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dimanche, juillet 3 2016

Edgar Pisani, mort du fossoyeur de la paysannerie

Exit Edgar Pisani s’est éteint le 20 juin… Le futur ministre de l’agriculture de De Gaulle et grand fossoyeur de l’agriculture française sous couvert de modernisation, est né à Tunis en 1918 d’une famille maltaise supposée d’origine italienne. Le jeune Edgar, à dix-huit ans, monte à Paris pour suivre des études supérieures. Malgré son admission en khâgne au Lycée Louis le Grand, il n’intégrera aucune des prestigieuses grandes Écoles auxquelles il se prépare. Il sera tout bonnement licencié ès lettres. En juin 1940, fiancé à la fille du député de Paris, Le Troquer - le futur héros des « Ballets roses » de 1959 - fuyant la débâcle, il embarque avec son beau-père sur le « Massilia » en compagnie de vingt-sept courageux parlementaires socialo-communistes, dont Jean Zay, Pierre Mendès France, Georges Mendel, et Edouard Daladier... Débarqués sous les huées à Alger, ils durent être protégés manu militari contre la vindicte populaire.


Le résistant de la XXIe heure 

Revenu en France, il sera pion au Lycée Chaptal. L’on prétend qu’il aurait alors rejoint la Résistance. Arrêté avec ses parents en mars 1944, il est envoyé au Mont Dore comme « otage administratif » et sans qu’aucun lien avec la résistance ne soit établi. Évadé en juin 44, il rentre à Paris et intègre pour le coup le réseau dit « Nouvelle Administration Publique » chargé d’assurer la transition gouvernementale. Le 19 août, après la prise de la Préfecture de Police par les libérateurs, il intègre le cabinet du préfet. Propulsé sous-préfet à seulement 24 ans, il doit cependant faire face à l’hostilité que suscite ses origines : Maltais, il est en effet administrativement sujet britannique1… en incompatibilité avec sa nomination. Finalement francisé de papier, Pisani devient chef de cabinet du préfet de police, puis dircab de son ancien beau-père André Le Troquer, nommé ministre de l'Intérieur en 1946. Parce qu’entre temps Pisani a épousé en secondes noces, Fresnette Ferry, petite nièce de Jules Ferry. Le 1er août, il est bombardé préfet de Haute-Loire. Ce plus jeune préfet de France est âgé seulement de 28 ans. En janvier 1947, passé directeur de cabinet du ministre de la Défense, onze mois plus tard il est promu préfet de Haute Marne. Après s’être placé en congé administratif, il est élu sénateur de ce même département le 1er août 1954 et s'inscrit au groupe du Rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique présidé par François Mitterrand. 

Ministre gaulliste, vrai fossoyeur de la paysannerie

En 1961 il devient ministre de l'Agriculture du gouvernement de Michel Debré puis des gouvernements Pompidou successifs jusqu'en 1966. Il fait alors passer la loi complémentaire d'orientation agricole, celle-ci fait entrer notre agriculture dans le productivisme forcené et la quête débridée de débouchés extérieurs. Une loi qui, en raison de sa forte imprégnation marxiste, va s’avérer dévastatrice pour nos terroirs faisant essentiellement de la « terre » un « outil de travail » ou un « instrument de production ». Alexis Arette2 le dénoncera vigoureusement en 1994 dans son fameux ouvrage « Les damnés de la terre ».

Obsédé par la production, Pisani enferme l’agriculteur dans une seule fonction : produire ! Laissant la transformation génératrice de profits substantiels aux industries alimentaires alors en plein essor. Produire à tout va, n’importe comment, pourvu que ce soit peu onéreux, en quantité industrielle, facilement conservable et exportable. Pour ce faire, Pisani va trouver des alliés de choix : la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles [FNSEA], le très marxiste Centre national des jeunes agriculteurs [CNJA] et l’Institut national de la recherche agronomique [INRA]. Afin de produire massivement, l’on mécanise à outrance ce qui entraîne le remembrement extensif des parcelles cultivées. Quant au recours aux intrants chimiques, engrais et pesticides, il s’impose comme l’alpha et l’oméga de l’agrobizness naissant. Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural [SAFER] sont créées avec pour unique vocation de confisquer les terres arables au seul profit corporatif des agriculteurs.

Le saccage des terroirs et du patrimoine rural

L’INRA oriente ses recherches en fonction de ces nouveaux paramètres, détruisant des siècles de sélection rationnelle de variétés végétales dotées de grandes qualités organoleptiques (c’est-à-dire savoureuses), adaptées aux terroirs, afin de répondre aux contraintes de la commercialisation à grande échelle. Les élevages sont transformés en camps de concentration hors-sol tandis que l’essor de la zootechnie, puis de la génétique aura à son tour ses propres effets pervers. En vingt ans, le paysage de la France est bouleversé. Les réseaux hydrographiques sont arbitrairement, et souvent stupidement, reconfigurés ; le bocage et les haies coupe-vent rétentrices d’eau, sont massacrés... Avec toutes les conséquences que cela implique : destruction de la flore et de la faune. À l’arrivée, la France aurait perdu 25% de sa biodiversité. Inondations, déstabilisation des micro-climats sont devenus le lot commun d’un domaine forestier surexploité. Et l’on ne s’étendra pas sur les scandaleuses pratiques d’irrigation qui assèchent les rivières pour l’arrosage de cultures totalement inadaptées à nos sols et à nos climats, tel le maïs… ni de l’appauvrissement de terres dévitalisées par l’usage intensif des intrants, des terres quasiment « mortes » ! Des agronomes moins atteints de cécité intéressée tels Dufumier ou Bourguigon, seront expulsés de l’INRA pour s’être insurgés contre ce véritable assassinat de notre patrimoine agraire.

Exode rural et surproduction démentielle

Avec Pisani, la population agricole se trouve divisée par quatre entre 1965 et 1972, parallèlement le nombre de fonctionnaires agricoles sera, lui, multiplié par quatre. Jacques Delors, futur président de la Commission Européenne, chef de service au Commissariat Général au Plan, déclare alors cyniquement : «{Les agriculteurs, on les aura ! }». Au bout du compte, l’agriculteur est devenu sans s’en apercevoir un sous-traitant de l’industrie chimique, de l’industrie et des filières commerciales agricole. Un technicien qui ne décide de rien, applique des protocoles et s’apparente d’assez près au salarié d’un sovkhoze soviétique ayant la dimension de l’Hexagone. L’exploitant agricole est de la sorte devenu une sorte d’ilote travaillant presque exclusivement pour payer ses emprunts, ses machines rutilantes et les méga firmes chimiques dont les commerciaux viennent lui vanter les mérites de leurs intrants pour des récoltes surabondantes… et surtout sans effort. À tel enseigne que les pollutions agricoles engendrées par les nitrates et les pesticides atteignent des taux si catastrophiques qu’elles feront dire, vingt ans plus tard, à François Mitterrand lucide : «{Les agriculteurs sont les premiers pollueurs de France !}»

Car contrairement aux industriels sanctionnés à la moindre faute, les graves nuisances de l’agro-chimie ne sont jamais répertoriées ou sanctionnées : le couple pollueur/payeur n’existe pas dans le monde agricole. Quant à la production pléthorique, de médiocre qualité moyenne, standardisée, on ne sait plus qu’en faire. Les anciens se souviennent des « beurres d’intervention ». Dans de gigantesques entrepôts frigorifiques s’entassaient des centaines de tonnes de beurre, de carcasses de veau ; les prix s’effondrent et les revenus agricoles suivent. Cette surproduction se heurte évidemment à la concurrence mondiale - céréales ou viandes - en provenance de pays où les coûts sont moindre : mouton de Nouvelle-Zélande, d’Australie, bœuf argentin… Seul un homme de gauche ou un bureaucrate de la FNSEA est inapte à comprendre qu’un marché n’existe que s’il y a une demande… et que si l’offre proposée est concurrentielle.

En un mot l’agriculture productiviste née de et avec la loi d’orientation du sieur Pisani fut une catastrophe à tous points de vue : emploi, dégradation des sols et des écosystèmes, santé publique, biodiversité… or l’activité agricole est en lien étroit avec le vivant, il est insensé d’en vouloir faire une industrie comme une autre. Il est d’ailleurs des signes qui ne trompent pas. L’agro-industrie en quête de standardisation toujours plus poussée ne parle plus depuis longtemps de « produits agricoles » mais de « matières premières agricoles » ce qui en dit long sont le chemin parcouru. Ainsi, à la fin des années soixante-dix l’on apprit que l’usine Gloria de Lisieux - en cœur de zone laitière - était alimentée par trains entiers en lait danois ! Le récent scandale des usines Spanghéro, au-delà de l’escroquerie de la viande de cheval, montre que l’approvisionnement de l’agro-industrie relève d’abord de courtiers internationaux et s’est totalement affranchie des productions locales. Au demeurant, il s’agit d’un secteur aidé car la production agricole, sans valeur ajoutée de transformation, reste un secteur par définition non rentable. Subventionner à tour de bras le structurellement déficitaire sera le rôle dévolu à la Politique agricole commune, la PAC.

Le Mitterrandien acteur de la PAC

Devenu sénateur, Pisani lâche le gouvernement de Georges Pompidou en 68, s’enthousiasmant pour le mouvement révolutionnaire soutenu par son ami Rocard et votera la censure contre ses ex amis. Le « traître » fonde sans succès son propre parti, le MPR, et fait valoir ses droits à la retraite en tant que préfet. Soutien inconditionnel à la candidature de Michel Rocard dans la perspective de l’élection présidentielle de 1981, il n’est pas retenu comme ministre par François Mitterrand qui le fait cependant nommer Commissaire européen chargé du développement (1981-1984)… en remplacement de Claude Cheysson appelé, lui, au gouvernement. Il visite alors tous les pays d’Afrique à l'exception de l’Afrique du Sud, renégocie la Convention de Lomé et participe à la mise en place de la PAC instaurée par la Communauté économique européenne. Ceci en étroite collaboration avec Jacques Delors, ministre français des Finances. Son action aboutira à aggraver un peu plus la condition paysanne en privilégiant par le truchement des primes versées par les SAFER, à une véritable « course à la terre »… qui enclenchera une diminution du nombre des exploitations, au doublement moyen de leur surface, le tout rendant de plus en plus difficile l’installation des jeunes agriculteurs. Jacques Delors, promu président de la Commission Européenne en 1985 poursuivra activement dix ans durant cette dévastatrice politique technocratique.

Le Haut-Commissaire de Nouvelle Calédonie désavoué

En Nouvelle Calédonie, la poussée indépendantiste dirigée par Jean Marie Tjibaou, chef du Front de libération canaque [FLNKS], détermine Mitterrand à nommer fin 1984 Pisani Haut-Commissaire de la République. Après avoir rencontré le chef canaque, Pisani ébauche un accord relatif à une indépendance/association qui devait se traduire par l’organisation d’un référendum d’auto-détermination avant le 31 décembre 1987. Malgré cela, le 7 janvier, les violences redoublant à Nouméa, Pisani fait proclamer l’état d’urgence. L’irrédentiste canaque Éloi Machoro est abattu le 3 mai 1988 par le GIGN dans la grotte d’Ouvéa où il retenait 16 gendarmes en otages. Dépité et inutile, Pisani quitte la Nouvelle Calédonie en novembre 1985, rappelé à Paris par le Premier ministre Laurent Fabius.

Président révoqué de l’Institut du monde arabe

Pisani est nommé Président de l’Institut du monde arabe en 1986. Il réussit ce tour de force de se brouiller aussitôt avec tous les représentants de la Ligue arabe qui assurent quelque 40% du financement de l’Institut. Dès 1988, sa gestion a fait l'objet d'un rapport de la commission des Finances du Sénat à la suite d'un déficit d'exploitation cumulé de 38,5 millions d'euros. À cette époque, l'IMA est en « quasi cessation de paiement » après la défaillance des pays de la Ligue arabe. Prodigue, Pizani, n’a pas hésité à se lancer dans des projets surdimensionnés dont le plus fameux restera l’exposition « Désert » pour laquelle il fit nommer sa compagne du jour « conseillère scientifique » et loua force hélicoptères pour le repérage de sites remarquables. Autoproclamé médiateur à la veille de la guerre de 1991 contre l’Irak baasiste, Chirac excédé lui demande sa démission.

La FNSEA vient de fêter ses soixante-dix ans. Edgar Pisani s’en est allé en laissant derrière lui une somme de décombres qu’il reste aux générations futures d’inventorier. Lorsque l’actuel ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, apprit la nouvelle, il déclara en toute simplicité : « Aujourd'hui le monde agricole est orphelin d'Edgard Pisani, visionnaire, européen convaincu et grand humaniste »… Les agriculteurs en faillite et les familles des paysans suicidés apprécieront !

Romain Rocquancourt

1 - Depuis 1863 Le consul britannique Wood avait organisé une immigration coloniale maltaise en Tunisie où les Maltais purent acquérir des terres, le plus souvent en usant de prête noms tunisiens. Mais évidemment les décrets Crémieux de nationalisation des Juifs et leurs annexes pris dix ans plus tard pour l’Algérie, n’allaient pas leur être appliqué.

2 - Alexis Arette-Hourquet, ou Arette-Lendresse, est un agriculteur, écrivain, homme politique et poète français né en 1927. Ancien membre du Front national (FN), il a appartenu à l'Organisation armée secrète (OAS).

dimanche, novembre 22 2015

LE VIVANT (dernière partie)

LES MANIFESTATIONS DE LA MISE EN EVIDENCE D'UNE "CONSCIENCE"

C’est John Locke dans L’Essai sur l’entendement humain, publié en décembre 1689 qui va le premier affranchir l’idée de conscience, née au début du siècle, de son acception morale dont elle n’était pas habituellement dissociée par les philosophes du XVIIème siècle, les premiers à définir et à utiliser ce concept, inusité apparemment des philosophes gréco-romains.

L’Essai sur l’entendement humain traite des fondements de la connaissance et de la compréhension. Il décrit l’esprit à la naissance comme une table rase ensuite remplie par l’expérience. Constituant l’une des principales sources de l’empirisme en philosophie moderne, il s’appuie sur l’ensemble de théories philosophiques qui font de l'expérience sensible l'origine de toute connaissance valide, on peut dire que cette approche scientifique expérimentale remonte à Francis Bacon...

On pourra alors définir la conscience comme la faculté qui permet d'appréhender de façon subjective par celui qui les subit, les phénomènes extérieurs (par exemple, sous la forme de sensations) ou intérieurs (états émotionnels).

On ne fera pas ici référence à un aspect strictement mental de l’origine (ou du siège) de la conscience que d’aucuns qualifieraient aussitôt de « propre à l’homme », ce qui n’est pas le propos ici.

Il s’agit ici simplement de comprendre que tout être vivant est capable de manifestation en réponse à des stimuli, ce qui implique de sa part une capacité de détection, de reconnaissance, voire de réaction, donc de conscience de soi, une caractéristique fondamentale du « vivant » qui échappe totalement au paradigme physico-chimique !

Cette capacité d’une conscience de soi et des manifestations qui peuvent s’observer en réponse aux stimuli qu’elle peut percevoir, associée à un cheminement de type nerveux, est la caractéristique fondamentale non physico-chimique de tout être vivant.

Il ne s’agit pas pour le justifier de passer tout le monde vivant en revue, mais de fournir quelques exemples balayant tant le règne animal que le règne végétal, qui illustreront la réalité de ce propos.


Mise en évidence et détection de réponse aux stimuli même chez les végétaux

La sensitive :

Chacun sait qu’un coup sec donné à un rameau de la plante va provoquer le repliement des feuilles.

Les vrilles :

La chronophotographie (une image par minute ou par cinq minutes) montre que les vrilles se développent et s’allongent mues de mouvements apparemment aléatoires, jusqu’au moment où le stimulus de contact va provoquer l’enroulement autour du support rencontré.

http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/mouvements/vrilles.htm

Les plantes carnivores :

La dionée secrète des substances capables d’attirer des insectes qu’elle emprisonne dès qu’ils pénètrent dans le piège.

L’acacia et les herbivores :

« Les acacias africains, bien protégés par leurs épines, utilisent des produits chimiques désagréables dans leurs feuilles comme une deuxième ligne de défense. De plus, et le plus remarquable, ils s’avertissent les uns les autres de ce qu'ils le font par émission d’éthylène qui s’exhale des pores des feuilles, en même temps qu’ils remplissent leurs feuilles avec de dérivés cyanhydriques. Les autres acacias, dans un rayon de cinquante mètres, sont alors en mesure de détecter cet avertissement chimique et ils se mettent à alors fabriquer du poison et de le distribuer à leurs feuilles. » (Attenborough 1995:70) (Attenborough, 1995, 70)

http://mysteres-verts.over-blog.com/article-acacia-appel-au-carnage-75223454.html

On peut donc parler :

- d’une prise de conscience de l’agression par le sujet (l’arbre).

- d’une réaction de défense en réponse, par sécrétion cyanogène du sujet

- d’une réaction d’avertissement du sujet aux autres arbres de la même espèce par émission d’éthanol

- d’une capacité de réception et reconnaissance du message éthylénique par les acacias voisins

- d’une capacité de réponse par sécrétion cyanosée

On a donc ici la preuve d’une conscience collective !

Plus de 3000 koudous au Transvaal ont ainsi été tués, intoxiqués par des acacias qui se trouvaient en situation de surpâturage !

Une enquête minutieuse a montré que le braconnage pouvait être exclu et que seuls les acacias étaient en cause.

Des organes des sens mal connus

Nous avons la suffisance, par anthropocentrisme, de considérer la perception comme limitée à cinq sens... La méconnaissance d’autres provient de l’éloignement de leur milieu par rapport au milieu où l’homme évolue. Il s’en suit une carence évidente de vocabulaire pour décrire et désigner des phénomènes de détection et de réaction que ne pouvons ni parfaitement appréhender, ni clairement comprendre...

Mais cette faiblesse humaine dans la détection ne doit pas conduire à la négation de leur existence, par paresse intellectuelle, ou pire par mépris justifié par la suffisance de notre supposée « supériorité mentale ». 

Nous connaissons peu de choses sur les éponges sur le plan sensoriel, à part l’existence de cils sur certaines cellules, dont le rôle visiblement tactile n’est pas clairement établi, mais dès les Cnidaires et les divers groupes de vers, l’existence de structures nerveuses de type chaîne et/ou ganglion est avérée.

Toucher un tubipore suffit à le faire rentrer dans son tube, preuve qu’il ressent et répond au stimulus.

 

Les bivalves répondent dès qu’on touche le manteau. On pourrait multiplier les exemples concernant l’organisation des sociétés d’insectes telles les abeilles ou les fourmis (et plus proches de nous les Oiseaux ou les Mammifères)

Nous citerons 4 organes des Vertébrés, plus directement accessibles à notre compréhension, parce que plus proches de notre environnement, ou déjà connus depuis longtemps :

- l’éco-location sens connu chez les chauves-souris, mais présente chez tous les Cétacés... sans compter chez tous ceux que l’on ne connaît pas...

- la propagation vibratoire terrestre, connue chez l’éléphant qui perçoit les ondes par les soles plantaires.

- la ligne latérale des poissons et des Anoures

- l’organe « électrique » des Myrmoridae (poissons éléphants) [0,5 à 1,5 m – eau douce- Nil]

Ces étranges poissons à long bec communiquent entre eux par émissions électriques, processus à bien séparer du système de défense électrique connu chez les gymnotes ou les raies torpilles par exemple.


Le système nerveux et sa « plasticité »

L’aplysie (Gastéropode marin Opisthobranche) connue sous le nom de « limace de mer » a un système nerveux particulièrement simple composé de quelques neurones :


L’expérience de Kandel (1970)

La queue a donc acquis sous l’influence de l’apprentissage de la réponse au stimulus une capacité de réception sensorielle nouvelle, reliée aux branchies : la présence du développement de nouveaux neurones (en vert) l’atteste !

La notion de plasticité 

On constate :

  • qu’il y a apprentissage puisque l’animal du fait de l’association entre stimulus mécanique et stimulus électrique (on connaît déjà cela dans le cas du réflexe de type pavlovien)

  • que cet apprentissage a une certaine rémanence dans le temps puisque l’animal continue à rétracter ses branchies, sans stimulus mécanique associé au stimulus électrique

  • que cette rémanence est d’autant plus importante que le stimulus nerveux est plus intense

  • que le circuit nerveux associé présente un plus grand nombre de connections neuroniques après l’apprentissage !


Ainsi l’apprentissage provoque la multiplication des connections neuronales.

C’est cette capacité d’auto-complexification de l’organe que l’on appelle la plasticité : la faculté du système nerveux à accroître ses connections, donc à augmenter ses capacités.

La croissance sans apprentissage va donc a contrario diminuer la capacité mentale potentielle d’acquisition de l’individu.

(Application à la volonté de non apprentissage actuel de l’"Educ Nat" au nom de l’égalitarisme !)

Biologiquement il s’agit bien d’institutionnaliser le conditionnement et la crétinisation massive de la population.


La production de déchets

Une caractéristique peu gratifiante du « vivant » !

Ne pas confondre là les déchets organiques inhérents au fonctionnement de la physiologie de l’individu....

Recyclés par d’autres organisme, les déchets du métabolisme d’un être vivant participent au développement des écosystèmes.

Ils sont par nature biodégradables :

- gaz carbonique : respiration

- eau et sels minéraux : sueur

- urine : déchets azotés

- feces : déchets azotés et divers glucides non assimilables

Avec les déchets associés au mode de vie et à l’activité des sociétés humaines...

Une photo vaut mieux qu’un long discours...


CONCLUSION

Au terme de cette analyse, nous voyons la nécessité objective d’user d’autres paramètres que ceux figurant dans le cadre du paradigme physico-chimique classique, pour définir le vivant.

Nous donnerons en conclusion la définition suivante :

- Un organisme vivant est un corps composé d’unités (les cellules) interconnectées en tissus capables de procéder à des synthèses biochimiques multiples, complexes et régulées, à partir de produits puisés dans son milieu de vie. (Il est organisé généralement de ce fait autour d’un « milieu intérieur » - au sens où Claude Bernard l’avait défini.)

- Un organisme vivant est capable de reproduction et est sujet au vieillissement.

Il est donc inféodé à un cycle de vie durant lequel il va assurer ou assumer ses fonctions essentielles : se nourrir, se développer, se reproduire et produire des déchets. (Métabolisme)

- Il dispose pour cela d’un système de détection et de transfert d’informations sur le milieu qui l’entoure qui lui confèrent une conscience de soi et du milieu où il évolue, qu’il va développer par apprentissage, ce qui le conduit à établir un contexte relationnel et comportemental tant avec ses congénères, qu’avec les autres êtres vivants qui se trouvent dans le milieu qu’il partage avec eux.

D’où la nécessité d’élaborer une épistémè capable de prendre en compte ces éléments en dépassant la seule approche physico-chimique incapable de le différencier clairement du « minéral ».

Il est clair que c’est l’aspect non biochimique de la conscience relationnelle qui va lui conférer ses caractéristiques les plus spécifiques et le démarquer totalement du minéral.


Claude Timmerman

lundi, novembre 9 2015

LE VIVANT (quatrième partie)

L’épigénétique : une discipline née avec le siècle


Une première approche

« L'épigénétique est l'étude des changements constatés d'activité des gènes — donc des changements de caractères — qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou des générations sans faire appel à des mutations de l'ADN. »

C’est lors du séquençage complet de plusieurs génomes - que l’on se trouvait dans l'incapacité de déchiffrer concrètement, et d'y trouver la totalité des effets phénotypiques observés - qu’on a mis en évidence une certaine variabilité de l’expression du génome en fonction des variations du milieu.

Ainsi un œuf de tortue, bien que disposant d’un génome bien défini, va être capable en fonction de la température de s’exprimer sous forme d’un individu mâle ou femelle. Pourquoi a-t-on des différences de devenir chez les abeilles issues de la même parthénogenèse ? Comment certains reptiles (Dragon de Komodo) sont susceptibles de reproduction monoparentale qui, à partir d’une femelle seule, ne va donner qu’une progéniture mâle !? Etc.

Ces difficultés - inattendues dans le cadre des ségrégations de caractères prévues par Landel et Morgan - évoquent l'idée d'une intervention externe au génome dans la réalisation de son expression phénotypique.

L'épigénétique revendique alors un rôle clef, et se veut un prolongement et un complément de la génétique classique, notamment dans le domaine de la nutrition, ou de la reproduction.

La simplicité de ce ver s'est imposée dans l'étude du vieillissement et de l'apoptose.

Une grande partie des cellules du ver (302) sont des cellules neuronales, permettant également l'étude du système nerveux. Soit 30% ! Ce qui est considérable !

En 1998 ce ver fut le premier dont le génome ait été totalement séquencé : 97 millions de paires de bases réparties en six chromosomes (organisme diploïde) codant 19.099 gènes.

Quarante pour cent d'entre eux auraient des équivalents dans le patrimoine génétique humain, ce qui confirme l’existence fondamentale de gènes de type organisateur dont le rôle dépasse les frontières des espèces.

Par exemple, une même larve d'abeille deviendra une reine ou une ouvrière en fonction de la façon dont elle est nourrie, et un même œuf de tortue peut éclore en mâle ou femelle en fonction de la température. Il s'agit bien de l’expression du même code génétique global, mais des facteurs environnementaux ont sélectionné une expression plutôt qu'une autre, chacune étant disponible dans la « base de donnée » génétique.

Autrement dit, l'épigénétique gouverne la façon dont le génotype est utilisé pour créer un phénotype.

L'épigénétique a donc des applications dans un large champ de disciplines biologiques, de la biologie du développement à l'agronomie et la nutrition en passant par la médecine, et notamment la recherche sur le cancer avec des perspectives thérapeutique nouvelles, notamment avec la création d' « épi-médicaments ».

En matière d'évolution, l'épigénétique permet d'expliquer comment des traits peuvent être acquis, éventuellement transmis d'une génération à l'autre ou encore perdus après avoir été hérités.

Il est curieux de constater que cette conception « post génétique » nous ramène à la conception initiale de Darwin combattue par tous les évolutionnistes qui se sont pourtant appuyés sur ses travaux : il défend l'idée que l'ensemble de l'organisme participe à l'hérédité, c'est ce qu'il nomme pangenèse en 1868.

Dans son ouvrage « La Filiation de l'Homme et la filiation liée au sexe », publié en 1871, Darwin distinguera deux facteurs importants dans l’hérédité :

- la transmission,

- l’actualisation, des caractères hérités.

Son idée était que certains des caractères transmis pouvaient ne pas être apparents chez les géniteurs au moment de la fécondation et qu'ils se manifesteraient au même moment du développement de la progéniture que chez les parents.

Pour être en accord avec sa théorie de la sélection sexuelle, il stipulait également que certains caractères transmis s'actualisaient différemment selon le sexe.

C’est exactement ce qu’illustre aujourd’hui l’épigénétique !


Les travaux de Sydney Brenner, John Sulston et Robert Horvitz (prix Nobel en 2002)

Ces biologistes travaillent sur un petit nématode libre (non parasite).

Caenorhabditis elegans

C’est un petit ver transparent d'environ un millimètre de longueur, menant une vie autonome dans le sol.

Son embryogenèse ne dure que 16 heures et peut être facilement observée in vitro.

La plupart des individus sont hermaphrodites (XX) et produisent à la fois des ovocytes et des spermatozoïdes. Il y a quelques mâles (XO).

Ce nématode se reproduit environ tous les trois jours, et sa durée de vie est d'environ trois semaines. Comme les autres nématodes et les Tardigrades, il se développe suivant le processus d’euthélie : à l’âge adulte, il s’accroît par gonflement des cellules en nombre fixe et non plus par multiplication cellulaire !

Anatomie 

Sexuation

- L'adulte hermaphrodite (99,5 % des individus) est composé de 959 noyaux somatiques.

- L'adulte mâle (0,5 % des individus) est formé de 1031 noyaux somatiques

- Le jeune est constitué de 1 090 noyaux somatiques.

On compte les noyaux et non pas les cellules car cet animal présente des structures syncytiales (un syncytium est un tissus composé d’une série de cellules confondues entre elles par disparition des membranes cellulaires). Le nombre de noyaux témoigne donc du nombre de cellules associé.

Le lignage des cellules est remarquablement invariant d'un individu à l'autre. Il a pu être établi pour toutes les cellules de l’œuf fécondé jusqu'au ver adulte. Au cours de la vie du ver, il y a multiplication au cours de sa croissance, puis mort par apoptose de 131 cellules (représentant la différence entre les 1 090 cellules du jeune et les 959 de l'adulte). Ces cellules se « suicident » à peu près au même moment et au même endroit dans tous les embryons !

C’est l’étude des mécanismes de l’apoptose qui conduisit ces 3 chercheurs au prix Nobel.

La prolifération de cet animal est importante et rapide. A 20 °C, il ne faut que 3 jours à un œuf, pondu par un adulte, pour donner à son tour un adulte capable de pondre des œufs. La croissance d’un individu se fait au travers de mues successives qui rythment les 4 stades larvaires. Chaque adulte peut pondre environ 300 œufs en seulement 5 jours. Par conséquent, un nématode peut engendrer en 10 jours une population de 90 000 animaux génétiquement identiques. Dans les conditions standards de laboratoire, les vers de génotype sauvage peuvent vivre jusqu’à 20 jour, mais il existe des mutations poussant cette limite à plus de 100 jours. Le plus remarquable est que les gènes dont les mutations accroissent la durée de vie du ver sont conservés chez les mammifères (Kenyon, 2010). En outre, si les œufs ne résistent pas au gel, les adultes sont congelables et se réveillent en quelques minutes (comme les Tardigrades) et sont capables de (re)pondre, dès le lendemain.

La simplicité de ce ver s'est imposée dans l'étude du vieillissement et de l'apoptose. Une grande partie des cellules du ver (302) sont des cellules neuronales, permettant également l'étude du système nerveux. Soit 30% ! Ce qui est considérable !

En 1998 ce ver fut le premier dont le génome ait été totalement séquencé : 97 millions de paires de bases réparties en six chromosomes (organisme diploïde) codant 19.099 gènes. Quarante pour cent d'entre eux auraient des équivalents dans le patrimoine génétique humain, ce qui confirme l’existence fondamentale de gènes de type organisateur dont le rôle dépasse les frontières des espèces.

Nous n’avons pas ici le loisir de développer le mécanisme de l’apoptose.(http://www.uvp5.univ-paris5.fr/wikinu/docvideos/Grenoble_1011/berger_francois/berger_francois_p01/berger_francois_p01.pdf)

Nous nous bornerons à dire qu’il s’agit d’un mode actif physico-chimique de destruction de la cellule par fragmentation, par opposition au mode passif qui serait la nécrose.

L’apoptose, mort sélective et programmée est à l’origine de la découpe de certains tissus embryonnaires, (voir syndactylie) et son dérèglement pourrait expliquer la prolifération dans élimination des cellules cancéreuses.

L’intérêt proprement épigénétique de l’animal est liée à la mise en évidence de la transmission de l'attirance pour une odeur acquise par l'expérience, transmise sur 3 générations, et reproduite jusqu'à 40 générations si cette caractéristique acquise est renforcée, d’autant que []l'épigénétique est associée à des modifications de longévité, transmises d'une génération à l'autre[].

L’épigénétique n’en est qu’à ses balbutiements, elle a fait des débuts plus que prometteurs et permet une synthèse entre des modèles physico-chimiques trop rigides auxquelles échappent certaines des manifestations de l’expression observée des gènes qui est influencée par le milieu et sans doute aussi les contraintes neurosensorielles.

Dans un article récent, François Gonon et Marie-pierre Moisan, « L’épigénétique, la nouvelle biologie de l’histoire individuelle ? » p. 21 -Revue française des affaires sociales 2013 – écrivent :

« Trois voies de transmission [des caractères] sont possibles : la transmission héréditaire par les cellules germinales, ovocyte et spermatozoïdes, l'imprégnation in utero et la transmission par les interactions sociales. »

On comprend ainsi – ce qui était intuitivement envisageable – que les mères porteuses ont par nature un impact direct certains sur l’acquisition de caractères par le fœtus - de source embryologiquement étrangère - qu’elles portent.

En 2010, Frances Champagne met en corrélation la malnutrition, le stress et l'exposition aux produits toxiques de la mère avec l'état de santé des enfants voire des petits enfants. Des études ont montré que les enfants de femmes enceintes durant les événements du 11 septembre 2001 possédaient un taux de cortisol plus élevé.

Ce contexte a déjà ouvert la voie à la manipulation et à l’exploitation idéologique :on peut déjà ainsi lire dans la même veine que « la mémoire traumatique de l’Holocauste se transmettrait génétiquement ». Il est précisé alors :« Il s’agit de la première démonstration de transmission d’un traumatisme parental à son enfant, associé à des changements épigénétiques[]».

Il fallait y penser !

Ces phénomènes impliqueraient que certaines maladies ne sont pas dues à mutations, c’est à dire à variations de la séquence d’ADN mais peut-être à des « épimutations ». Par exemple, une anomalie épigénétique serait impliquée dans plus de la moitié des cas de syndrome de Silver-Russel .


Mécanisme biochimique

L'ADN s'enroule en bobine autour des histones, protéines avec lesquelles il forme une structure à laquelle on a donné le nom de chromatine (quand on l'a observée au microscope grâce à une coloration chromatique).

On a déjà mis en évidence l’altération de l’ADN par le méthyle, ce que l’on appelle la méthylation ; plus précisément la méthylation de cytosine en 5-méthylcytosine des paires de base Cytosine-Guanine ; ce qui conduit à inhiber l'expression génétique d'un brin d'ADN :

- une faible méthylation se traduit le plus souvent par une forte expression du gène,

- alors qu'un haut niveau de méthylation inactive le gène.

Cependant, ce n’est pas général : il existe des exemples où une forte méthylation n'a pas de répercussions sur le niveau d'expression.

La méthylation de l'ADN est cependant l'acteur majeur de la mise en place de l'empreinte parentale, mécanisme par lequel l'expression d'un gène va dépendre de l'origine parentale. Par exemple, dans le cas d'un gène à expression maternelle, l'allèle paternel est méthylé et entièrement éteint alors que l'allèle maternel est non méthylé et entièrement exprimé.

Or il existe une interdépendance entre la méthylation de l'ADN et celle des histones : on a montré une interaction entre certaines protéines à activité de méthylation de l'ADN et un système de méthylation des histones. Nous sommes donc en présence d'un lien direct entre les activités enzymatiques responsables de deux mécanismes épigénétiques distincts.

L'épigénétique est donc un système régulateur fondamental au-delà de l'information contenue dans la séquence d'ADN.

Le gène défini par Mendel doit maintenant être considéré avec la chromatine qui l'entoure puisqu'elle joue un rôle primordial dans la régulation transcriptionnelle et que, de plus, elle est héréditaire tout comme les gènes mendéliens.

Nous n’en dirons pas plus ici : les données dont on dispose sont à l’évidence fragmentaires et peu nombreuses, c’est la conséquence de l’extrême jeunesse de cette discipline qui explique pourquoi les résultats de la transmission des caractères dits acquis échappent parfois aux modélisations prévues par la génétique.


Claude Timmerman


mardi, octobre 27 2015

LE VIVANT (troisième partie)

DES CARACTERISTIQUES PROPRES AU VIVANT


L’existence de protéines : composés chimiques complexes issus de la chimie du carbone, où dominent - outre le carbone – l’hydrogène H, l’oxygène 0, l’azote Z, le soufre S, le phosphore P auxquels s’ajoutent des éléments en petite quantité dits « oligoéléments » métaux ou métalloïdes.

L’idée que la taille considérable de ces molécules est une caractéristique du « vivant » est une erreur totale. Pour s’en persuader, il suffit de consulter par exemple les formules des minéraux argileux !

Pourtant il existe bien des caractéristiques bio-chimiques propres au vivant.

Les synthèses enzymatiques

Existence de catalyseurs biologiques multiples qui assurent la régulation de synthèses protéiques.

Toutes ces synthèses et toutes les activités de type proprement biologique ont une courbe d’activité de type sigmoïde qui conserve cette caractéristique en 4 phases :

- 1 - phase de latence jusqu’au seuil de réponse

- 2 - phase de croissance jusqu’au seuil de saturation

- 3 - phase plateau d’activité maximale jusqu’au seuil de toxicité

(les angles fluctuent évidemment en fonction des réactions spécifiques)

- 4 - phase de toxicité menant à la mort de façon plus ou moins brutale













On se souviendra là de la sentence de Paracelse :

«Le produit n’est rien, la dose fait tout.»

C’est bien le cas de l’arsenic dans le traitement de la ventilation pulmonaire ou celui du TNT e mployé en cardiologie sous le nom de trinitrine.

Ce qui caractérise les réactions chimiques observées dans le monde vivant c’est autant leur très grande complexité que leur fugacité : nombre de réactions mettent en jeu des produits d’une durée de vie qui va s’exprimer parfois en seconde !

C’est notamment le cas de tout ce qui concerne la synthèse et l’action des médiateurs chimiques et singulièrement des neuromédiateurs.

Par ailleurs, ce qui différencie majoritairement les substances biologiques par rapport aux non biologiques c’est leur sensibilité à la chaleur : elles sont presque toujours thermolabiles.

Au-delà des synthèses enzymatiques, toutes les réactions du monde biologiques suivent des courbes de ce type.


La cellule : expression fondamentale de l’architecture du vivant

Il s’agit seulement ici de brosser un tableau général de la structure cellulaire.

La cellule est la structure de base de l’architecture de tous les êtres vivants hormis les bactéries et les virus qui occupent une place quasiment intermédiaire entre le monde vivant et le monde minéral.

Nous dirons que la cellule est un ensemble composé :

- d’une membrane externe

- d’organites spécifiques des fonctions cellulaires (mitochondrie, chloroplastes, corps de Golgi, etc.)

- d’un cytoplasme potentiellement relié par les tubulures du réticulum endoplasmique aux cellules voisines et émaillé de vacuoles assurant la cohésion des regroupements en tissus.

- d’un noyau composé de chromatine en filaments - éventuellement contractée en chromosomes – limité par une membrane nucléaire.

Cellule animale


Cellule végétale


Ces cellules sont différenciées et associées en tissus liées à des fonctions spécifiques : soutien (squelette), nutrition, respiration, musculature, sécrétions (hormonales), excrétion, reproduction, relations (nerveux), etc.

La transmission génétique

Le matériel génétique : une spécificité uniquement terrestre ?

La présence des acides nucléiques et de ses composés annexes comme les bases puriques ou pyrimidiques est caractéristique de la chimie du monde biologique.

C’est pourquoi les résultats obtenus par les secondes analyses de la chondrite de Murchison sont si troublantes et si porteuses d’interrogations.

Une chondrite carbonatée tombée sur la toiture d’une maison en Australie du sud le 28 Septembre 1969. Environ 100 kg, dont 2% de carbone et 10% d’eau... Ce qui peut paraître inconcevable au vu de la calcination par frottement en traversant l’atmosphère dont tous les météorites sont le siège... La taille exceptionnelle de ce pavé parvenu peu fracturé lors de sa chute grâce au rôle d’amortissement de la maison permet d’expliquer qu’on ait pu déceler en son cœur des traces indiscutables de composés organiques non détruits.

Des analyses (reprises au début des années 2000) ont confirmé - à la stupeur des chercheurs - la présence de plus de plus de 70 acides aminés différents (dont une cinquantaine n’existe pas dans la biochimie de la Terre).

Y ont été identifiés, entre autres, l'alanine, la glycine, la valine, la leucine, l'isoleucine, la proline, l'acide aspartique et l'acide glutamique qui sont présents dans les protéines terrestres, notamment dans les acides nucléiques et des précurseurs de purines et des pyrimidines (bases azotées des codons du code génétique) ont également été trouvées.

Il s’agit bien là des précurseurs des maillons de l’ADN.

Malheureusement, comme pour le cas du moulinet de Tiahuanaco et pour des considérations idéologiques diamétralement opposées, ces résultats sont étouffés...

Pourtant, il n’est plus question aujourd’hui d’invoquer de quelconques artefacts de manipulation !

En 1980, un pêcheur du Tennessee, Dan Jones, découvrit un moulinet de canne à pêche incrusté dans la masse d’un rocher de la rivière. Cette roche caractéristique des Appalaches, la phyllithe, est donnée pour s’être formée lors de la séparation de l’Amérique et de l’Afrique, il y a 300 millions d’années ! Pourtant sa diagénisation autour d’un moulinet de pêche datant de moins de cinquante ans est avérée !

A la stupeur générale il a été déclaré officiellement qu’un tel objet géologique...n’existait pas ! (http://www.biorespire.com/2014/09/24/nouvel-article-de-blog/)

Mais l’origine ou l’existence d’un monde biologique non terrestre, ce qui devrait être une simple évidence statistique si on s’en tient aux paramètres du paradigme physico-chimique, n’est pas visiblement un concept près à être accepté, ce qui est pour le moins paradoxal de la part de ceux qui précisément, depuis l’idée de panmixie, ont voulu populariser l’idée d’une vie extraterrestre !

L’étude de la réplication de l’ADN a montré l’existence d’extrémités non codantes appelées Télomères.

Ces télomères garantissent que la réplication totale de l’information portée par le chromosome sera faite : sans ces extrémités plus au moins altérables lors du démarrage du processus de réplication, la partie codante, donc l’information génétique répliquée, pourrait être partiellement altérée voire perdue.


Les modélisations de transmission chromosomique des caractères (Rappels)

L’existence de chromosomes et de caractères transmissibles associés aux gènes a été mise en évidence bien après les premiers travaux qui ont mis en évidence la transmission de caractères entre générations.

Les travaux de Mendel (aux résultats hélas truqués) puis ceux de Morgan ont permis de comprendre le rôle des gènes et la manière dont ils se trouvent transmis au fil des générations successives.

Nous ne reprendrons pas ici les mécanismes classiques de la ségrégation des caractères associés aux gènes.

Nous soulignerons seulement les incohérences associées à une vision trop simpliste de la théorie chromosomique de l’hérédité.

- La conception linéaire classiquement encore enseignée issue d’une extrapolation des travaux de Morgan est un gros mensonge !

Mutation (donc changement allèle génique) → une nouvelle protéine → un caractère différent, cela n’existe pratiquement pas !

Le système est de type laticiel (maillage) et non pas linéaire !

Si on met plus spécifiquement un caractère modifié en lumière, associé à un certain gène muté repéré, on oublie trop facilement que ce gène muté a provoqué d’autres modifications, visibles ou non visibles, directement ou non directement détectables et de ce fait occultées...

Modifications qui se retrouvant combinées à celles d’autres gènes vont conduire à des modifications globales du génome totalement ingérable, même par ordinateur...

On touche là aux limites potentielles d’utilisation du modèle.
Morgan pourtant avait scrupuleusement noté qu’une mutation comme le célèbre caractère «aile vestigiale» était accompagné de modifications phénotypiques diverses, dont des poils modifiés sur les tarses des pattes...

Mais par souci de simplification et pour permettre une théorisation supposée cohérente, les évolutionnistes de la première moitié du XXème siècle – dont Huxley – ont soigneusement occulté cet aspect essentiel!

Rappelons, rapidement que le modèle classique de génétique des populations repose sur 4 postulats :

- «En l’absence d’effet extérieur et en admettant que tous les accouplements se passent de façon aléatoire, un allèle récessif conserve le même pourcentage de présence dans la population au fil des générations.»

(Loi de Hardy-Wenberg qui se démontre assez facilement en utilisant la récurrence des progressions géométriques.)

- Toute mutation d’un gène va se traduire par l’apparition d’un allèle nouveau qui va engendrer une sous population de ceux qui vont en être porteurs,

- L’existence d’un allèle favorable à la population dans un milieu donné va exercer une pression de sélection qui conduit à l’élimination graduelle des allèles comparativement moins favorables.

- La migration d’une partie de la population va engendrer une modification des fréquences alléliques dans la population résiduelle.

- La dérive génétique est l'évolution d'une population ou d'une espèce causée par des phénomènes aléatoires, impossible à prévoir. Du point de vue génétique, c'est la modification de la fréquence d'un allèle, ou d'un génotype, au sein d'une population, indépendamment des mutations, de la sélection naturelle et des migrations.

Elle conduit par le phénomène d’effet fondateur à la spéciation : les populations pionnières ne sont pas le reflet exact de la population de départ !


L’utilisation de ces diverses variables constitue l’armature de la modélisation de la génétique et de la génétique des populations.


Le clonage

Le clonage est une technique artificielle de reproduction à l’identique d’un individu en réalisant une «fausse fécondation» par implantation dans un ovocyte énucléé d’un noyau diploïde somatique de l’individu.

Le clonage offre donc la garantie théorique de conserver et de transmettre intégralement l’ensemble de la garniture chromosomique, donc l’ensemble de l’information portée par les gènes de l’individu...

 On voit clairement ici que la répartition et la forme des taches n’est pas exactement la même !

On observe les mêmes différences dans le cas du clonage vaches laitières hollandaises par exemple !

L’information génétique n’apparaît donc pas la seule responsable de l’expression phénotypique dans sa totalité!

La répartition et la taille des taches, expression phénotypique s’il en est, traduit une variabilité inexplicable selon la théorie chromosomique de l’hérédité.

Cette photo d’une douzaine de veaux clonés à partir d’un même sujet se passe de commentaires !

D’où la nécessité de prendre en compte d’autres facteurs, ce qui est l’objet de l’épigénétique.


Claude Timmerman


lundi, octobre 26 2015

LE VIVANT (seconde partie)

LE PRINCIPE DES "CAUSES ACTUELLES"


(Cinq mille ans de délires... auxquels les derrières observations astronomiques n’échappent pas !)

Le principe des «causes actuelles» stipule que les conditions générales physico-chimiques du milieu (de la planète) sont stables et sont restées inchangées dans le temps depuis les «origines».

Une stupidité qui a conduit à des absurdités qui semblent invraisemblables après réflexion mais ont conduit à des impasses scientifiques durables et qui conduisent encore à des élucubrations délirantes...

«Principe des causes actuelles» que de crimes (contre la pensée) commet-on (encore) en ton nom !


Les fluctuations de paramètres physiques

-  Jour et année :

L'évolution de la durée du jour au cours des époques géologiques a été vérifiée expérimentalement au XXe siècle en comptant les cercles de croissances des coraux fossiles.

Les coraux ont une croissance liée à l'éclairement diurne (formation du squelette calcaire uniquement le jour), mensuelle (coraux soumis aux marées) et annuelle (épaisseur des lignes de croissance différentes l'été et l'hiver).

 


Il est ainsi possible de déterminer le nombre de jours par an aux époques géologiques, comme pour les Rugosa, coraux du Dévonien datés par radio-chronologie de quatre cent millions d'années, qui montrent environ quatre-cent-dix lignes de croissance annuelles contre trois-cent-soixante-cinq pour les coraux actuels.

Sur d'autres coraux du Dévonien sont identifiées des bandes mensuelles équivalentes aux intervalles entre les phases de pleine lune et correspondant à treize mois lunaires par année dévonienne de trois cent quatre-vingt-dix-neuf jours.

D’où le tableau évolutif suivant :

La question n’est pas ici de discuter du bien-fondé de la datation absolue et de son découpage, mais bien de constater par ses effets biologiques que la durée du jour et la période de rotation de la terre ne sont pas constantes dans le temps et qu’apparemment la rotation terrestre est en ralentissement continu...


- Variations de la composition de l’atmosphère : oxygène


- Fluctuations de la teneur en gaz carbonique

On constate que le teneur en oxygène a varié en raison inverse de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère.

En particulier la forte teneur en oxygène de la période secondaire permet d’expliquer la présence et le développement des dinosaures : la puissance musculaire est directement liée à la capacité métabolique des oxydations cellulaires largement augmentée lorsque la teneur en oxygène est accrue.

De ce fait les considérations biomécaniques qui ont conduit à penser que « ces animaux trop gros pour évoluer en milieu terrestre ne pouvaient se déplacer que dans des zones marécageuses pour bénéficier de la poussée d’Archimède » (sic!)

La stupidité de la chose n’a effleuré personne : l’enlisement est apparemment un concept non scientifique ! Les mêmes énonceront gravement que les bergers landais utilisaient des échasses pour surveiller les troupeaux en bordure des marais ! Cela traîne partout même dans les dépliants des offices de tourisme... J’attends que quelqu’un m’explique comment on peut évoluer quand on a ses deux échasses fichées dans la boue !

Il est donc clair que les paramètres physico-chimiques supposés «constants dans le temps» ne l’ont jamais été !


Les fruits de l’extrapolation du délire scientifico-médiatique 

Kepler 452 b - Ou comment confondre (une fois de plus !) «précision» et «certitude»

De quoi s’agit-il ?

De la découverte avérée, après examen de centaines de photos, d’une tache mouvante périodique sur la brillance d’une étoile, autrement dit de l’existence probable (mais pas même certaine !) d’une planète en orbite autour de cette étoile qui laisse - vue du télescope – une ombre sur la surface de l’étoile quand elle passe «devant»... Et c’est tout !

Qu’on en déduise par le calcul sa taille et sa masse potentielle à partir de son diamètre apparent et d’une supposée composition rocheuse moyenne «standard» est une chose déjà hasardeuse en soi, mais en déduire comme certains scientifiques le déclarent qu’il s’agirait d’une planète sœur de la terre propre à la vie (humaine) est aussi grotesque que stupide !

Oublierait-on sur Terre que la vie y était extrêmement difficile en milieu terrestre jusqu’à la fin du Silurien par suite de la composition de l’atmosphère ?

Oublierait-on aussi qu’envoyer des hommes à un million et demi d’années lumière n’a aucun sens !

(J’ajouterai enfin que si effectivement la gravité y est double de ce qu’elle est sur terre, on n’a aucune chance de pouvoir y envoyer des personnes du beau sexe... Quelle femme taillant un petit 38 accepterait de se réveiller là-bas le matin en sachant qu’elle pèse plus de cent kilos ?...)

Mais cela ne décourage pas les médias en délire souvent épaulés hélas par le milieu scientifique qui se répand en vidéos.  


On a même droit à des paysages !


On attend maintenant les premières photos des dinosaures (ou « trinosaures » ?) qui s’y trouvent !


L’eau sur Mars existe et elle est salée !

C’est nouveau, cela vient de sortir...avant hier ! 

A partir de cette photo, on déduit de ces variations de teinte l’existence de coulées périodiques d’eau salée.... Il est vrai que les photos déjà connues suggèrent un matériel géologique de type «galet», ce qu’on peut associer chez nous à des formations géologiques de type poudingue comme à Riez-Valensol.

Mais de là à en déduire l’existence d’une érosion et d’un remaniement de type fluvial il y a des limites !


Claude Timmerman


 


vendredi, octobre 23 2015

LE VIVANT

DES LIMITES DU PARADIGME PHYSICO-CHIMIQUE A L'EMERGENCE D'UNE EPISTEME PROPRE AU BIOLOGIQUE 


Le paradigme physico-chimique est insuffisant


La définition la plus simple et la plus complète du «vivant» se résumerait à ceci:

«La principale caractéristique d’un être vivant, par rapport au milieu minéral, est qu’il est un corps qui forme lui-même sa propre substance à partir de celles qu’il puise dans le milieu.

De ce phénomène d'assimilation, découlent tous les autres phénomènes propres au vivant:

- la régénération et le renouvellement de leurs tissus,

- la reproduction et le développement de l’organisme,

- l’évolution dans le temps par acquisition d’organes diversifiés et de facultés plus éminentes.

L’organisme vivant est inféodé au temps: il naît, vit et meurt.

Il se distingue également du minéral par le fait qu'il s'écarte durablement de l'équilibre thermodynamique selon un processus appelé homéostasie, phénomène par lequel un facteur clé (par exemple, température) est maintenu autour d'une valeur supposée bénéfique pour le système considéré, grâce à un processus de régulation

La question thermodynamique a longtemps hanté les physiciens dans la mesure où la vie semble, du moins en apparence, être contraire au second principe de la thermodynamique.

En substance, l'explication développée par Schrodinger consiste à rappeler qu'un système vivant n'est pas un système isolé et que donc s'il parvient à réduire ou maintenir constante son entropie, c'est parce qu'il exporte de l'entropie vers son environnement (typiquement donc, un organisme vivant produit des déchets).

Il a abordé le sujet en publiant en 1944 sur le sujet:«Qu'est-ce que la vie ?»


Reprenons point par point les caractéristiques précédentes à la lumière du paradigme physico-chimique.


Analyses des caractéristiques physico-chimiques considérées comme caractéristiques du vivant


Le phénomène d’assimilation et ses conséquences:

«L’être vivant forme sa propre substance à partir de celles qu’il puise dans le milieu.»

Est-ce une caractéristique du «vivant» ? La réponse est clairement non !


a) La croissance des cristaux

- Cristaux de sulfate de cuivre et autre.


La cristallisation et sa croissance est un phénomène si fréquent qu'elle conduit aujourd’hui à faire des jeux éducatifs et des concours scolaires voire universitaires !

 

- Cristaux de sélénite:

Il s’agit dans cet exemple particulièrement spectaculaire de cristaux géants de sulfate de calcium (gypse).

Grotte de Naica – Mine – Chihuahua – Mexique

300 m -  55° - 100% d’humidité

10 M 55T


Dans ce milieu, les cristaux connaissent une croissance continue.

Les personnages donnent l’échelle !

Pour la petite histoire, on notera que Jules Verne avait prévu (parmi tant d’autres !) la découverte de ce genre de structures décrites dans «Voyage au centre de la Terre». On connaît aussi des cristaux de quartz géants, etc.

Dans tous ces exemples, on notera cependant que si «l’être cristal puise effectivement sa substance dans le milieu environnant», il s’agit toujours de sa propre substance chimique présente sous un autre état physique: vapeur (grêle) ou liquide (composé chimique en solution).

Il n’y a pas là de «synthèse chimique»: il s’agit de la même substance sous deux états physiques !


b) les synthèses physico-chimiques

- L’œuf de Miller-Urey : à partir d’eau, méthane, ammoniac, hydrogène, on assiste sous l’impact de décharges électriques à la formation des premiers composés organiques azotés.

Formation de Acétylène, cyanoacétylène, etc.


Dans la nature, les gaz volcaniques sont constitués d'un mélange de différents gaz, essentiellement de la vapeur d'eau et du dioxyde de carbone ainsi que du dioxyde de soufre, du monoxyde de carbone, du sulfure d'hydrogène, du chlorure d'hydrogène ou encore du dihydrogène en quantités non négligeables.

C’est aussi ce que l’on observe dans les fameuses cheminées sous-marines.

Le méthane naturel atmosphérique a aujourd’hui disparu sur Terre, mais est présent dans les nuages interstellaires, sur Titan (même sous forme liquide) et diverses planètes...


c) Le pétrole abiotique: mythe et réalité

En 1757, le scientifique russe Mikhaïl Lomonossov formule plus clairement l'hypothèse selon laquelle le pétrole tirerait son origine de détritus biologiques.

Cette hypothèse est rejetée au début du XIXesiècle par le géologue et chimiste allemand Alexander von Humboldt et le thermodynamicien Gay-Lussac. Selon eux, le pétrole serait en fait un matériau primordial de la Terre issu de grandes profondeurs, qui parviendrait en surface par des éruptions à froid[].

A ce jour, aucune observation n’a cependant mis en évidence de façon claire l’existence de pétrole d’origine minérale profonde.

Pourtant, la présence indiscutable de très grandes quantités de carbone et de méthane sur Titan (satellite de Jupiter) et sur d’autres structures de type planétaire laissent penser que des synthèses caractéristiques de la chimie organique sont susceptibles de se produire dans un milieu uniquement «minéral».

On constate ainsi que dans le monde scientifique du physico-chimique l’existence d’une chimie carbonée considérée comme nécessairement associée à la transformation de la matière vivante est très clairement envisageable comme issue directement du minéral.


d) La pseudo-morphose

Dans ce processus, ma substance originale est remplacée graduellement par une substance différente, sans réactions chimiques.

Exemple : la silice remplace la fibre du bois en donnant le bois pétrifié.

Là encore, si le milieu fournit la substance, le bois l’absorbe sans qu’il soit le lieu de synthèse à proprement parler.

Au mieux, nous dirons que la silice dissoute qui imprègne le bois va s’y cristalliser: ce n’est qu’un changement de l’état physico-chimique de la substance.


e) La «reproduction cristalline»: surfusion du soufre

Le soufre fond à 115°

Il peut être obtenu sous deux formes cristallines : des octaèdres orthorhombiques ou en prismes monocliniques ; la forme orthorhombique étant la plus stable aux températures ordinaires.

Du soufre amorphe ou « plastique » peut être produit par refroidissement rapide du soufre fondu.

Les études par rayons X prouvent que la forme amorphe est formée d'une structure hélicoïdale avec huit atomes de soufre par spire.

L’expérience est classique :

Si on laisse refroidir un bain de soufre en fusion, on constate que sa température peut s’abaisser en dessous du point de solidification en restant liquide.

Il s’agit d’un état transitoire de la matière qualifié de « métastable ».

Il suffit alors d’introduire dans le milieu une particule de soufre cristallisée pour voir le bain entier se figer quasi immédiatement dans la forme cristalline correspondant à la particule de soufre introduite.

On peut donc dire que le phénomène de cristallisation est là le siège d’une forme de reproduction.

Le phénomène de régulation

Il existe dans les phénomènes physico-chimiques toutes sortes de régulations des équilibres, nous n’en évoquerons qu’une ici particulièrement importante.

Le produit de solubilité:

Exemple:

Une dissociation mono-ionique.

On calcule le produit ionique (produit des concentrations des ions en suspension) :

La concentration ionique porte donc en elle, par l’existence d’une constante Ks, sa propre régulation.

La dépendance au temps 

La dépendance au temps, intuitivement associée au vivant, concerne aussi le monde non vivant.

a) La radioactivité


τ cesium 137Cs = 30,15 ans

 

τ carbone 14C =

5730 ± 40ans



Utilisation : datations de produits organiques (vins, peintures, bois anciens, ivoire, etc...)

(Nous ne reprendrons pas ici les aberrations de datations qui sont liées non pas à la décomposition isotopique mais aux postulats de la méthodologie utilisée telle potassium/Argon.)

On notera que le césium 137Cs inconnu dans la nature n’y est présent que depuis l’expérimentation atomique et les essais nucléaires (1949). Par suite toute détection de cet isotope dans des «objets anciens» prouve l’existence de supercheries...


b) Évolution dans le temps

Certaines formes cristallines évoluent spontanément dans le temps, c’est notamment le cas du carbonate de calcium d’origine organique (coquilles de mollusques par exemple).

- Aragonite → Calcite

L’aragonite est la forme classique du carbonate de calcium présent dans les coquilles.

(C’est toujours du carbonate de calcium mais la cristallisation change du système orthorhombique au système rhomboédrique.) Les deux formes peuvent d’ailleurs coexister dans certaines coquilles (cas de l’ormeau). 


Caractéristiques considérées comme purement «minérales» du matériel biologique


a) Chimie du silicium et chimie du carbone

On oppose classiquement une chimie «minérale» associée au silicium à une chimie «organique» associée au carbone.

Nous avons vu que le méthane et d’autres substances non «biologiques» sont caractéristiques de la chimie du carbone. A l’inverse, le silicium n’est pas propre au «minéral». Chacun connaît par exemple les tiges de graminées riches en silicium...

Moins connues, mais plus spectaculaires, les Prêles ont des tiges si riches en silicium qu'elles sont utilisées comme abrasif!

D’une manière générale, il existe un type de tissu de soutien des végétaux dont le sclérenchyme, souvent riche en silicium.


b) Cristallisation

Nombre d’objets du monde vivant cristallisent.


- Protéines (lysozymes)

 

- Virus

 

La cristallisation n’est donc pas caractéristique du «minéral»!

Au terme de cette évocation de propriétés classiques, nous voyons que la réduction du vivant au simple contexte physico-chimique ne permet ni de le différencier clairement, ni d’en spécifier les singularités.

 

Claude Timmerman



vendredi, octobre 9 2015

La lutte contre le réchauffement climatique : une croisade absurde, coûteuse et inutile

Livre Blanc rédigé par la Société de Calcul Mathématique SA

L'ensemble  des politiques  publiques, françaises, européennes, mondiales,  trouve  aujourd'hui  son origine, son inspiration, dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le credo initial  est  simple  à  décrire  :  il  postule  que  les  températures  à  la  surface  du  globe  ne  cessent  d‟augmenter depuis trente ans et que l'homme en est responsable.

Il en résulte toutes sortes de discussions, conférences, réglementations, qui ont en définitive  un impact fort sur l'état de  notre économie. Tous les domaines sont concernés : les transports,  l'habitat,  l'énergie,  etc.  Pourquoi  faut-il  économiser  l'énergie  ?  C'est tout simple  :  il  faut  réduire l'impact de l'homme sur la planète. Voilà le credo de base.

Les  conséquences  sur  la  recherche  scientifique  dans  son  ensemble  sont  particulièrement  nettes et particulièrement malsaines. Pas une étude ne peut être lancée, sur quelque sujet que  ce soit, si elle ne fait directement référence au réchauffement climatique. Vous souhaitez travailler sur la géologie du bassin de la Garonne ? Voilà pourtant un sujet complètement normal  et socialement utile à tous égards. Eh bien, votre étude ne sera financée, ne sera approuvée,  ne  sera  publiée,  que  si  elle  mentionne  les  possibilités  de  stockage  géologique  du  CO2.  C'est consternant.
La croisade a envahi tous les domaines et tous les esprits : la lutte contre le CO2  est devenue  une priorité nationale. Comment en sommes-nous arrivés là, dans un pays qui se veut cartésien ?

Elle  trouve sa source dans les déclarations du GIEC, réitérées au fil des années, reprises par  la Commission Européenne et par les Etats membres. La France, qui se veut le "bon élève de  l'Europe", rajoute à chaque croisade une couche supplémentaire de vertu. Là où les autres décident  une  réduction,  nous  déciderons  par  principe  une  réduction  plus  importante,  sans  la  moindre interrogation sur la pertinence de la mesure : une croisade est vertueuse par principe.
On ne saurait être trop vertueux.
Mais le mathématicien ne croit pas aux croisades ; il regarde les faits, les données, les observations, les raisonnements.

La suite ici : http://www.scmsa.eu/archives/SCM_RC_2015_08.pdf

mardi, septembre 15 2015

Fragmentation des écosystèmes : les effets seront pires que prévu

La fragmentation d’un écosystème naturel consiste en la division du paysage (bois, plaines, forêts…) en lieux plus petits et isolés, séparés par des paysages transformés par l’Homme (champs agricoles, villes, canaux, etc.). Une étude à grande échelle révèle que ce processus est une véritable bombe à retardement : la division des habitats naturels aura des effets négatifs à long terme non seulement sur la biodiversité des écosystèmes mais aussi sur leur fonctionnement. Contrairement à ce que pensaient les biologistes jusqu’à maintenant, les conséquences les plus visibles des fragmentations en cours ne seront détectables que dans 15 à 20 ans…

Pour cette étude de grande envergure, une équipe internationale a d’abord analysé l’évolution du couvert forestier terrestre en se basant sur des données satellitaires mondiales. Cette équipe est composée d’une trentaine de scientifiques issus de sept pays (France, États-Unis, Canada, Brésil…) et menés par un consortium international de chercheurs, comprenant Jean Clobert de la Station d’écologie expérimentale du CNRS à Moulis (Ariège).

Leurs résultats sont alarmants : ils révèlent que dans plus de 70 % des cas, où que l’on soit dans la forêt, la lisière (limite entre deux milieux, par exemple entre une forêt et une prairie, une clairière, une plage…) se situe à moins d’un kilomètre. La lisière présente des conditions microclimatiques et écologiques particulières et parfois des micro-habitats spécifiques, favorables ou au contraire défavorables aux espèces des milieux adjacents. Elle est pour cette raison, soumise à une dynamique écopaysagère propre. On parle d’« effet-lisière » (ou « effet-bordure ») qui induit tout un ensemble d’effets négatifs notamment sur les espèces originelles dont le nombre peut chuter à la faveur, entre autres, de l’arrivée d’espèces envahissantes.

Le Métatron est un des sept dispositifs expérimentaux grâce auxquels les auteurs de l’étude ont pu obtenir des données pour leur analyse des effets de la fragmentation sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Cet équipement unique au monde dépend de la Station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis. Il est implanté en Ariège. © CNRS Photothèque, Quentin Benard (photo de gauche), Dominique Joly (photo de droite)
Le Métatron est un des sept dispositifs expérimentaux grâce auxquels les auteurs de l’étude ont pu obtenir des données pour leur analyse des effets de la fragmentation sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Cet équipement unique au monde dépend de la Station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis. Il est implanté en Ariège. © CNRS Photothèque, Quentin Benard (photo de gauche), Dominique Joly (photo de droite)

Réduction de la biodiversité de 13 à 75 %

L’équipe a ensuite étudié les données recueillies de 10 expériences de fragmentations à long terme, dont certaines sont en cours depuis plus de 35 ans. Celles-ci sont menées sur des espaces grandeur nature sur divers types d’écosystèmes (forêts, plaines…). Les chercheurs se sont surtout intéressés à l’évolution du nombre d’espèces vivant sur ces parcelles au fil des années. Là encore, le constat est inquiétant. La fragmentation, notamment due à la déforestation dans les régions tempérées et tropicales, réduit la biodiversité de 13 à 75 % et détériore des fonctions clés des écosystèmes comme le recyclage de la matière organique.

Les effets sont plus marqués dans les fragments les plus petits et les plus isolés et s’amplifient avec le temps. « Plus que jamais, il est urgent d’adopter des mesures de conservation et de restauration des milieux naturels confrontés à la fragmentation. Cela est crucial pour endiguer les problématiques d’extinctions d’espèces et maintenir le bon fonctionnement des écosystèmes », insiste Jean Clobert, directeur de la Station d’écologie expérimentale du CNRS à Moulis.

Afin de déterminer plus rapidement les causes des effets à long terme de la fragmentation (en 2-3 ans contre 15 à 20 ans) et d’étudier l’interaction entre fragmentation et ","matchindex":"\u221ee5d0f022526809f711848941c0ffbb4e\u221e","matchcontent":"r\u00e9chauffement climatique"}" fs:xt:clicktype="N" fs:xt:clickname="clic-content::definition::13827-Rechauffement-climatique">réchauffement climatique, les chercheurs préconisent l’utilisation de modèles de fragmentations plus petits que les expérimentations grandeur nature. Le modèle « Métatron », développé par l’équipe de Jean Clobert sur la Station d’écologie du CNRS à Moulis, fera partie des outils expérimentaux choisis pour prévoir ces effets à long terme.

Source : http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/foret-fragmentation-ecosystemes-effets-seront-pires-prevu-58248/

jeudi, juillet 2 2015

Ségolène Royale, le meilleur agent de Monsanto ?

Depuis quelques semaines, le petit monde politique s’agite curieusement beaucoup autour du caractère « cancérogène probable » enfin reconnu de certains herbicides, notamment du glyphosate, un désherbant total systémique commercialisé sous brevet par Monsanto avec l’appellation commerciale de « Round Up » depuis 1974.


Cet herbicide a connu durant plus de trente ans une diffusion planétaire car son emploi – premier cas connu en la matière – a été rapidement jumelé avec la mise sur le marché des premières semences OGM...

Monsanto dès le début de ses recherches OGM s’est focalisé sur 2 aspects très particuliers, aux arrières pensées politiques et commerciales beaucoup plus affirmées que les grandes envolées lyriques et humanistes sur la création de plantes et d’animaux « fabricants de médicaments » ne le laisseraient supposer...

N’a a-t-on pas vu - lorsque José Bové a commencé ses campagnes de destruction de champs expérimentaux d’OGM susceptibles de diffuser, sciemment, des gènes modifiés aux populations végétales alentours - le Monde titrer : « José Bové contre la recherche médicale » (sic !).

Or, jamais il n’y eut la moindre recherche d’envergure effectuée dans ce domaine : c’est de la poudre aux yeux !

La recherche Monsanto s’est cantonnée dans deux domaines financièrement très porteurs :

- La suspension de fertilité des fructifications chez les céréales (autrement dit la stérilité génétique des grains produits, résultat du fameux pool transgénique dit « Terminator ») conduisant les cultivateurs à devoir systématiquement racheter des semences d’une campagne de culture sur l’autre, car assurés de ne pouvoir ressemer une partie du grain récolté pour la récolte suivante.

Une arme du grand dessin de contrôle politique ethnique mondial déjà esquissé par Henry Kissinger :

« Qui contrôle la nourriture contrôle les populations, qui contrôle l’énergie contrôle les nations et celui qui contrôle la monnaie contrôle le monde ».


L’OGM devient ainsi le premier moyen mondial de chantage politique à la famine !

- L’incorporation aux plantes cultivées de gènes résistants aux molécules actives d’herbicides totaux.

Ainsi l’OGM sera semé sur un terrain totalement « nettoyé » où lui seul pourra pousser et se développer.

C’est ainsi que fut créée la gamme des semences dites RR « Round Up Résistantes » commercialement intitulées « Round Up Ready » (prêtes pour les traitements au Round Up).

Pour semer dans de bonnes conditions, on est donc contraint d’avoir recours à l’herbicide concerné.

L’art et la manière de se créer un monopole commercial biologique par la biochimie et la génétique...

Une histoire qui a évidemment pris dès le début pour support les plantes les plus stratégiques, les plus cultivées : les céréales, bases de l’alimentation ! En particulier le blé, le riz, le maïs et le soja, fondement de l’alimentation animale intensive.

Le glyphosate a ainsi recouvert la planète durant des décennies avec la bénédiction de tous les productivistes, sans que les voix discordantes de quelques chercheurs avisés ne parviennent à se faire entendre.

On a constaté les effets nocifs de la rémanence du glyphosate, la non dégradation de nombre de ses sous-produits dans les zones traitées, etc.

On a même mis en évidence des plantes devenues résistantes dès les années 2000, sans parler de transfert du gène de résistance, ce qui a conduit à l’abandon de milliers d’hectares de terres céréalières cultivées aux USA, totalement envahies par des Chénopodes, ou des Ambroisies, au Delaware, au Texas et en Géorgie...

Dans la vallée du Rhône, ce sont les cultures de tournesol qui sont envahies par l’Ambroisie.

Pire, l’action reprotoxique du Round Up sur des cotonniers transgéniques a abouti à l’effondrement des rendements !

Mais finalement personne n’a bougé : Monsanto usait de sa position de monopole mondial !

Pourtant cette position était condamnée à terme, les brevets tombant finalement dans le domaine public...

Le glyphosate est devenu d’usage public en 2000, mais les semences RR de Monsanto restant sous brevet, cela a permis, malgré la mise sur le marché de préparations de glyphosate concurrentes au Round Up, à Monsanto de bénéficier depuis quinze ans encore d’une véritable prolongation de sa situation de monopole.

Mais Monsanto - dès avant la date fatidique - avait su anticiper... en isolant un gène résistant (aussitôt breveté rassurez-vous !) à une autre molécule herbicide : le dicamba !

Mise au point par Union Carbide, cette molécule a fait l’objet d’un accord d’exploitation avec Monsanto finalisé le 20 janvier 2009. Date historiquement autrement plus importante à cause de cet accord que par la prestation de serment de Barack Obama !

Car le dicamba est au glyphosate ce que la bombe H est à la bombe A...

Un agent chimique reconnu tératogène chez l’homme (excusez du peu !) dérivé de l’acide benzoïque !

Considéré comme « modérément toxique » par la littérature de propagande, sa dose létale 50 orale (DL 50) chez le rat est de...2,74 mg/kg ! Un record de toxicité inégalé pour ce genre de produit...

Si le benzène est reconnu comme agent cancérogène, personne curieusement ne semble encore s’être sérieusement penché sur le rôle de l’acide benzoïque qui entre d’ailleurs dans la composition de nombre d’additifs alimentaires... C’est rassurant !

Tel est donc le substitut du glyphosate stratégiquement prévu depuis bientôt dix ans et aujourd’hui en cours de mise en place chez Monsanto !

Curieusement c’est donc seulement au moment où ce monopole commercial du glyphosate est sérieusement ébranlé, alors que Monsanto en prépare le relais, que la machine médico-médiatique se met en marche...

Coïncidence sans doute, le brevet sur le soja Roundup Ready de première génération de Monsanto (RR1) a pris fin en mars 2015... D’autres évidemment vont tomber prochainement dans le domaine publique.

C’est alors que « Sus au glyphosate », devient le nouveau mot d’ordre à la mode, évidemment lancé par Monsanto, quoi qu’il en dise, pour éviter de se faire déborder par la concurrence...

Et c’est là que l’on voit Ségolène Royale, bien connue pour sa politique de défense de l’environnement et des espèces sauvages, monter au créneau !

Rappelons que notre ministresse de l’environnement s’est illustrée en autorisant le massacre puis l’éradication des bouquetins du Bargy pour contenter les fabricants de reblochon, plus récemment en acceptant le massacre des loups « responsables » soit disant de « massacres de milliers brebis » un nombres tels que la population totale des loups d’Europe n’y suffirait pas – et en acceptant l’éradication des blaireaux dans l’Yonne, avant d’autoriser récemment les saccageurs agricoles de la bordure du marais poitevin à labourer des zones de prairies naturelles permanentes pourtant classées en zone sensible...

Une perte irrémédiable pour la biodiversité et un risque considérable pour la conservation de cet écosystème particulièrement fragile !

Jamais un ministre, en France, n’aura autant œuvré pour légaliser le massacre de la biodiversité...

S’attaquant brusquement à la question des pollutions du milieu aux herbicides, mais uniquement au glyphosate, Ségolène s’est empressée de souligner que les mesures d’interdiction qui seraient prises ne concerneraient que les particuliers et absolument pas les agriculteurs !

Ouf ! Les productivistes pourront donc continuer à empoisonner sciemment le milieu avec l’aval du gouvernement...

Les coupables se sont bien évidemment, comme toujours pour les agriculteurs, les particuliers !

Ce sont eux qui, avec leur petits jardins et les pesticides qu’ils y déversent sûrement à seau, qui polluent le pays depuis des décennies.

Qu’on se le dise !

D’ailleurs, cynisme ou provocation, une association de défense des productivistes, victimes des pesticides vient de se créer : http://www.phyto-victimes.fr/qui-sommes-nous/

Baptisée « phyto-victimes » elle regroupe « des personnes (ou leurs proches) qui ont utilisés des pesticides, du fait de leur activités professionnelles, ayant entraîné des problèmes de santé » (sic !)

Soyons clairs : les problèmes de santé liés aux pesticides sont réservés aux empoisonneurs !

Si vous habitez à la campagne avec votre famille en bordure d’un champ régulièrement traité et que vous bénéficiez ainsi de toutes les pulvérisations dont il est l’objet, vous n’avez rien à dire ! Par contre si vous êtes l’auteur de ces pulvérisations, vous avez le droit à l’assistance de l’association dont le conseil d’administration est quasi exclusivement composé d’agriculteurs du productivisme, catégorisés ici pour les besoins de la cause sous l’étiquette « grandes cultures »...

La page d’accueil du site http://www.phyto-victimes.fr/ annonce d’ailleurs fièrement :

«  La guerre au Roundup est déclarée. Ségolène Royal a porté une nouvelle estocade contre le produit vedette de Monsanto, lundi 16 juin. Un « amendement à la loi de transition énergétique interdira le glyphosate en vente libre au 1er janvier 2016 ».

Soyons clairs : les jardiniers lampistes, à la consommation infinitésimale, vont être privés de glyphosate, et en priorité bien sûr aujourd’hui des produits herbicides autres que le Round Up, contenant du glyphosate, mis récemment sur le marché par les concurrents de Monsanto dans les jardineries. Car c’est bien là le cœur du problème !

On a d’ailleurs largement vu dame Ségolène se précipiter devant des caméras complaisantes pour les retirer des rayons !

Mais pour les productivistes empoisonneurs, rien de changé : la « vente libre » ne les concerne pas !

Sur le fond, le marché des herbicides sera donc désormais totalement ouvert pour que Monsanto y déverse ses nouveaux poisons tout fraîchement brevetés, et dont les molécules actives n’ont encore fait l’objet d’aucune étude sérieuse d’impact !

Une stérilisation des sols encore plus efficace, qui permettra sans doute de lutter contre l’envahissement de l’ambroisie mais qui amènera évidemment à terme à l’apparition de nouvelles formes de résistances particulièrement inquiétantes....

Mais de quoi, pour Monsanto, être tranquille pour quelques nouvelles dizaines années, et lui permettre de consolider sa position de monopole...

Madame Royale, par cette prise de position, ne fait que nettoyer le terrain en vue de cette nouvelle offensive commerciale.

Monsanto peut donc dire merci à Ségolène...

Claude Timmerman 21 / 06 / 15

dimanche, mai 31 2015

Récifs artificiels : la fin de l'immersion des pneus en mer

Durant les années 1960, des millions de pneus ont été immergés près des côtes et ce pour la bonne cause : créer des récifs artificiels devenant des havres de vie. Mais l'idée n'était pas bonne car les animaux marins n'apprécient guère les hydrocarbures dont sont imprégnés les pneumatiques. La France se met au diapason pour repêcher ceux qui gisent encore en Méditerranée.



Une partie des 25.000 pneus immergés en Méditerranée entre Cannes et Antibes dans les années 1980 est en train d'être retirée à l'initiative de l'Agence des aires marines protégées, une première pour cet établissement dépendant du ministère de l'Écologie. L'opération pilote, qui porte sur quelque 2.500 pneus et qui se déroule sur un site classé Natura 2000, sera évaluée avant un éventuel retrait de l'ensemble des pneumatiques, en 2016, afin de « restaurer le milieu marin », selon l'agence basée à Brest.

Ils avaient été immergés sur ce site, le plus important en France, afin de développer la production halieutique et soutenir la pêche professionnelle artisanale en recréant un habitat artificiel dans une zone qui en était dépourvue. On pensait alors que les pneus étaient « non polluants » et même « totalement inertes », rappelle l'agence brestoise. Le récif, comme d'autres dans le monde constitués de pneus attachés les uns aux autres, n'a cependant pas résisté à la houle et aux courants et les pneus se sont éparpillés, détériorant le paysage sous-marin et les écosystèmes voisins. Ces récifs « présentent une colonisation nettement moindre que les récifs en béton (40 % de moins) », assure en outre l'agence.

« Si la colonisation n'a jamais eu lieu, c'est parce que les pneus usagés sont recouverts d'hydrocarbures et que leur décomposition progressive libère dans l'environnement des métaux lourds toxiques pour les organismes marins », explique à l'AFP Jacky Bonnemain, porte-parole de l'association écologiste Robin des Bois. « Les pneus ne font pas partie du milieu marin ! » lance, comme une évidence, Gérard Véron, du laboratoire des ressources halieutiques de l'Ifremer (l'institut français de recherche pour l'Exploitation de la mer), mentionnant les « produits toxiques » qui en émanent.

Un exemple vieux de trois mille ans

L'idée semblait bonne, d'autant le déclin des récifs coralliens est préoccupant. Les récifs artificiels ont été utilisés de tout temps dans de nombreuses régions du monde, selon l'Organisation maritime internationale (OMI), qui pointait en 2009 ceux créés il y a environ trois mille ans en Méditerranée : les pierres servant à lester les cages à filet utilisées pour la pêche au thon étaient abandonnées et, avec le temps, s’accumulaient et formaient des sites attirant les poissons. La France a relancé le principe en 1968, notamment sur la façade méditerranéenne, afin d'augmenter la ressource. Pour cela, certains matériaux usagés y ont été recyclés comme des poteaux électriques, des cages d'escalier en béton, des épaves ou, plus tard, des pneumatiques. On compte actuellement 90.000 m3 de récifs artificiels au large des côtes de l'Hexagone, selon l'Agence des aires marines.

Le Japon est cependant au premier rang mondial pour les volumes immergés, avec plus de 20 millions de m3, essentiellement dans un objectif halieutique. Les États-Unis arrivent en deuxième position avec plus de 1.000 sites aménagés dans un objectif récréatif cette fois. En Floride, ce sont ainsi près de deux millions de pneus qui ont été immergés au large de Fort Lauderdale en 1972, sur proposition du géant américain du pneumatique Goodyear. En France, ce sont quelque 350.000 tonnes de pneus usés qui arrivent en fin de vie chaque année, selon des chiffres de 2014 du ministère de l'Écologie. Leur stockage a posé problème jusqu'à l'organisation d'une filière de recyclage en 2003.

« Goodyear avait dit "ça va être utile aux pêcheurs et à la mer" », se souvient Jacky Bonnemain. « C'était pour donner à une action volontaire d'abandon de déchets dans l'environnement un vernis d'utilité », estime l'écologiste. Or, en Floride comme ailleurs, suite aux nombreuses tempêtes et ouragans, les pneus ont fini par se défaire de leurs liens et sont venus s'échouer sur les plages tout en endommageant les récifs coralliens environnants. « La menace est sérieuse », indique le département de protection de l'environnement de l'État de Floride sur son site Internet, dans une présentation de l'opération menée entre 2007 et 2010 pour en retirer une partie, reconnaissant cependant « la complexité » et « l'ampleur du défi ».

Source :http://www.futura-sciences.com/magazines/environnement/infos/actu/d/ocean-recifs-artificiels-fin-immersion-pneus-mer-58205/

mercredi, avril 29 2015

Un nouveau scénario pour l’apparition de la vie


Un chimiste britannique a découvert que l’assemblage des briques du vivant aurait pu se produire dans de simples flaques d’eau.

La chimie des origines de la vie, aussi appelée chimie prébiotique, se heurte depuis longtemps au paradoxe de l’œuf et de la poule dans sa version la plus originelle: le matériel génétique, ARN ou ADN, est-il apparu avant ou après les protéines? Il faut en effet un code génétique pour fabriquer des protéines. Mais il faut des enzymes, un type de protéine particulier, pour traduire ce code. En d’autres termes, il faut des protéines pour fabriquer des protéines. Un cercle vicieux de la pire espèce.

Pour en sortir, deux solutions : la théorie du monde ARN (acide ribonucléique) selon laquelle les ARN originels fonctionnaient sans enzymes (étant eux-mêmes capables de remplir le rôle de certaines enzymes indispensables à l’émergence et au maintien d’une vie minimale) ; et la théorie de la coévolution qui prévoit l’apparition à peu près simultanée sur Terre des protéines et des ARN. C’est vers ce deuxième scénario que semble aujourd’hui pencher le chercheur anglais John Sutherland.

En 2009, ce grand spécialiste de la chimie prébiotique réussissait à fabriquer, à partir de molécules très simples, deux des quatre types de ribonucléotides dont l’enchaînement forme les brins d’ARN. Cette grande découverte faisait alors pencher la balance en faveur de la théorie du «monde ARN». Mais il démontre aujourd’hui dans la revue Nature Chemistry être capable de fabriquer également plus d’une dizaine d’acides aminés, les briques élémentaires qui forment les protéines, par des procédés similaires.

«Il suffirait en quelque sorte de mettre dans de l’eau du sulfure d’hydrogène (H2S) et du cyanure d’hydrogène (HCN), deux molécules très simples qui devaient être abondantes sur la Terre primitive, puis de placer ce mélange sous un rayonnement UV avec du cuivre comme catalyseur pour obtenir à la fois des acides aminés et des ribonucléotides», s’enthousiasme Laurent Boiteau, chercheur CNRS à l’Institut des biomolécules Max Mousseron de Montpellier.

En pratique, toutefois, il n’est pas si simple d’obtenir tous les intermédiaires réactionnels nécessaires à la formation spontanée de ces briques élémentaires. «Il faut que certaines réactions se fassent dans des flaques isolées les unes des autres, que se produisent certains ruissellements pour mettre en contact des espèces formées dans des flaques différentes et que l’évaporation de l’eau puisse concentrer les réactifs comme il faut», détaille le chimiste. «Dans le cas contraire, certaines réactions prennent le pas sur les autres

Protéines, lipides, ARN : les trois piliers de la vie pourraient donc s’être formés en parallèle

Avec ce scénario, John Sutherland ne se contente pas de fabriquer les constituants de base de l’ARN et des protéines: il a aussi identifié une troisième chaîne réactionnelle produisant un précurseur des lipides. Une piste pour résoudre un autre paradoxe de la chimie prébiotique: pour que l’ARN produise des protéines et se réplique correctement, il faut aussi qu’il soit capable de s’isoler du monde extérieur dans une poche étanche. Or toutes les enveloppes cellulaires qui existent aujourd’hui sont formées de lipides… qui ont besoin de protéines pour se former!

Protéines, lipides, ARN: les trois piliers de la vie pourraient donc s’être formés en parallèle à partir des mêmes précurseurs. «Ce sont des travaux très importants qui vont marquer la discipline», pense Jean-Luc Decout, professeur de chimie à l’université Grenoble-Alpes. «C’est une sorte d’unification des différentes chaînes réactionnelles de la chimie prébiotique. Il manque encore dans ces processus la synthèse de deux nucléotides, mais je pense que cela se fera dans les années à venir.»

Reste encore à comprendre comment les ribonucléotides se lient les uns aux autres pour former de l’ARN, et comment les acides aminés parviennent à se combiner pour former des protéines. «On a aussi beaucoup à faire pour préciser la manière dont les premiers ARN pouvaient s’autorépliquer ou être répliqués», souligne le Pr Decout.

Il est déjà fascinant de voir émerger un début de description globale et expérimentale du chemin qui pourrait avoir été emprunté par la vie sur la Terre primitive. Il faudra néanmoins du temps pour défricher cette longue route, chaque pas introduisant un niveau de complexité supplémentaire rendant la modélisation et l’expérimentation un peu plus délicates.

Source : http://www.yamar.org/2015/03/29/un-nouveau-scenario-pour-lapparition-de-la-vie/

dimanche, février 22 2015

Dans sept ans, vous mangerez de la viande in vitro

C’est la première viande artificielle de l’histoire. Créé en laboratoire par Mark Post, ce biologiste néerlandais, le Frankenburger a été cultivé in vitro à partir de cellules musculaires de bœuf. Quasiment identique à l’original en goût et en apport calorique, cette invention promet d’éradiquer la pénurie de viande annoncée, avec bientôt 10 milliards d’habitants à nourrir. Arrivée en supermarché prévue dans sept ans.

Paris Match. Comment obtient-on un steak synthétique ?

Mark Post. On commence par récolter un échantillon de cellules de bœuf. Ensuite, il faut compter environ neuf semaines pour les transformer en tissu musculaire. Un jour, ce processus pourra être développé à grande échelle. Et il ne sera pas nécessaire d’être un scientifique chevronné pour synthétiser de la viande à la maison. On devrait même pouvoir la préparer chez soi.

L’avez-vous déjà testé ?

Bien sûr ! Nous l’avons aussi fait goûter à deux critiques culinaires. En bouche, il a la saveur et la texture du bœuf fermier. Peut-être un peu plus sec du fait d’un manque de matières grasses. Nous travaillons actuellement à son optimisation. A terme, ses valeurs nutritionnelles seront comparables à celles d’un steak traditionnel. Seuls certains composants, comme la vitamine B12 non produite par le muscle lui-même, seront ajoutés.

“Consommer un steak de synthèse ne sera ni plus ni moins dangereux que manger un steak d'élevage”

Quels sont les risques pour la santé ?

A produits équivalents, risques équivalents. Consommer un steak de synthèse ne sera donc ni plus ni moins dangereux que manger un steak d’élevage. Plutôt moins en réalité, si nous arrivons à réduire le taux de graisses saturées, génératrices de mauvais cholestérol. Commercialisé, notre steak sera de toute façon soumis aux mêmes normes sanitaires que les autres denrées alimentaires. D’ici son arrivée en supermarché, nous nous attendons toutefois à faire face à des résistances politiques, économiques, voire idéologiques.

Pourquoi avoir choisi le bœuf ?

Parce que c’est le bétail le plus polluant à produire et le moins efficient dans la chaîne alimentaire. Mais la manipulation, inoffensive, peut être déclinée sur divers animaux : poulets, poissons, etc. Pour le moment, nous restons concentrés sur le bœuf. C’est le choix de Sergey Brin, le cofondateur de Google qui nous finance sur ses fonds propres.

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement-et-sciences/Dans-sept-ans-vous-mangerez-de-la-viande-in-vitro-704338

dimanche, août 17 2014

"Les corridas ne survivent que grâce aux subventions publiques"

A l’occasion de la sortie « Corrida la Honte », Vegemag a rencontré Roger Lahana, auteur du livre et vice-président du CRAC Europe.

L’abolition de la corrida est-elle toujours possible alors que la pratique est désormais inscrite au patrimoine immatériel français ?

Bien sûr, cela n’a aucun rapport. L’inscription au patrimoine culturel immatériel (PCI) est une mesure symbolique, qui n’induit rien d’autre que des avantages symboliques. S’agissant de la corrida, son inscription s’est faite dans l’opacité la plus totale et à l’insu même du ministre de la Culture de l’époque, Frédéric Mitterrand, comme il l’a ensuite révélé dans un livre. Cette inscription est d’ailleurs si peu glorieuse qu’elle ne figure nulle part, ni sur le site du ministère, ni ailleurs.

Quoi qu’il en soit, une inscription peut toujours être annulée. Le ministre le peut en théorie, mais tant qu’il sera sous contrôle d’un premier ministre pro-corrida il ne le fera pas. C’était le cas avec Fillon, puis Ayrault et aujourd’hui Valls. Par ailleurs, nous avons également une procédure en cours (CRAC Europe et Droits des animaux) pour faire annuler cette inscription sur des fondements juridiques.

Nous attendons l’audience prochaine de la Cour d’appel du tribunal administratif de Paris. Si nécessaire, les associations iront devant la Cour européenne des droits de l’homme afin de faire supprimer cette aberration. Mais quoi qu’il en soit, si nous parvenons à faire abolir la corrida au niveau législatif ou si nous finissons par l’asphyxier financièrement en agissant pour accélérer la désaffection du public, son inscription deviendra, de fait, caduque.

Pourquoi est-ce si difficile en France de faire interdire la corrida ?

Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ceux qui s’enrichissent avec cette industrie sinistre (très peu nombreux) ou se régalent de ses spectacles de souffrance forment un lobby extrêmement puissant. Alors que 75% des Français sont contre la corrida, ses soutiens sont surreprésentés dans le monde politique. Il faut croire que le goût du pouvoir s’accompagne souvent de celui du sang et, au minimum, de celui de dominer ou d’humilier. Depuis une dizaine d’années, pas moins de 9 projets de proposition de loi (PPL) ont été déposés par des parlementaires de tous bords pour demander l’abolition de la corrida, en l’occurrence l’abrogation d’un simple alinéa qui autorise les « sévices graves et actes de cruauté envers des animaux » (c’est la définition qu’en donne le Code pénal) à condition qu’une « tradition locale ininterrompue » le justifie. Pas une seule de ces propositions de loi n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée nationale ou du sénat. Pas une seule. Pourtant, les députés sont supposés représenter le peuple. Où est la démocratie ?

Un problème additionnel est que la plupart des Français ignorent qu’environ 130 corridas par an se pratiquent toujours dans le sud de notre pays. Ils sont contre la corrida comme ils sont contre le travail des enfants dans certains pays lointains, cela ne les concerne pas vraiment au quotidien. Et quand on leur parle de corrida, ils pensent que c’est un simple jeu esthétique, voire chorégraphique, entre en torero et un taureau sans réaliser que ce dernier est transpercé à de multiples reprises pour lui faire perdre le plus de sang possible mais pas trop vite pour que l’agonie dure au moins une vingtaine de minutes, sinon les spectateurs seraient mécontents. Cet aspect sadique et cruel échappe à beaucoup de gens dans le grand public. A chaque fois qu’on peut montrer des images de la réalité de ce que subissent les taureaux, on a une réaction de dégoût unanime, assortie d’un« je ne savais pas que c’était ça ». Il y a donc encore beaucoup à faire pour informer le plus grand nombre. Car si les électeurs que nous sommes tous sont sensibilisés à l’ignominie d’avoir des spectacles de torture autorisés en France, ils pourront faire pression sur leurs députés pour les faire enfin abolir.

Vous multipliez pourtant les actions de terrain…

Oui, nous les enchaînons sans cesse afin de faire bouger les lignes grâce au retentissement médiatique que nous obtenons de plus en plus. Non seulement notre présence devant les arènes rend les choses très désagréables pour les gens qui y vont et découragent de plus en plus d’entre eux d’y retourner, mais la presse en reprenant nos actions fait savoir que cette barbarie existe toujours – du moins la presse non partisane puisqu’une large partie des médias du sud de la France soutient les corridas et nous présente donc comme des excités ultra-violents, alors que nous sommes pacifistes et qu’il n’existe aucune photo montrant un anti-corrida commettre la moindre violence.

Nous sommes même surveillés et mis sur écoute par le Bureau de Lutte Antiterroriste, c’est dire si nous sommes hautement considérés par notre cher premier ministre auparavant ministre de l’Intérieur. Pourtant, nous n’avons enlevé personne, ni posé des bombes ou détourné des avions. Nous avons juste demandé qu’on interdise de torturer des animaux dans le sud de la France, ce qui est déjà le cas sur les 90% restants du pays. En parallèle, nous menons également des actions juridiques et des opérations d’information à l’attention des parlementaires.

Et le parlement européen, peut-il faire quelque chose de concret ?

Le verrouillage du lobby tauromachique est extrêmement solide à ce niveau aussi. Pourtant, on pourrait se dire qu’avec 25 Etats-membres sur 28 pour qui la corrida est illégale, il devrait être simple de l’imposer aux trois autres (France, Espagne, Portugal) en fermant simplement le robinet des subventions massives (plusieurs centaines de millions d’euros) dont jouissent les élevages de taureaux massacrés dans les arènes grâce à la PAC qui est financée par les impôts de tous les Européens. Mais, comme souvent dès qu’un sujet touche à la corrida, le circuit de décision au niveau européen n’a rien de démocratique ou de sensé. C’est le règne des petits arrangements crapuleux entre « amis »: tu ne m’embêtes pas avec la corrida et je ne te dis rien sur le massacre des globicéphales dans les îles Féroé ou celui des coqs de bruyère en Ecosse. Mon livre en apporte la preuve formelle, révélée par Alain Lamassoure, aficionado convaincu et député européen, lors de l’une de ses venues à Nîmes où il s’en est vanté devant des journalistes.

Quelle est la chance pour un taureau entrant dans une arène d’échapper à la mort ?

Aucune. Il faut arrêter de croire au mythe du taureau « gracié » parce qu’il a combattu « bravement ». Les guillemets s’imposent, s’agissant non pas de bravoure mais de désespoir, celui d’un animal qui se retrouve harcelé et tailladé par des humains qu’il a considéré toute sa vie comme des gens qui le nourrissaient mais aussi le rudoyaient régulièrement (marquage au fer rouge des jeunes, tests violents sur les femelles avant mise à la reproduction ou envoi à l’abattoir), et qui, tout à coup, le poussent dans un camion, lui font subir toutes sortes de traumatismes pour le paniquer et l’affaiblir et lui donnent l’espoir fugitif d’être relâché quand les portes de l’arène s’ouvrent et qu’il se rue dans une enceinte dont il ne sortira plus vivant après 20 minutes de tortures épouvantables.

Lors d’une corrida, le taureau a les muscles du cou sectionnés par le picador, ce qui le force ensuite à garder la tête baissée non parce qu’il est menaçant mais parce qu’il ne peut plus la tenir droite. Puis les banderilleros lui enfoncent dans le dos jusqu’à six harpons munis d’une pointe anti-retour en acier, ce qui crée une hémorragie massive. Quand vient enfin le tour du matador (mot espagnol qui veut dire « tueur, » ça a le mérite d’être clair), l’animal suffoque, langue tirée, tellement il a perdu de sang. Quand bien même il serait « gracié », il succomberait dans les minutes ou les heures qui suivent hors de la vue du public.

Les aficionados avancent souvent que les taureaux ont une belle vie avant d’entrer dans une arène…

C’est très discutable car l’animal subit des violences bien avant son entrée dans l’arène. Et quand bien même, est-ce que le fait d’avoir une belle vie justifierait qu’il y soit mis fin par la torture ? Imaginez-vous de prendre un chat ou un chien chez vous dès sa naissance, de lui offrir la plus belle des vies pendant trois à quatre ans et soudain, de le mettre dans un enclos où quatre hommes vont venir le torturer à l’arme blanche pendant vingt minutes jusqu’à ce qu’il succombe ? Est-ce que la belle vie que vous lui aurez fait connaître fait de son agonie une apothéose enviable ?

Dans votre livre vous abordez un chapitre très détaillé sur l’économie des corridas. La filière est-elle en bonne santé ?

Les corridas sont toujours déficitaires, à quelques très rares exceptions près. Elles ne survivent que grâce aux subventions municipales, régionales, nationales et européennes et aussi grâce aux subventions illégales que constituent les achats massifs de place par les collectivités, comme c’est le cas depuis des années dans les Bouches-du-Rhône (un rapport de la Cour des comptes vient de le confirmer). Les seuls qui s’enrichissent sont les organisateurs de corridas et les toreros les plus célèbres qui peuvent prendre jusqu’à 100.000 euros par prestation. La fraude est omniprésente pour préserver les profits de quelques-uns. De nombreux exemples étayés sont en effet donnés dans le livre.

Où en sommes-nous dans les plaintes déposées par les activistes suite à l’action anti-corrida de Rodilhan en 2011 ?

Nous sommes en attente de la tenue du procès. La procureure en charge du dossier a bouclé son instruction en octobre dernier. Depuis, c’est silence radio. On peut imaginer qu’elle subit de très fortes pressions pour retarder le plus possible les choses, sachant que sont directement mis en cause le maire de Nîmes et celui de Rodilhan, que l’on voit parfaitement sur les vidéos de ce lynchage sauvage en train de se réjouir du spectacle et de le laisser se dérouler au lieu de jouer leur rôle de garants de l’ordre public.

Nos avocats font tout ce qui est possible pour obtenir une date. Mais pour le moment, ils ont l’impression de s’adresser à un mur. Après le déni de démocratie, va-t-on assister à un déni de justice ? Si tel est le cas, nous remonterons s’il le faut jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.

Pour en savoir plus:

Corrida la honte - Roger Lahana

« Fraude fiscale, mensonges, arnaques, tricheries, perversion, intox, corruption, inversion des valeurs, fiasco financier, détournements de fonds publics, noyautage politico-judiciaire, torture, sédition, déviances sexuelles, violences en réunion, troubles à l’ordre public, dévoiement de mineurs… la liste de turpitudes peu glorieuses est longue lorsque l’on commence à s’intéresser à l’univers de la tauromachie au-delà de l’aspect esthétique fallacieux qu’elle tente d’imposer aux yeux du grand public. Véritable enquête menée pendant plus de deux ans, « Corrida la honte » est l’ouvrage incontournable pour qui souhaite avoir un avis éclairé sur la question.»

Préface de Jean-Pierre Garrigues
324 pages, texte + photos.
Tous les droits d’auteur sont reversés au CRAC Europe


Source : http://www.vegemag.fr/actualite/roger-lahana-les-corridas-ne-survivent-que-grace-aux-subventions-publiques-2141

samedi, août 2 2014

Les préparations naturelles ne sont plus considérées comme des pesticides

Un pas vient d’être franchi à l’Assemblée nationale pour faciliter le passage à une agriculture sans pesticides. Les préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), comme le purin d’ortie, de prêle mais aussi l’argile ou le vinaigre blanc, ne seront plus soumises aux mêmes règles que les substances chimiques de synthèse. Un régime simplifié pour l’utilisation et la commercialisation de ces préparations vient ainsi d’être reconnu par la Loi d’avenir agricole, examinée à l’Assemblée nationale le 9 juillet. « A l’heure où ce texte de loi veut promouvoir des systèmes moins consommateurs de pesticides, il eut été pour le moins incompréhensible que des méthodes alternatives simples et naturelles ne trouvent pas leur place », se réjouit Brigitte Allain, députée écologiste de Dordogne.

La liste des PNPP entrant dans la catégorie intitulée « biostimulants » doit encore être définie par voie réglementaire, autrement dit par le ministère de l’Agriculture. Les militants de l’Aspro-PNPP, association qui promeut ces préparations, assurent qu’elle veillera « à ce que les décisions qui seront prises permettent réellement la commercialisation et l’utilisation des PNPP ». Ces dernières années, des agriculteurs, des jardiniers, des élus et des consommateurs ont multiplié les actions civiques en épandant symboliquement sur les places publiques des préparations à base d’extraits végétaux (voir ici et ). Une caravane pour la défense de l’agroécologie paysanne a également sillonné les routes françaises en mai dernier, pour alerter les députés et sénateurs sur les lourdeurs réglementaires encadrant ces préparations. L’amendement concernant les PNPP a été adopté après le passage en deuxième lecture au Sénat le 18 juillet.

Source : http://www.bastamag.net/Les-preparations-naturelles-ne

mardi, juillet 1 2014

Euthanasie ?

Nous devons nous interroger sur les raisons sous-jacentes du tapage médiatique qui, avec une parfaite synchronisation, vient d’accompagner le procès du Dr. Bonnemaison, euthanasiste occasionnel, le cas du tétraplégique Vincent Lambert dont nul ne sait en conscience si au fond de son coma subsiste encore une présence, et la reconnaissance en citoyenneté d’enfants nés à l’étranger de mères porteuses, autrement dit conçus au sein de matrices mercenaires… ce qui aux dires du sinistre Pierre Bergé ne serait pas pire que de louer ses bras et sa force de travail… assertion qui mériterait peut-être d’être discutée si elle n’était d’entrée de jeu aussi répugnante !


Pour ce qui est de l’euthanasie et de ces agonies rendues plus cruelles qu’imaginables par les artifices de la techniques - laquelle est aujourd’hui en mesure de prolonger indûment, voir indéfiniment lorsqu’il s’agit de comas profonds, des existences qui n’en n’ont plus que le nom - la question a été tranchée une fois pour toutes par le magistère de l’Église ante conciliaire(1). Il serait donc opportun, avant toute chose, de se reporter à la déclaration de Pie XII relative à une question intrinsèquement  liée aux progrès des techniques médicales. Techniques qui ne valent in fine que par l’usage raisonnable que nous en faisons. Gardons en mémoire et à jamais, la sentence du prêtre et médecin que fut François Rabelais… « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » !

Il est clair que les campagnes médiatiques qui viennent d’être orchestrées autour de ces trois affaires, ne sont pas fortuites : l’euthanasie autorisée, banalisée par la loi est encore un bastion à prendre pour les progressistes totalitariens qui nous gouvernent. Car est-il utile ou nécessaire d’encadrer par la loi une pratique déjà courante, définie par des protocoles bien connus des personnels soignants, et imposée par l’évolution même de la médecine ?

Est-il souhaitable d’en faire comme le souhaite le bon docteur Kouchner une « routine » inscrite dans la loi, c’est-à-dire d’en faire un geste habituel, quasi mécanique, en grande partie exonéré de toute responsabilité individuelle ? Légalisation qui pourra servir à en couvrir les excès, ceux qui ne manqueront de suivre l’interprétation extensive ou laxiste des textes. L’intervention en fin de vie ne doit-elle pas être censément laissée à l’appréciation ultime du corps médical, des familles et des patients eux-mêmes… quand ils le peuvent encore ? Aucune loi ne doit à ce titre être promulguée qui permettrait de justifier a posteriori ou de cautionner a priori quelques abus que ce soit. Toute l’ambiguïté du débat est d’ailleurs là.

La médecine moderne, prométhéenne en son essence, a repoussé les limites de la vie jusqu’à ce que l’accouchement de la mort – notamment avec l’actuelle croissance explosive du nombre des tumeurs incurables - se fasse de plus en plus fréquemment dans des douleurs extrêmes. À ce titre les soins palliatifs, et en fin de parcours, les injections létales de substances sédatives - sont devenus l’aboutissement logique, la contrepartie quasi obligée, à la fois de progrès techniques devenus volens nolens transgressifs de la loi naturelle, et d’une certaine malignité des politiques de dépenses publiques en matière de santé ! Nous avons d’ailleurs ici l’une des faces cachées du dossier que personne n’ose habituellement évoquer, à savoir que la mort prolongée est devenue une industrie particulièrement lucrative stimulée par notre modèle sociétal. En vérité un marché colossal(2) pour lequel les constantes références à l’éthique masque de moins en moins bien la cynique réalité d’intérêts économiques prédominants.

En France, la Loi organique du 1er août 2001 relative aux dépenses publiques(3) va conduire en 2006 à une réforme de la tarification hospitalière supprimant le forfait journalier, ceci pour lui substituer une tarification à l’acte. Avec pour effet pervers que désormais le patient en fin de vie « rapporte gros » aux services hospitaliers, lesquels sont condamnés à faire du volume coûte que coûte, et pour certains d’entre eux, sous peine de disparition. Il faut ainsi rentabiliser les services et pour cela l’on tend à gonfler artificiellement leurs activités à haute valeur ajoutée… parmi lesquels, les soins palliatifs, heureusement à présent délimités par la loi dite Leonetti du 22 avril 2005.
Un dernier mot. La loi, le juridisme à tout va, ne sont pas la panacée pour les situations douloureuses qu’engendre à foison le monde moderne. Car on ne peut décemment légiférer sur tout, si ce n’est au détriment la libre responsabilité de chacun. Pour remonter le courant, ne s’agirait-il pas à présent de revenir au serment d'Hippocrate dans toute sa primitive pureté ?
 
Jean-Michel Vernochet 29 juin 2014

Notes :

1 - Intervention en français de Pie XII le 24 fév. 1957 http://frblin.perso.neuf.fr/ccmf/05textesstsiege/pie12/pie12sante1957a.pdf

2 -  « Le secteur de la santé représente 12,5% de l'activité économique [hexagonale] évaluée en termes d'emplois et de valeur ajoutée. La production du secteur de la santé s'élève à 235 milliards d'euros, soit 7,6% de la production nationale [à titre de comparaison, en 2013 le budget français de la Défense se montait à environ 45 mds d’€]. La consommation finale en produits de santé est estimée à 193,3 milliards d'euros, dont 125,9 milliards d'euros compris dans l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie, soit 65,1% » [hopital.fr10spt09]. En 2014 l’Assurance maladie représente  quelque 81 mds d’€ sur lesquels 75 mds vont aux seuls hôpitaux ! Les handicapés représentent 9 mds et les personnes âgées, moins bien loties, 8 mds.

3 - Loi organique n° 2001-692 du 1 août 2001 relative aux lois de finances [legifrance.gouv.fr13oct13].
 

                                                                              ***

Du Dr. Bonnemaison à Vincent Lambert via Pie XII


Par Claude Timmerman - Agrégé de biologie  -  27 juin 2014

L’acquittement du docteur Bonnemaison par la Cour d’Assises de Pau le 25 juin, bien qu’attendu, a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le camp de ceux qui se montrent résolument hostiles à abréger volontairement les souffrances de personnes pour qui la médecine ne peut plus rien. Or il importe de bien comprendre au préalable de quoi l’on parle, avant de porter quelque jugement définitif que ce soit. Même si la vox populi n’est pas tout à fait la vox dei, l’on ne peut tout à fait ignorer que selon un récent sondage 90% des personnes interrogées se déclaraient « favorables à l’euthanasie sous certaines conditions ». Opinion générale que reflètent les réponses particulières apportées par le jury populaire du procès Bonnemaison. Notons également qu’une majorité de nos anciens y seraient favorables, contrairement à ce qui a toujours été avancé à ce sujet dans le cadre d’une information systématiquement biaisée !

Si aujourd’hui certains milieux catholiques s’insurgent contre l’idée de laisser faire la nature tout en  prodiguant les soins nécessaires pour atténuer, voire adoucir les derniers instants, l’on constate a contrario que l’épiscopat dans sa grande majorité évite de faire de la surenchère… notamment parce que le refus de l’euthanasie est un faux débat ! Faux débat parce qu’en réalité tranché depuis près de soixante ans par le Vatican. L’Église en effet accepte pleinement le risque de provoquer la mort à l’occasion de certains soins dits palliatifs. À Rome, en octobre 1956 à l'issue d'un Congrès d'anesthésiologistes italiens, le Professeur Mazzoni, Secrétaire de la Société italienne d'anesthésiologie, avait soumis au Souverain Pontife, S.S. Pie XII, trois questions concernant l'analgésie. Le St Père avait alors répondu au plan théologique et éthique lors d'une audience spéciale accordée le 24 février 1957 à une assemblée internationale de 500 médecins et chirurgiens [Intervention en français de Pie XII du 24 fév.1957]. 

Sa conclusion est sans appel : « Vous Nous demandez : La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen des narcotiques lorsqu'elle est réclamée par une indication médicale, est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient même à l'approche de la mort et si l'on prévoit que l'emploi des narcotiques abrégera la vie ? ». Il faudra répondre : « S'il n'existe pas d'autres moyens et, si, dans les circonstances données, cela n'empêche pas l'accomplissement d'autres devoirs religieux et moraux : Oui. Comme Nous l'avons déjà expliqué, l'idéal de l'héroïsme chrétien n'impose pas, au moins d'une manière générale, le refus d'une narcose justifiée par ailleurs, pas même à l'approche de la mort ; tout dépend des circonstances concrètes ».

En fait, la fameuse « sédation de fin de vie » qui fait aujourd’hui polémique dans la presse et les tribunaux, repose d’abord sur une authentique hypocrisie médicale : le refus tacite d’exposer publiquement que la sédation aboutit presque automatiquement à la mort de l’agonisant, ceci pour deux raisons physiologiques simples :
- Tout patient en phase terminale qui subit des perfusions répétées, sinon continues, est prédisposé à la mort par arrêt cardiaque… la première conséquence de la perfusion étant une augmentation du travail cardiaque  nécessaire à diffuser la masse des liquides injectés dans le milieu intérieur ce qui conduit la pompe cardiaque d’un organisme très affaibli à « lâcher » à un moment ou à un autre. Perfuser sur une longue durée est donc susceptible de provoquer pratiquement à coup sûr une crise cardiaque...
- Tout analgésique, et notamment la morphine, au-delà du phénomène d’accoutumance, mène à l’augmentation progressive des doses pour parvenir à soulager efficacement la douleur souvent insoutenable des cancéreux en fin de vie. Vient le moment où l’organisme ne supporte plus de telles surdoses. De cette manière, les soins palliatifs de sédation conduiront inéluctablement au décès, une séquence bien connue et assumée par le personnel médical.
 
Dans le cas du Dr. Bonnemaison cette insupportable hypocrisie médicale est poussée aussi loin que possible, en particulier à travers la déclaration du Conseil de l’Ordre :
« La radiation va entrer en application le 1er juillet, comme prévu [autrement dit après le jugement de la cour d’assises qui eut dû en principe condamner le médecin, au moins formellement]. Elle est bien entendu soumise à la cassation par le Conseil d'État s'il y a appel du Dr. Bonnemaison… Celui-ci a notamment été condamné par la chambre nationale disciplinaire de l'Ordre sur le fait qu'il n'a pas respecté l'article 37 du code de déontologie médicale, qui introduit une procédure collégiale prévoyant, dans le cadre de la loi Leonetti, qu'un médecin ne peut agir seul ».

Ce qui est donc ici reproché par ses pairs au docteur Bonnemaison n’est pas du tout le fait qu’il ait  administré sciemment des produits potentiellement létaux à une demi-douzaine de personnes, mais qu’il ait agi seul, c’est-à-dire sans concertation avec leins autres membres de l’équipe médicale. Telle est l’état des lieux : implicitement l’Ordre des médecins reconnaît in fine et valide la sédation de fin de vie, laquelle n’est pas à cette occasion mise en cause, tout en condamnant un confrère qui a eu la malchance de servir de bouc émissaire à l’ensemble de sa profession.
 
Mais de quelle « vie » à préserver est-il réellement question ?

À ce stade de notre exposé le moment est venu d’évoquer les multiples transgressions de la loi naturelle qu’autorisent aujourd’hui les formidables progrès de l’ingénierie médicale. Ceci, entre autres, parce que de nombreux et prétendus biens pensants donneurs de leçons nous rebattent les oreilles à longueur de temps à propos du caractère sacré de la vie humaine. Vie quasi fétichisée qu’il s’agirait de préserver coûte que coûte… « de la conception à la mort » et quelles que soient les circonstances. Soit, mais de quelle vie est-il question ? S’agit-il de la vie qui nous est donnée et reprise par la Divinité ou bien d’un sursis de vie artificielle dont l’homme prométhéen a acquis la capacité… par le truchement de techniques propres à prolonger indûment l’existence terrestre de ses semblables ?

Là se situe la question essentielle ! Car pour prolonger cette vie, envers et contre tout, l’Homme est parvenu à déployer des trésors d’ingéniosité qui à présent l’amènent à se voir confronté à la déchéance des corps et à des sommets de souffrance qu’il ne maîtrise plus et vis-à-vis desquels il se montre impuissant parce qu’il ne possède pas de réponse appropriée… les moyens lui faisant désespérément défaut. Car nous sommes parvenus à une époque où il est désormais possible de freiner le processus de destruction du corps, voire de le suspendre – pensons au comas prolongés des années durant – mais pas encore d’en inverser la course. Si nous acceptons que la vie soit artificiellement prolongée, alors nous devons admettre que les mêmes moyens techniques puissent être employés pour mettre un terme aux affres d’une lutte sans issue. C’est une question de bon sens tout autant que l’exercice de la plus élémentaire charité comme l’a lumineusement vu et dit sa Sainteté Pie XII. 
  
Le temps est également révolu de « l’acharnement  thérapeutique » pratiqué naguère sous le fallacieux prétexte d’un éventuel miracle médical, certainement jamais observé, ou au prétexte d’avancées imminentes de la science, les mourants étant alors, bien malgré eux, transformés en cobayes disponibles pour tester toutes sortes de « traitements expérimentaux »… en outre, dans cette triste occurrence l’espérance et la peine de leurs proches étant quant à elles prises en otage.

La véritable et unique  question est alors : « Doit-on condamner l’homme à vivre en soufrant le martyr ? ». Et si oui, au nom de quoi ? Quels chrétiens, et au nom de quelle morale transcendante, peuvent-ils condamner celui qui demande à être finalement soulagé d’une douleur inhumaine ? Dans de telles  situations, à l’égard de ceux ou celles du personnels médicaux qui acceptent d’opérer un choix engageant leur responsabilité morale – et pas seulement juridique et professionnelle - s’applique à la lettre l’injonction évangélique « Tu ne jugeras point » [Luc 6/37-45]. Commandement qui, devant l’indicible souffrance des corps, s’adresse tout autant au passeur d’âme qu’au libre choix de celui qui au terme de la douleur décide de rendre les armes… Agonie ne signifie-t-il pas étymologiquement le combat, l’ultime combat ? Bref, au nom de quel sophisme moral ou théologique peut-on refuser de mettre fin à une vie devenue contrenaturelle parce que maintenue envers et contre tout ? Cela en recourant à tous les artifices -  judicieusement nommés « palliatifs » - issus de techniques transgressives de la loi naturelle, autrement dit de la loi divine ?

Loi Leonetti et acharnement thérapeutique

De ce point de vue l’acharnement thérapeutique a été longtemps un véritable fléau… certains expérimentateurs avons-nous dit, se retranchant derrière l’idée abstraite, désincarnée de la rétention, à quelque coût humain que ce soit, du dernier souffle vital. Ce qui est évidemment absurde et dans certains cas haïssable… mais explicable par les riches possibilités d’expériences ou de tests qu’offrent les cas désespérés. Cela en jouant, la plupart du temps, sur les sentiments des parents auxquels l’on fait miroiter une improbable rémission. Certes de rares expérimentations peuvent s’avérer parfois propices à l’avancement de nos connaissances, mais en majorité elles sont le plus souvent inutiles et cruelles.

C’est pour répondre à de tels excès que fut mise en place la loi dite Leonetti. Loi qui permet jusqu’à un certain point d’empêcher l’acharnement thérapeutique tout en requérant l’assentiment du moribond, ce qui évidemment suppose chez le patient un certain état de conscience. Or, quid de ceux qui ne peuvent plus physiquement communiquer ?  À l’instar de tous les grands traumatisés cérébraux, comateux irréversibles et autres, à demi conscients baptisés aujourd’hui « pauci-relationnels » ? Ces « légumes » seraient actuellement au nombre de 1500 en France, sous perfusion de nourrissage parfois assortie d’un respirateur… techniques qui permettent de conserver un « patient » durant des mois, voire des années... Pensons au Nobel Alexis Carrel, père fondateur de la cytologie, pourtant devenu aujourd’hui « M. Le Maudit » aux yeux de la pensée unique ! Celui-ci parvint à conserver en milieu physiologique un cœur de grenouille isolé qui a continué de battre pendant...17 ans !

Pensons ici et maintenant au cas si douloureux de Vincent Lambert et aux rocambolesques péripéties judiciaires qui accompagnent son interminable et muette agonie ! Cet infirmier victime d’un accident de la route, tétraplégique, plongé dans un profond coma est devenu le symbole de l’acharnement médical autant que du refus obstinés de certains membres de sa famille de mettre fin à son calvaire, au nom, dit-on, de certains principes(1)… en fait dévoyés parce que bafoués par les techniques mises en œuvres. Encore une fois, quelle peut-être la valeur ou le sens d’un semblant d’existence biologique maintenu artificiellement en suspension au-dessus du néant ?

Vincent Lambert avait pour sa part, de son vivant, toujours fait état de sa réprobation quant à l’acharnement thérapeutique. Aussi est-il singulièrement paradoxal de voir que sa longue agonie est prolongée depuis cinq ans par sa propre génitrice. Son épouse se désole et nombre de ses amis également, mais rien n’y fait ! Reste que Vincent Lambert est aujourd’hui totalement désincarné : au fil des années il a cessé d’être un homme pour n’être plus qu’une cause. Il est devenu peu à peu un argument et instrument aux mains de ceux qui veulent légiférer et n’en démordent pas. Il est à ce titre l’enjeu d’une bataille entre des positions et des factions aux motivations plus ou moins obscures, plus ou moins inquiétantes, car plus le carcan des règles et des  obligations juridiques s’épaissit, plus la liberté humaine dépérit.
 
Le cas Lambert est lourd d’enseignements

Finalement, personne n'a vraiment pris garde, ni souligné la suspension de la décision du Conseil d’État par la cour Européenne des Droits de l’Homme dans l’heure qui a suivi la décision « souveraine » de nos Conseillers !  Il s’agit pourtant là d’une question de fond, lourde de conséquences pour notre souveraineté nationale. À quoi bon maintenir des Institutions  régaliennes – ici la Justice – ou une représentation nationale – les deux Chambres – si les gens de Bruxelles peuvent à leur gré invalider les décisions de nos instances nationales ? Incidemment le cas Lambert constitue une impressionnante pierre d’achoppement donnant la mesure de ce qui reste de souveraineté, et donc de liberté, ou de marge de manœuvre au Législatif et au pouvoir judiciaire dans notre dorénavant pitoyable Hexagone [lefigaro.fr24juin14].
 
M. Manuel Valls, ci-devant Premier ministre – et parce qu’il n’a pas d’autres chats à fouetter – a chargé dans la foulée de ce verdict européen, M. Jean Leonetti et le député socialiste Alain Claeys de préparer un nouveau projet de loi relatif à la fin de vie, lequel devrait être présenté au Parlement avant la fin de l'année. « Ce sera, pour mon équipe, le délai de trop » déclarait alors le médecin de Vincent Lambert, le Dr. Éric Kariger qui a toujours prôné l’arrêt de l’acharnement dont est victime son patient tout en précisant : « Aucune loi, aucune religion ne défend le principe de souffrir. Je ne suis pas pour la vie à tout prix, même si jamais je ne donnerais la mort. Reste qu’à un moment, la médecine doit savoir se retirer ». Mais que signifie précisément ce dernier verbe ? « La médecine doit savoir se retirer », en laissant par exemple son patient mourir de déshydratation pour ne pas risquer de se voir accuser à son tour de « donner la mort »? Ou bien en assumant en totalité l’assistance qu’il doit en principe à un patient atteints de lésions irréversibles ? Patient qu’il a maintenu jusqu’à ce jour en condition artificielle de survie ! Nous ne ferons pas au Dr. Kariger de procès d’intention car c’est aux fruits que l’arbre doit être jugé ! En contrepoint notons que le Dr.  Bonnemaison a eu lui au moins le courage d’endosser ses actes  et de refuser ouvertement l’hypocrite euthanasie passive qui consiste à débrancher et à laisser crever...

Au palmarès des bouffonneries liées au cas Lambert, épinglons au passage le « bon docteur » Kouchner qu’on ne savait pas si délicat, lui qui fut, en tant que proconsul de l’Otan, le promoteur indirect de l’épuration ethniques des Serbes du Kosovo… et dont le nom s’est indirectement trouvé entaché par des rumeurs de trafic d’organes.  Trafic de l’horreur dénoncé dans un rapport de l’ancien procureur général du canton du Tessin, Dick Marty, à la demande de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe2. Ainsi M. Kouchner ne veut plus  - de façon quelque peu orwellienne - que l’on parle d’euthanasie [étymologiquement mort douce] parce que le mot rappellerait fâcheusement le « nazisme »… euthanazi ! Ah bon ! Au reste peut-être devrait-il accorder son violon avec celui de son ami et coreligionnaire Jacques Attali qui en son temps préconisait l’euthanasie méthodique des vieillards3!
 
Bref si vous n’avez aucune envie de vous retrouver le cas échéant à l’état de légume déshydraté ou asphyxié lentement, agissez pour un urgent retour du bon sens assorti d’une dose massive de charité chrétienne. Après tout l’on achève bien les chevaux !?
 
                                   
Claude Timmerman  27 juin 2014


Notes :

1 - La mère de Vincent Lambert bénéficie du soutien inconditionnel de milieux se réclamant de la Tradition. Mais lorsqu’elle déclare à Antenne II, le soir de la décision de la Cour Européenne de justice à un  journaliste faisant allusion à sa foi catholique : « J’ai des convictions, mais cela n’a rien à voir : je ne suis pas intégriste, je ne suis pas une illuminée ». Les Catholiques fervents apprécieront certainement de se voir, dans cette réaction sous les feux médiatiques, assimilés à des « illuminés ».

2 - « Traitement inhumain de personnes et trafic illicite d’organes humains au Kosovo » 12 décembre 2010. Rapporteur: Dyck Marty, Suisse http://assembly.coe.int/ASP/APFeaturesManager/defaultArtSiteVoir.asp?ID=964

3 - Point de vue sur la question de l’ancien de feu le président Mitterrand, et conseiller officieux de M. Sarkozy tiré de sa monographie « L’avenir de la vie » 1981… « Dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis, pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie »… «  En effet du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement… L’euthanasie sera dans tous les cas un des instruments essentiels de nos sociétés futures, dans tous les cas de figure…Des machines à tuer permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera insupportable et économiquement coûteuse. Je pense donc que l’euthanasie sera la règle de la société future ».

mercredi, juin 18 2014

L’Etat brade les forêts françaises aux multinationales

Les services de l’Etat, chargés de conserver et développer les ressources de nos forêts, succombent aux sirènes du lobby industriel : dans le Lot, soixante-dix hectares de vergers à graines forestiers vont être vendus pour destruction à une multinationale. C’est l’avenir des forêts françaises et européennes qui se joue dans cette tractation opaque et malsaine.

Soixante-dix hectares de vergers à graines forestiers, gérés par l’ONF sur la commune de Lavercantière (46) pour les principaux partenaires de la forêt française, sont en passe d’être cédés pour destruction à Imérys Ceramics France-Quartz.

Cette multinationale doit en effet satisfaire à tout prix l’appétit de ses actionnaires et exploiter jusqu’au dernier les galets de quartz situés sous ces vergers. Imérys invoque « des marchés stables, porteurs et la nécessité de sécuriser ses clients ». Les services de l’Etat, pour leur part, ont l’ambition d’en retirer des compensations financières.

Et l’intérêt général, comme celui de la forêt française, où est-il dans tout cela ?

Après avoir déjà détruit une grosse part des landes du FRAU, milieu écologiquement fragile et riche en diversité biologique, et s’en être pris aux restes d’un patrimoine historique médiéval très prisé localement, IMERYS s’apprête maintenant à faire disparaitre le patrimoine biologique et scientifique inestimable que représentent ces vergers à graines forestiers.

Il aura en effet fallu plus de quarante ans aux chercheurs de l’INRA et de l’IRSTEA, en collaboration avec l’ONF et d’autres partenaires de la forêt française, pour les créer. Ce fut de plus un investissement majeur de plusieurs dizaines de millions d’euros consenti durant toutes ces années aux frais du contribuable.

Ces vergers à graines forestiers, à quoi servent-ils ?

- Ils produisent les semences forestières améliorées indispensables à la réalisation de reboisements de qualité. Ils ont déjà fourni près de dix tonnes de graines permettant l’établissement de plus de 150.000 hectares de plantations forestières.

- Ils permettent la conservation de génotypes forestiers remarquables, aujourd’hui disparus en forêt naturelle, à partir desquels des forêts détruites ou dégradées peuvent être reconstituées.

- Ils servent de support à une activité de recherche et de développement dans le secteur forestier, dans le cadre d’une fructueuse coopération européenne.

C’est l’avenir des forêts françaises et européennes qui se joue dans cette tractation opaque et malsaine. Nous, citoyens, avons le devoir de résister individuellement et collectivement à cet abandon du patrimoine national au profit d’une multinationale qui n’a d’autre ambition que le profit.

http://www.reporterre.net/spip.php?article5996

vendredi, juin 13 2014

L’histoire des 800 bébés inhumés dans une tombe collective dans une fosse septique proche d’une maison pour enfants de mères célibataires était un canular.

par Matthew Archbold, Dublin, Ireland, pour LifeNews.com, 11 juin 2014.

Si vous êtes catholique et surfez sur internet, vous avez entendu parler de ces religieuses irlandaises qui ont tué des centaines de bébés et ont jeté leurs corps dans une fosse septique dans les années 60.

Cette histoire est un canular répandu dans les médias grand public et était, pour eux, simplement trop bonne pour être vraie. Il est révélateur que, maintenant qu’on a découvert que l’on brûlait des corps de bébés dans des incinérateurs pour récupérer de l’énergie[http://www.youtube.com/watch?v=QCv427PtxsQ], les médias ont ignoré le fait pendant longtemps, alors qu’une rumeur concernant des religieuses agissant il y a près d’un siècle a fait les choux gras de tous les médias grand public. Ils ont laissé percer le bout de l’oreille. Admettons-le : ils ne se soucient aucunement des bébés, ils ne se soucient que d’attaquer l’Église et de faire apparaître les Catholiques comme des hypocrites.

Il n’y a qu’un péché dans le monde des médias grand public, c’est l’hypocrisie. Mais, voyez-vous, la seule personne sans péché dans cette affaire, c’est le nihiliste.

Le rapport Forbes démolit très efficacement cette histoire.

Il y a peu de gens parmi nous qui, à cheval donné, vont regarder la bride, et le proverbe s’applique parfaitement aux journalistes qui disposent d’une nouvelle sensationnelle. Mais même si on applique les normes des médias normaux, les rapports récemment établis à propos des squelettes des 796 bébés retrouvés dans la fosse septique d’un orphelinat irlandais trahissent un degré de cynisme et d’irresponsabilité rarement dépassé par des organisations de presse réputées fiables.

Bien que les médias attribuent l’allégation d’avoir « jeté les corps dans une fosse septique » à Catherine Corlesse, historienne amateur locale, elle le dément. Sa tentative de corriger cette affirmation erronée a été racontée par le journal Irish Times samedi, mais les médias grand public qui avaient si joyeusement répandu la suggestion d’origine l’ont presque totalement passé sous silence. Cette suggestion, qui semble être apparue dimanche dans le Mail, journal londonien, faisait peser une lourde suspicion sur les Sœurs du Bon Secours, ordre de religieuses catholiques au centre du scandale.

Aujourd’hui, le Irish Times a publié une lettre de lecteur qui a encore plus miné la crédibilité de l’histoire originale. Finbar McCormick, professeur de géographie à l’Université Queen’s de Belfast, a sévèrement gourmandé les médias pour avoir décrit la dernière demeure de ces enfants comme une fosse septique. Il a ajouté  :



Cette structure peut être décrite de façon plus adéquate comme étant un puits servant de caveau, une méthode d’inhumation utilisée récemment encore aujourd’hui dans plusieurs régions d’Europe.

Au XIXème siècle, on a construit des puits chemisés de briques et couverts d’une grande dalle qui servaient souvent aussi de pierre tombale horizontale. Ce type de sépulture était commun dans les cimetières urbains au XIXème siècle et on en construit encore beaucoup dans les pays méditerranéens. J’en ai récemment vu en construction dans un cimetière croate. Le puits était maçonné par des blocs de béton, recouvert à l’intérieur de plâtre et avait une couverture faite de grandes dalles de béton.

De nombreuses maternités dans les hôpitaux irlandais disposaient d’une sépulture commune pour les enfants mort-nés ou morts peu après la naissance. Cette sépulture pouvait se trouver dans un cimetière voisin, mais aussi dans une zone réservée sur le terrain de l’hôpital.

Pour quiconque est familier de l’Irlande (j’y ai été élevé pendant les années 50 et 60), l’histoire de religieuses qui auraient volontairement jeté des bébés dans une fosse septique n’a aucun sens. Bien que certaines de ces religieuses aient peut-être été des mégères du genre « Je suis bien meilleure que tout le monde », s’il y a quelque chose dont elles étaient imprégnées, c’était la crainte de Dieu et donc il est peu vraisemblable qu’elles aient pu traiter des restes humains de la façon outrageusement blasphématoire qu’implique l’histoire de la fosse septique.

Alors, que reste-t-il de cette histoire ? Un fait semble incontestable : les conditions de vie dans les orphelinats irlandais jusqu’aux années 60, et même plus tard, semblent sorties d’un roman de Dickens. Le taux de mortalité y était très élevé. Mais qui blâmer pour cela ? Une partie importante du problème semble avoir été la pauvreté générale de l’époque (l’institution au centre de ce scandale a fonctionné des années 20 jusqu’au début des années 60). Les orphelinats irlandais manquaient désespérément d’argent, et ils étaient abominablement surpeuplés, ce qui signifiait que si un bébé attrapait une maladie contagieuse, tous allaient l’attraper. Un des dangers les plus importants était la tuberculose, maladie alors incurable qui se répandait comme un feu de brousse dans des locaux surpeuplés.

Vous pouvez lire toute l’histoire dans le rapport Forbes, il en vaut la peine.

Je suis sûr que les médias vont raconter des tas d’histoires sur la façon dont ils ont raconté l’histoire tout de travers. Attendez, cela vient, dans quelques secondes, minutes, jours, semaines…

Note de Lifenews : Matt Archbold a obtenu son diplôme de l’Université de Saint-Joseh en 1995. Ancien journaliste, il a quitté la presse pour élever ses cinq enfants. Il écrit pour le Creative Minority Report.

Traduction AMC

mardi, mai 13 2014

Antibiotiques : les revers de la médaille

L’arrivée de la pénicilline et des sulfamides dans la thérapeutique fut une révolution : on ne mourait plus d’infection. Devant un tel succès, leur usage se répandit très largement. Puis apparurent les premiers échecs et l’on s’aperçut que des bactéries devenaient résistantes, par mutation ou par sélection naturelle. Les plus coriaces, minoritaires jusque-là, avaient le champ libre pour se multiplier à souhait.


L’industrie pharmaceutique développa de nouvelles molécules et perfectionna celles issues du groupe initial des béta lactamines, auquel appartiennent les pénicillines, permettant ainsi de contourner les défenses des bactéries et de gagner à nouveau la partie. Mais progressivement de nouvelles résistances sont apparues, et nous sommes aujourd’hui en présence de souches qui ont le champ libre pour se développer n’étant plus sensibles aux antibiotiques mis à notre disposition par l’industrie pharmaceutique.


L'usage souvent trop fréquent d’antibiotiques dans les pays riches et des doses mal adaptées ou insuffisantes dans les pays pauvres favorisent l’apparition de souches résistantes. Les affections liées à ces bactéries résistantes ne constituent pas encore la majorité des infections, heureusement, mais sont extrêmement graves et de plus en plus souvent mortelles.


La situation est devenue suffisamment préoccupante au niveau mondial pour que l’OMS se saisisse du problème et émette un rapport et des recommandations destinées à essayer d’éradiquer ces résistances :

  • éviter le recours systématique aux antibiotiques lors des épisodes fébriles car de nombreuses infections sont d’origine virale, (sans pour cela en exclure l’usage si nécessaire),

  • - adapter l’antibiotique à la souche bactérienne,

  • faire des traitements suffisamment longs,

  • dépister les porteurs de souches résistantes afin de les isoler de les traiter,

  • inciter les dirigeants à investir dans la recherche dans un domaine où l’industrie pharmaceutique semble marquer le pas (marché trop restreint pour l’instant pour justifier des investissements lourds ?).


Souhaitons que ces mesures aboutissent, mais elles seront sans doute insuffisantes si elles ne sont pas complétées par d’autres d’ordre plus général, comme celles qui consisteraient à éviter les univers concentrationnaires de l'élevage moderne.


En effet, les élevages en batterie sont de grands pourvoyeurs d’épidémies et favorisent donc l’usage immodéré des antibiotiques. Aux États-Unis, des chercheurs de l’université de Yale ont publié dans la revue « mBio », une étude qui révèle que le fumier des vaches laitières contenait à l’heure actuelle un nombre important de bactéries possédant des gènes de résistance aux antibiotiques utilisés pour traiter les infections du bétail. Ce fumier étant utilisé dans l’agriculture, on estime que le développement de certaines bactéries pourrait s’avérer pathogène pour l’homme, et que même des bactéries bénignes pourraient transférer leurs gènes résistants à des agents pathogènes dans le sol ou aux aliments.


Au niveau humain la promiscuité, souvent hélas inévitable (habitat, transports en commun, etc.) accélère le processus de contamination et de sélection des germes. Peut-être faudra-t-il aussi revoir la conception même de nos hôpitaux qui autrefois pavillonnaires, sont devenus de plus en plus centralisés et donc fragilisés en matière d’infectiologie...


Mais il serait nécessaire d’aller au delà de ces recommandations, envisager que les antibiotiques ne sont peut-être pas la seule arme contre les infections, et s’intéresser à d’autres moyens de lutte contre les bactéries comme par exemple la phagothérapie.


Cette thérapeutique fut découverte au début du XXe siècle par un chercheur anglais, Frederick W.Twort, et un chercheur franco-canadien, Félix d’Herelledes, qui découvrirent que des colonies bactériennes pouvaient être détruites par des virus propres à ces bactéries. Les premières applications de la phagothérapie ont souvent manqué de fiabilité, et après la découverte des antibiotiques dans les années 40 la plupart des scientifiques occidentaux cessèrent de s’intéresser à cette thérapie. Cependant après la guerre de 40 et le début la guerre froide les chercheurs des pays d’Europe de l’Est et de Russie continuèrent à s’y intéresser et perfectionnèrent ce type de traitement avec semble-t-il des résultats très encourageants. Actuellement seules la Pologne et la Géorgie possèdent des établissements poursuivant les recherches sur la phagothérapie et son utilisation en médecine humaine.


Les résistances bactériennes aux antibiotiques et le développement des infections surtout nosocomiales, sont depuis longtemps évoqués dans le milieu médical, espérons que ce récent rapport de l’OMS permettra de stimuler une prise en charge globale, non plus uniquement médicale, de ce qui n’est pour l’instant qu’un problème, mais qui peut devenir un fléau au niveau mondial.


Dr. J-M Lacroix, d’après « Antibiotiques, un ami qui ne vous veut pas que du bien » paru dans Bd Voltaire le 03/05/2014

lundi, avril 7 2014

N’attendons nous pas trop de la technologie en matière de santé ?

On essaie souvent de faire croire au public que l’homme peut se découper en morceaux qu’on peut remplacer à la demande. Certes, on peut pallier la défaillance de certains tissus biologiques par l’utilisation de prothèses. Les prothèses articulaires ont fait la preuve de leur efficacité, et on pouvait donc s’imaginer que très bientôt nous pourrions bénéficier d’organes manufacturés pour remplacer les originaux défaillants.


Si la fabrication d’un foie ou de poumons artificiels est encore hors de portée de nos moyens techniques, a priori, quoi de plus simple à fabriquer qu’un cœur, qui n’est qu’une pompe ? Mais cette simplicité apparente cache de nombreux problèmes beaucoup plus complexes, même si dans ce cas précis il ne s’agit « que » d’une pompe à débit variable, qu’hélas un banal court-circuit a mis hors d’état de fonctionner lors du dernier essai d’implantation.


Croire que dans un futur proche, on pourra remplacer avec succès tous nos organes, même les plus complexes, par des prothèses, et disposer de kits de rechange pour toutes nos grandes fonctions, c’est encore un peu tôt pour pouvoir l’envisager. Mais peut-être n’aura-t-on pas besoin de ces merveilles technologiques si les techniques issues des cultures de cellules souches se perfectionnent rapidement. Ces cellules indifférenciées peuvent donner naissance à différentes sortes de tissus (musculaire, nerveux, glandulaire, etc.) selon les facteurs déterminants auxquelles elles sont soumises. C’est ainsi que l’embryon peut fabriquer ses différents organes en spécialisant et en développant des cellules qui au départ sont forcement identiques. Il y a quelques années les chercheurs ont découvert que l’individu adulte possédait encore des cellules souches qu’on pourra utiliser pour reconstruire des tissus lésés ou détruits. Nous pourrons alors parvenir à recréer des organes vitaux, véritables prothèses biologiques. Plutôt que chercher à imiter la nature, il sera sans doute plus raisonnable d’essayer d’en maîtriser un de ses processus.


D’autres questions se poseront alors. Comment réagira un corps déjà usé, à la mise en place d’un organe neuf ? Car l’organisme humain est une entité. Comment réagiront les autres tissus face à ce nouveau venu beaucoup plus performant que l’organe remplacé ? On peut, bien sur, espérer que l’ensemble en tirera bénéfice ; mais on peut aussi envisager le pire : un organisme bien réparé, porteur de diverses prothèses biologiques, servant de support à cerveau trop usé ou totalement dégradé par un état de démence, car le cerveau s’use lui aussi, et il paraît difficile de le remplacer sans envisager de changer de personnalité !


Ceux qui veulent nous faire croire qu’on pourrait ainsi, en remplaçant simplement tous les organes défaillants, doubler ou tripler notre espérance de vie sont de dangereux utopistes. Il faut éviter de croire que la biologie et les sciences du vivant peuvent s’assimiler à des technologies basiques, si nous voulons pouvoir continuer à vivre en harmonie avec nous même et notre environnement.





Dr. J-M Lacroix 04/04/2014

samedi, février 22 2014

L’euthanasie d’animaux, un spectacle pour enfants !?



Marius, comme Persan II, une victime programmée de tueurs au cynisme arrogant le plus abject.



On l’avait baptisé Marius...Ce n’était déjà plus un bébé, il n’avait plus un physique de jouet en peluche, mais c’était un mignon girafon au regard confiant... Il avait dix-huit mois...


Il y a dix jours, des bureaucrates danois cyniques l’ont tué, tous fiers d’eux, au cours d’une exhibition publique immonde annoncée par voie de presse - qui a tenu du grand guignol - à laquelle « ils » avaient convié même les enfants ! Et le plus aberrant, c’est que des parents aient amené des enfants à ce spectacle ! Cela semble être courant au Danemark où les tueries millénaires de dauphins des îles Faroe attirent tout un public... avec poussettes (c’est une manie !). Il paraît que c’est « culturel » !(1)


Question qui me taraude : au Danemark les carreaux de tuerie sont-ils aussi d’accès public aux heures d’abattage ? Payant ? Avec réduction pour les familles nombreuses ? Gratuit pour les poussettes ?


C’est vrai que le massacre d’animaux est très édifiant pour les masses... quand ce n’est pas une distraction recherchée offerte aux enfants ! Là, si on n’a pas vu le préfet Carenco au premier rang, c’est qu’il n’avait pas dû être invité...(2)


C’est vrai que c’est au Danemark que l’affaire Marius se passe ! Et plus précisément au zoo de Copenhague (installé à Frederiksberg). Pourtant cette institution s’était jusqu’ici signalée plutôt en bien... (A moins que les informations connues n’aient été soigneusement filtrées.) Car quand « on » s’y vante maintenant de tuer « une trentaine d’animaux par an », on peut se poser bien des questions...


Frederiksberg fut même un zoo en pointe pour ses installations, il y a une trentaine d’année. A l’époque, je suis allé tout exprès là-bas pour contempler un type tout à fait original d’installation pour les oiseaux tropicaux : installés sur le pourtour d’un grand hall dans d’immenses alcôves latérales somptueusement bourrées de plantes tropicales - lavées tous les jours pour les débarrasser des excréments – les oiseaux semblaient en liberté totale : les « cages-alcôves » n’étaient pas fermées au sens propre ! Elles étaient obturées par une barrière infrarouge – invisible – qui créait un mur de chaleur, très localisé, qui tenait lieu de vitre ou de grillage : voir ces oiseaux foncer du fond de leur alcôve vers le centre du hall et bifurquer au dernier moment lorsqu’ils atteignaient ce mur de chaleur, c’était un spectacle...


Une indéniable réussite en matière d’originalité d’agencement et de confort pour les animaux ! Remarquable !(3)

L’affaire Marius aussi a été remarquable... mais pas pour les mêmes raisons.

En fait il y a deux choses très distinctes à analyser :

- Les motivations d’une mise à mort gratuite et honteuse,

- Les conditions aussi scandaleuses qu’abjectes de la fin de cet animal...


Et si on a un peu de mémoire on se rend compte que nous, en France, nous n’avons guère de leçons à donner aux danois en la matière ! Et il n’y a vraiment pas de quoi se vanter ! Mais on oublie...


Persan II, ce nom ne dit plus rien à personne ?


Apparemment, le ménage a aussi été fait sur le net, pour faire oublier son exécution au Haras National de Blois ! Mettre en parallèle Marius et Persan II n’a rien d’artificiel : les mêmes causes entraînent les mêmes effets ! On y retrouve les froids calculs des généticiens, la morgue des dirigeants des programmes d’élevage, le besoin de faire parler d’eux des responsables, et hélas souvent l’inertie des associations de protection animale quand elles sont alertées à temps, ce qui là ne fut pas le cas (à la différence de la récente affaire danoise): le secret fut percé trop tard !


Et puis évoquer Persan II, quand plus personne n’en parle, c’est aussi une façon de lui rendre hommage car je pense qu’il n’est pas sorti de là où on a dû le remiser par peur du scandale : dans les réserves du Muséum d’Histoire Naturelle !


Persan II, célèbre étalon de selle, en dépôt au Haras National de Blois, connut un jour des problèmes de fertilité... Malgré un traitement à l’INRA de Tours, il fut reconnu inapte à la reproduction par les Haras Nationaux et retourna au dépôt d’étalons de Blois. Dès lors se posait la question de sa réforme.


Très généralement, les étalonniers des haras demandent à racheter « au plus offrant » les étalons qui partent en retraite. Une procédure simple, classique, où chacun des gardes intéressés inscrivent un chiffre sur un petit papier déposé dans une urne mise à disposition pour. Et bien sûr il y eut des propositions...


Il y eut même des offres de rachat par différents haras privés, ce qui est toujours source de méfiance : dame, si l’étalon finissait par refaire des saillies, l’administration des Haras Nationaux se couvrirait de ridicule... (Pourtant il suffirait de refuser de délivrer des carters de saillies pour être à l’abri de ce genre de surprise !)


C’est là qu’un technicien des Haras Nationaux, attaché au Haras National de Blois, voulut se faire remarquer. Et malheureusement pour Persan II ce triste personnage était le mari de la directrice dudit haras. La suite dépasse l’imagination, mais je dispose toujours des doubles des courriers qui m’ont été obligeamment transmis par l’administrateur du Muséum, légitimement soucieux de faire éclater sa bonne foi lorsque je lui ai demandé des comptes au nom de la Ligue Française de Protection du Cheval, face au scandale que j’avais fait éclater avec l’aide de la femme de l’un des employés du haras !


L’histoire ne dira jamais comment ledit technicien - dont je tairai ici le nom, prestigieux et respectable, par égard pour les autres membres de sa famille – put utiliser le papier à entête du directeur du haras... Toujours est-il qu’il écrivit au Muséum pour exposer qu’il avait remarqué que la grande galerie de l’évolution nouvellement créée ne présentait pas de cheval et que le Haras National de Blois disposait d’un très bel étalon dont l’état de santé déficient (?) ne permettait plus d’envisager autre chose qu’une euthanasie et qu’à tout prendre le voir naturalisé dans le cadre prestigieux du Muséum serait une façon de l’honorer (sic !).


Il ajoutait ensuite que si le Muséum était effectivement intéressé, un protocole serait mis au point pour agir en toute discrétion et que les taxidermistes ne puissent être impliqués dans l’euthanasie : ils pourraient intervenir aussitôt après (resic !). Ce après quoi, il précisa délicatement dans une lettre – signée de sa main :  « Nous faisons notre affaire de la viande et des abats ». J’ai la copie de la lettre !


Ainsi fut scellé le sort de Persan II.


L’immonde technicien fit alors le tour de tous les équipages de chasse de la région espérant qu’un maître d’équipage le débarrasse du dépeçage, mais ce fut peine perdue. Certains n’aiment pas les veneurs, et je le déplore, mais ce sont aussi des hommes de chevaux... Aucun ne voulut se rendre complice de cette saloperie.


Au Haras de Blois personne ne comprit pourquoi Persan II, déclaré admis à la réforme n’avait pas été attribué, ni pourquoi un matin où pratiquement tout le personnel s’est trouvé en repos, un fourgon du Muséum National d’Histoire Naturelle stationnait à proximité...


Persan II fut euthanasié vers 8 h 30 dans la salle de monte (délicate attention !). Il avait dix-neuf ans et était en pleine forme. C’est alors que certains gardes, encore en service, comprirent brusquement ce qui se passait et alertèrent. Il n’y avait pas de téléphone portable prenant des photos à l’époque, mais certains escaladèrent le toit pour témoigner de « l’exploit », appareil en main. Le scandale éclata dans la matinée...


Averti par mes soins, le contrôleur général des Haras convoqua aussitôt la directrice du haras de Blois et son bourreau de mari. On raconte que l’isolation phonique des bureaux de l’Avenue de la grande Armée ne suffit pas à masquer les éclats. Mais cela n’empêcha pas par la suite la mutation, prévue de longue date, du couple infernal à la direction du haras National de Hennebont.


Une exécution gratuite, motivée autant par la bêtise que par la crainte de voir l’administration désavouée si jamais il s’était avéré que cet étalon n’était pas si stérile que cela...


L’affaire Marius présente une analogie frappante : le refus de laisser partir un animal qu’on ne voulait pas conserver pour des « motifs génétiques ». Là on parle de question de consanguinité.(2) 


On peut pourtant se poser la question de savoir pourquoi le zoo a refusé de vendre cet animal ! Il y a suffisamment de réserves, de zoos et même de riches particuliers qui auraient été intéressés ! Mais personne ne fut averti en dehors d’un groupe de zoos restreint pour qui la question de la consanguinité excluait toute possibilité d’accueil dans le réseau de l'EAZA, qui en compte 300... Pas les autres ! Le directeur de la réserve africaine de Sigean ne décolère pas...(3) 


L’arrogance de la direction du zoo déclarant que : « 
la vente des animaux n’est pas dans la politique de l’établissement » n’est certainement pas une excuse ! Surtout quand il est fait état, de l’abattage d’une trentaine d’animaux tous les ans ! Inadmissible ! Les parcs zoologiques ont-ils pour vocation d’être des conservatoires ou des centres d’élevage d’abattage ? Et que dire s’il y a dans le lot des spécimens d’espèces rares et protégées coupables seulement de ne pas avoir le bon profil génétique ? D’autant que comme tous les parcs zoologiques, Frederiksberg doit aussi pleurer misère et chercher des subsides par tous les moyens... Alors refuser des sommes conséquentes par arrogance et cynisme quand en plus cela sauve la vie à des animaux qui ne demandent qu’à vivre, nés dans des structures où le public est enclin à mettre la main à la poche pour aider à leur bien-être, cela aujourd’hui pose question !


Mais au-delà de l’absurdité de cette histoire et de la découverte de cette triste « habitude » d’abattage, le plus choquant ici est l’odieux spectacle qui en est résulté orchestré par la direction du zoo qui en avait la publicité sur son site !
Et aucune association de protection animale danoise n’a protesté, ni avant, ni après ! Les autres n’ont pas pu intervenir à temps...


La campagne internet aura au moins servi à quelque chose, car ces sauvages, tueurs invétérés, avaient prévu dans un autre zoo une autre exécution de girafe prénommée aussi Marius... décidément... Mais aujourd’hui une campagne internationale bat son plein, à la hauteur du scandale : une exécution programmée, publique, au pistolet d’abattage, suivie... d’un dépeçage ignoble auquel se pressaient même des enfants ! Quel édifiant spectacle ! Les photos parlent d’elles-mêmes ! Nous sommes au grand guignol !

Comme l’aurait dit Hamlet : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark ! »


Pire, pour la satisfaction des instincts les plus bas des spectateurs, brutes sanguinaires de tous âges, les quartiers découpés, comme annoncé, seront distribués aux fauves pour leur repas ! L’abjection à son comble ! Comme dirait le préfet Carenco qui n’a pas réussi, malgré son entêtement, à faire abattre les éléphantes du Parc de la Tête d’Or : « Mais ce ne sont que des bêtes ! »


Ce fait divers dégueulasse pose une question jusqu’ici jamais évoquée : celle de la surveillance et du contrôle en matière de protection animale des établissements zoologiques ! Une question désormais à l’ordre du jour, pas seulement au Danemark ! Aux associations à se mobiliser même et surtout au niveau international ! Dans l’intervalle, chacun peut se mobiliser et agir : faire pression sur l’état danois et sur la direction du zoo est possible : cela ne doit plus jamais ce reproduire ! Premier levier à agiter : l’argent !

Plus un sou pour Frederiksberg car les tueurs ont des sponsors !(4)

Si l’on voulait être aussi cynique qu’eux, on pourrait ajouter que Marius aurait pu être naturalisé, comme Persan II : un montant financier non négligeable pour le zoo...

Saint-Plaix

19 -02 -14


Pour ceux qui veulent se mobiliser et manifester leur horreur :

Copenhagen Zoo, Frederiksberg

Roskildevej 32,

Frederiksberg 2000

http://www.zoo.dk/BesogZoo.aspx

contact presse:

00 45 30 16 73 47 

Ambassade du Danemark

77 Avenue Marceau

75116 Paris

Tel 0144312121

Fax 0144312188

paramb@um.dk

frankrig.um.dk


Notes :

  1. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3600_massacre_dauphins_iles_feroe_Danemark.php

  2. http://terrefuture.blog.free.fr/index.php?post/2013/02/13/Itin%C3%A9raire-lyonnais%E2%80%A6-d%E2%80%99un-%22salaud%22-sartrien

  3. http://www.zoo.dk/BesogZoo/OmZoo/Bygninger/Flamingovoliere%202011.aspx

  4. http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/un-girafon-en-bonne-sante-abattu-au-zoo-de-copenhague_525639.html

  5. http://www.midilibre.fr/2014/02/16/la-nature-decide-nous-ne-sommes-pas-dieu,823085.php

  6. http://www.zoo.dk/BesogZoo.aspx

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