosité. Pour rappel, la grippe saisonnière fait 250 000 à 500 000 décès par an dans le monde. Maigre bilan pour un tueur en série mais qui devrait faire mieux à l’automne si l’on en croit les spécialistes qui anticipent sa possible mutation en une forme plus virulente.

Cette alerte lance donc officiellement la demande de production de vaccins aux entreprises pharmaceutiques. Cela fait plusieurs semaines que les firmes pharmaceutiques se sont lancées dans la course aux traitements contre le A/H1N1. Elles attendaient le feu vert de l’OMS avant de stopper la production du vaccin saisonnier pour réserver leurs chaînes de production à ce seul nouveau vaccin.

Dans ce contexte favorable à leurs affaires, les géants pharmaceutiques, qui entendent tirer profit de cette alerte sanitaire mondiale, mettent en avant leurs succès commerciaux et rivalisent pour obtenir des contrats juteux. Ainsi, Sanofi Aventis, laboratoire français, premier producteur mondial de vaccins se déclare dès à présent prêt à vacciner le monde entier. Sanofi Pasteur avait reçu, le 25 mai 2009, une commande du Département américain de la Santé pour la production d’un vaccin anti-A/H1N1, contrat d’une valeur de 136 millions d’euros. Ce laboratoire a également prévu d’investir 100 millions d’euros dans une usine de production de vaccins contre la grippe pandémique au Mexique, juste quelques jours avant le déclenchement de l’épidémie dans ce pays !

Sur ce, Novartis, le suisse, annonce déjà avoir produit son premier lot de vaccins contre la nouvelle grippe et explique avoir pris de vitesse ses concurrents en recourant à la culture de cellules et non d’œufs comme c’est le cas d’habitude. Les tests, évaluations et essais cliniques vont être lancés dans les jours qui viennent. Le groupe promet de produire jusqu’à un million de doses par semaine dans son laboratoire de Marburg en Allemagne et annonce la mise en place d’un second laboratoire aux Etats-Unis.

La France a de son côté passé une pré-commande d’au moins 100 millions de doses de vaccins, pour traiter 50 millions de personnes, chacune d’entre elles recevant deux doses. Une commande de 50 millions de doses a été adressée à la firme américaine Glaxo SmithKline. Le reste devrait être acheté auprès de Baxter, Sanofi-Pasteur et Novartis.

Les laboratoires se défendent de toute course au profit et arguent qu’il s’agit d’un problème de santé publique majeur. Reste qu’il existe bel et bien un enjeu économique considérable lié à la mise sur le marché d’un vaccin, il n’y a qu’à voir, à la bourse, les titres pharmaceutiques seuls en point de mire depuis l’annonce de l’OMS.

Tous ces laboratoires travaillent à partir des souches actuelles de ce nouveau virus distribuées par l’OMS. On nous répète que ce virus est changeant, qu’il muterait de la même façon que tous les virus grippaux. A quoi servira alors le vaccin produit maintenant si d’ici à cet automne le virus change d’antigènes par mutations ? Plus clairement, soit le nouveau virus ne change pas et il reste aussi peu virulent que maintenant, soit le virus mute, devient très agressif et mortel et alors le vaccin produit ne sera pas adapté à ce virus muté.

Ne nous refait-on pas avec cette grippe du porc le coup de la grippe du poulet ? De crise financière en crise économique et de crise climatique en crise sanitaire, tous les thèmes sont bons pour affoler les populations qui ne savent plus à quelle crainte se vouer. Cette catastrophe hypothétique n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Les épidémies tout comme les guerres ne sont funestes que selon le point de vue où l’on se place.

 

mercredi, avril 29 2009

La grippe mexicaine, une épidémie qui tombe à pic !

Un nouveau virus, qui serait une combinaison improbable de plusieurs souches de grippes, animales et humaine, adapté à l’homme, sévit depuis un mois sur le continent américain.

Le virus est apparu dans trois foyers, en milieu urbain, au Mexique, dont la situation a rapidement évolué vers l’état d’urgence, et a déjà atteint les États-Unis. D’autres cas sont suspectés à travers le monde. Trois conditions sont requises pour qu’une pandémie puisse se déclencher : il faut qu’un nouveau virus émerge contre lequel la population n’a pas développé d’immunité, il doit être virulent, c’est-à-dire capable de provoquer une maladie grave, éventuellement mortelle et la contagiosité doit être réelle, ce qui exige la transmission directe entre humains.

Ce nouveau virus semble remplir ces conditions et aurait donc un potentiel pandémique. Il est de type A, sous-type H1N1, le même qui fut responsable de la grippe espagnole, pandémie d’ampleur historique qui fit des dizaines de millions de morts à travers le monde. Cette nouvelle souche contient une combinaison jamais vue d’ADN de quatre virus : deux porcins, un aviaire et un humain. « Ces événements sont très inquiétants […] en raison de l’étendue géographique des différentes apparitions ainsi que l’âge inhabituel des groupes atteints », a expliqué l’OMS dans un communiqué diffusé sur son site Internet. Cependant, le nombre encore relativement peu élevé de victimes, pas plus de 200 en un mois au Mexique, incite à relativiser. En effet, une pandémie, comme la grippe espagnole, lorsqu’elle se produit, est explosive. Elle fit plusieurs millions de morts en à peine trois mois au cours de l’hiver 1918-19 et fut une cause non négligeable de la cession des combats de la Première Guerre Mondiale.

Comme de 2003 à 2006, lors du pic de l’épizootie de grippe aviaire, les services en charge de la santé communiquent beaucoup. Remarquons que curieusement, ils ne prennent toujours pas, à l’heure actuelle les mesures coercitives nécessaire en cas de danger épidémique immédiat tels que l’arrêt des transports aériens. Commerce et libre échange obligent sans doute…

Drôle de siècle qui a débuté avec le SRAS, curieuse maladie pulmonaire aussi vite disparue qu’elle était apparue, puis qui nous a apporté l’épizootie de grippe aviaire dont la cause la plus probable réside dans les méthodes d’élevage concentrationnaires de l’industrie avicole, et maintenant une grippe porcine qui se serait soudainement adapté à l’homme et qui sévit dans les villes où la promiscuité avec les porcs est plutôt rare. D’ailleurs, il faut noter que ce virus est inconnu dans les élevages de porc et qu’aucune contamination du porc à l’homme n’a été identifiée pour expliquer l’apparition de cette épidémie, le terme de grippe « porcine » est donc impropre. A ce jour, l’apparition soudaine de ce nouveau virus est une énigme.

Au final, quelle que soit sa gravité et son étendue, cette nouvelle maladie tombe à point pour affoler les populations, qui s’étaient un peu lassées de ces vaines alertes à la grippe aviaire trop souvent réitérées, et inciter les décideurs nationaux à renouveler les réserves stratégiques d’anti-viraux qui parvenaient dans de nombreux pays à leur date de péremption. Ce qui accessoirement a dopé les actions des laboratoires pharmaceutiques sur les places boursières… Crise financière et crise sanitaire font de ce point de vue, bon ménage !

« Le Tamiflu*, médicament à base d’oseltamivir utilisé contre la grippe aviaire, est efficace pour ce virus. » a déclaré l’OMS. Cela tombe bien, les pays ont de vastes stocks à écouler, constituées lors de la psychose du poulet. Il devenait opportun de les renouveler.

Il est cependant remarquable de constater que les virus grippaux mutent sans arrêt mais que le Tamiflu resterait immuablement valable pour tous. D’où la divine surprise d’une soudaine envolée des actions des firmes pharmaceutiques produisant anti-viraux et vaccins…. Après nous avoir vanté le Tamiflu pour lutter contre le virus aviaire, l’OMS récidive avec ce nouveau virus. L’Organisation Mondiale de la Santé semble s’occuper surtout de la santé financière des firmes pharmaceutiques.Cette crise est en tous cas un excellent dérivatif pour faire – momentanément – oublier l’effondrement économique et social qui affecte de plus en plus le monde occidental.

* En 1976, une épidémie de grippe porcine s’est déjà déclarée à Fort Dix, dans le New Jersey. Du fait qu’il existait des similarités entre ce virus et celui de la pandémie de 1918, une autre catastrophe était prédite. En réaction aux inquiétudes croissantes du public, le président des Etats-Unis de l’époque, Gerald Ford, commanda l’établissement d’un programme national d’immunisation. Donald Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense, fut à l’initiative du plan de vaccination et 47 millions d’américains furent vaccinés avec un vaccin expérimental produit par Merck & Co. A la fin de 1976, la grippe n’était pas pandémique, elle ne s’était pas propagée à l’extérieur de Fort Dix et n’était pas la meurtrière annoncée. Gilead Sciences a breveté en 1996 le Tamiflu préconisé par l’OMS dans toute forme de grippe et en cède les droits d’exploitation à Roche contre 10% des ventes. Selon CNN Money, Rumsfeld, détiendrait entre 5 et 25 millions de dollars d’actions Gilead Sciences, qu’il présidait en 2001 lorsqu’il fut nommé secrétaire à la Défense de Bush Jr. Alors que ce dernier annonçait sa stratégie nationale à 7 milliards de dollars contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire, Rumsfeld dut démissionner du conseil d’administration de Gilead pour éviter des accusations de conflit d’intérêt. Après consultation du comité d’éthique, il conserva toutefois ses actions.

jeudi, avril 9 2009

Les entreprises pharmaceutiques tentent-elles le diable ?

Une pandémie de grippe humaine en 2009 ? Suite à l’extension géographique du virus H5N1 à partir de l’Asie, le risque d’une pandémie humaine de grippe demeure. Pour autant, le virus n’a toujours pas acquis la capacité de se transmettre d’homme à homme.

Le risque principal de la survenue de cette épidémie mondiale vient de la probabilité de la rencontre du virus aviaire avec un autre virus de la grippe et de la fusion des deux. Si une personne, porteuse du virus saisonnier de la grippe, rencontre le virus de la grippe aviaire, elle pourrait servir d’incubateur favorisant un échange de matériel génétique entre les deux virus. Cet échange pourrait se traduire par l’émergence d’un nouveau virus dont les caractéristiques seraient différentes des deux virus d’origine et potentiellement plus dangereuses.

Selon l’OMS, personne ne serait immunisé en pareille occurrence. Trois conditions doivent être réunies pour qu’une telle pandémie se déclenche. Premièrement, il faut qu’une nouvelle souche, un nouveau sous-type de virus de la grippe, émerge avec la capacité d’atteindre les humains. Cette condition est remplie car le virus aviaire H5N1 peut, dans certaines conditions, s’attaquer à l’homme. Deuxièmement, ce nouveau virus doit être dangereux pour l’homme, ce qui est également déjà attesté par la mort de plus de la moitié des personnes qui ont été infectées. Enfin, il faut que ce virus se dissémine facilement parmi la population en se diffusant d’homme à homme, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Dans le contexte de ce danger, un des acteurs internationaux de l’industrie pharmaceutique semble avoir perdu le contrôle d’un virus qui est considéré, par l’ensemble des virologues de la planète, comme étant l’un des composants pouvant mener à une nouvelle pandémie du type de la grippe espagnole, la manifestation de la grippe la plus mortelle de l’histoire moderne.

C’est ce que nous apprend la presse canadienne [1], dans un article qui relate que le fabricant de vaccins Baxter International Inc. a produit un vaccin expérimental de la grippe saisonnière humaine qui a « accidentellement » été contaminé par le virus de la grippe aviaire. L’erreur, que les autorités de santé publique mondiales qualifient de grave, a eu lieu au laboratoire de recherche de Baxter International à Orth-Donau, en Autriche. Le matériel contaminé, un mélange de virus de la grippe humaine H3N2 et de virus de la grippe des oiseaux H5N1 a été envoyé à l’entreprise Avir Green Hills Biotechnology, une firme autrichienne. Celle-ci en a par la suite transmis des échantillons à des sous-traitants en République tchèque, en Slovénie et en Allemagne. C’est le sous-traitant tchèque qui, lorsque des furets auxquels il avait injecté le mélange sont inexplicablement morts, a recherché et identifié la cause : le matériel vaccinique était infecté par le virus « vivant » de la grippe aviaire.

Le H5N1 ne contamine pas facilement les humains, mais le H3N2 si. Dans l’éventualité où une personne exposée au mélange était infectée simultanément par les deux souches, elle pourrait servir d’incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d’un humain à un autre. Ce mélange de souches, appelé réassortiment, est l’une des deux manières de créer un nouveau virus. Et ces deux souches ont tout le potentiel pour déclencher une pandémie.

L’entreprise Baxter International Inc a été parcimonieuse sur la quantité d’informations publiées sur l’événement et les circonstances de l’incident dans ses installations de Orth-Donau restent inconnues. Comment une telle erreur a-t-elle pu se produire ? Baxter adhère pourtant à un protocole de confinement des agents biologiques, Biosafety Level [2], de niveau 3 ( le niveau de sécurité ultime étant le 4) qui est sensé empêcher les contaminations transversales des matériaux de laboratoire.

Il n’y a que deux explications possibles et, dans les deux cas, quelque chose d’ extrêmement dangereux s’est réalisé : soit Baxter, ne respectant pas les directives de sûreté BSL3, par négligence ou économie de moyens, a fait des erreurs monumentales dont les conséquences menacent la sécurité de la population mondiale; soit un employé a intentionnellement, sur commande ou par malveillance, placé le virus vivant dans les matériaux vacciniques destinés à être distribués à travers le monde, cela pour une raison que l’on a peine à imaginer.

Si ce virus n’avait pas été détecté lors de la phase des tests sur les animaux, il aurait pu être injecté à des cobayes humains. Les conditions nécessaires à une recombinaison des ADN des deux virus en présence auraient alors été réunies. L’étape de la contamination d’humain à humain aurait fait le reste.

Il faut savoir que les « accidents » dans ce domaine ne sont pas rares. Ainsi l’année dernière, des médecins et des infirmières polonais [3] ont été poursuivis après la mort d’un certain nombre de pauvres et sans abris qui avaient reçu de l’argent pour participer à des tests cliniques de ce qu’on leur avait dit être un vaccin de grippe saisonnière banale. Il s’agissait en fait d’un vaccin pré-pandémique anti grippe aviaire. Les autorités enquêtent sur la possibilité que le personnel médical ait pu lui-même être trompé par les entreprises ayant commissionné les essais.

En ce qui concerne le cas Baxter, si l’on écarte la théorie de la conspiration et examine l’autre possibilité, une propagation mondiale d’un nouveau virus de grippe fortement infectieux pourrait avoir lieu par l’incompétence des compagnies manipulant les virus létaux. Si les entreprises pharmaceutiques sont si négligentes, alors une pandémie est seulement une question de temps et de circonstance.

Examinons maintenant l’hypothèse du complot. A l’heure où les stocks d’anti viraux contre la grippe de certains pays atteignent leur date de péremption (le Tamiflu se conserve 5 ans) [4], que le grand public et les autorités de plusieurs pays concernés commencent à se lasser de cette crise hypothétique et que certains décideurs nationaux se posent la question de la nécessité du renouvellement des réserves au vu du coût financier pour la collectivité que cela exige, cette nouvelle menace est-elle une manière intelligente de provoquer la demande de traitements curatifs et de vaccin préventifs ? Certaines sociétés à la recherche de leurs profits sont-elles capables de prendre le risque de déclencher de grands maux ?

En tous cas, cette « erreur » est une réminiscence d’un incident[5] qui s’est produit en 2005 au cours duquel des échantillons d’un virus d’une grippe potentiellement fatale ont été disséminés à 3747 laboratoires de 18 pays. Le H2N2 n’aurait jamais dû se retrouver dans le kit d’échantillons de virus expédié à ces laboratoires par la firme américaine Meridian Bioscience. Selon le Collège américain des pathologistes, l’organisme responsable de ces envois, destinés à tester les capacités de détection des laboratoires internationaux, la commande passée à son sous-traitant, Meridian, concernait uniquement la version la plus commune du virus grippal et non le H2N2. C’est donc « par erreur » que des échantillons du dangereux virus H2N2 de la grippe dite asiatique de 1957 ont été intégrés dans les lots. Il a été responsable de la mort de un à quatre millions de personnes en 1957 et 1958 avant de disparaître en 1968. Si les personnes nées avant 67-68 ont acquis une immunité contre le H2N2, les personnes nées après cette période ne sont pas immunisées et sont totalement vulnérables au virus. Il semblerait que le niveau de sécurité requis pour le transport et la manipulation de ce virus aussi dangereux n’était pas adapté. Les souches étaient, en effet, présentées comme nécessitant des précautions de niveau 2, à savoir celui qui correspond à un danger de gravité intermédiaire.

Si une pandémie se déclenche, on considère que les chances de la juguler sont très minces, tant le virus se propagerait rapidement par la toux et l’éternuement. Le risque est d’autant plus grand que les personnes infectées seraient contagieuses avant de ressentir les premiers symptômes de la maladie.

On ne peut déterminer à l’avance le degré de sévérité qu’aurait la maladie, ni le nombre de morts qu’elle pourrait entraîner, tant qu’on ne connaît pas précisément la nouvelle forme que prendrait le virus. Plus le virus est virulent, plus haute sera la mortalité.

Il n’est pas possible de prévoir quelle sera la forme du virus mutant, et dès lors impossible de préparer à l’avance le vaccin adéquat si tant est qu’un vaccin puisse être efficient.

A présent, après la crainte générale d’une mutation naturelle éventuelle du virus aviaire lui permettant de franchir la barrière des espèces, l’incident inexcusable dont est responsable le groupe Baxter est un nouveau sujet d’inquiétude. Sous prétexte de parer à une incertaine mutation de ce virus, les laboratoires sont-ils en train de favoriser ce processus ? Qui sont les bio-terroristes ?

Notes :

1- http://www.torontosun.com/news/canada/2009/02/27/8560781.html

2- http://en.wikipedia.org/wiki/Biosafety_level

3- http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/poland/2235676/Homeless-people-die-after-bird-flu-vaccine-trial-in-Poland.html

4- http://web.ifrance.com/actu/monde/72383

5- http://www.rfi.fr/actufr/articles/064/article_35498.asp